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Didillon : « Je ne prends qu’une part de bûche au lieu de trois »

Dimanche à 13h30, le Cercle reçoit le voisin du Club pour un derby brugeois quand le reste du monde digérera la bûche de Noël. Une affiche dans laquelle plonge la tête la première Thomas Didillon, gardien du Cercle. L'ancien Messin et international espoir en profite pour parler plages, vannes et gueuletons : tout ce qui fait la Belgique en somme.

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Tu es à Bruges depuis un an et demi. C’est comment la vie en Flandre-Occidentale ?
Assez similaire à la France. Les Flamands ont ce savoir-vivre, ce goût du beau et du bon. En ce sens, ils sont très proches des Français. Moi qui viens de Metz, au niveau météo, ça ne change pas grand-chose. Pour le reste, c’est tout aussi charmant, les villes sont à taille humaine. Un peu difficile avec la barrière de la langue, mais pour le reste, c’est vraiment très agréable.

Tu as la même météo qu’à Metz, mais à Bruges, tu as aussi la mer.
Ouais, enfin, la mer, tu vas te baigner deux fois par an si tu es vraiment courageux. (Rires.) C’est plus le cadre et l’air marin qui sont sympas. Il y a de longues plages pour faire de belles balades. Ce n’est pas si différent de la France. Je marche cinq minutes en sortant de chez moi et je peux tout de suite avoir la plage, c’est un cadre de vie très chouette. À l’heure où on se parle, il fait deux degrés, mais quand le printemps arrive, en s’habillant un peu, c’est vraiment sympa. Je vais me balader de temps en temps, je profite du cadre que j’ai autour de moi quand j’en ai l’occasion.

« Les frites, c’est un art, un vrai savoir-faire qu’ils perpétuent. C’est con, c’est une patate, mais ils arrivent à en faire quelque chose de vraiment très bon. »

Comment sont les frites ?
Je ne pense pas avoir testé assez de choses pour pouvoir dire où sont les meilleures, mais ce qui est sûr, c’est que ce ne sont pas des spécialités pour rien. Ça fait partie de leur culture. D’après mes collègues, ici, ils ont les frites en famille le vendredi soir, de même qu’on a le poulet-frites du dimanche en France. Malgré le fait que mon métier implique des restrictions alimentaires, ça ne m’empêche pas de me faire plaisir de temps en temps. C’est un art, un vrai savoir-faire qu’ils perpétuent. C’est con, c’est une patate, mais ils arrivent à en faire quelque chose de vraiment très bon.

Toi qui joues en Jupiler Pro League depuis 2018, tu ressens la rivalité entre la France et la Belgique ?
On a tellement de choses en commun avec le peuple belge que ça devient très vite secondaire. Je ne mords pas et je ne me réveille pas tous les matins en les chambrant et en leur disant qu’ils ont eu la possession. On prend beaucoup de distance par rapport à ça. Je préfère chambrer un coéquipier parce qu’il a raté une passe ou fait une connerie sur le terrain plutôt que pour ce qu’un joueur de son équipe nationale a fait. Ce n’est pas aussi savoureux que si c’est lui qui fait une connerie sur le terrain.



Tu chambres pas mal tes coéquipiers du coup ?
Ouais, c’est aussi une manière de garder de l’exigence. Si la personne réagit bien à cette pique, elle aura envie de faire mieux après, de marquer un super but et de pouvoir me chambrer. À partir du moment où c’est bon enfant, que ça crée des liens et que ça peut tirer l’équipe vers le haut, c’est tout bénef. Il faut entretenir ça au quotidien. Derrière, quand il faut demander le maximum de ces personnes-là, on obtient plus facilement un retour si on a ces liens privilégiés en amont.

« Cinq ou six vannes partent à chaque entraînement avec Sébastien Bruzzese, toutes aussi violentes les unes que les autres. C’est notre manière de tisser du lien. »

Qui est le dernier coéquipier que tu as chambré ?
Warleson, un jeune gardien brésilien, un super mec. On fait un petit match, il veut faire un dégagement, mais il dévisse un peu, et ça se transforme en passe pour l’attaquant, qui est tout seul et qui n’a plus qu’à marquer dans le but vide. Sur le côté du terrain, on s’est écroulé de rire avec le coach des gardiens et l’entraîneur adjoint. À la fin, on lui a donné une clef pour visser les crampons en lui disant : « Dévisse-les encore un peu plus, ça te réussit bien. » On se chambre aussi souvent avec le deuxième gardien, (Sébastien) Bruzzese. Cinq ou six vannes partent à chaque entraînement avec lui, toutes aussi violentes les unes que les autres. C’est notre humour, notre manière de tisser du lien. On ne sait pas faire dans la dentelle quand c’est à propos de l’autre ! On se connaît assez pour savoir dans quelles circonstances le faire.

Ça fait un an et demi que tu es au Cercle, un an et demi que tu es numéro un. Ça fait du bien de retrouver de la continuité après une saison 2019-2020 presque blanche (en tant que numéro 2 de Anderlecht, NDLR) ?
C’est sûr que c’est agréable. Le plus important est de sentir que je fais partie d’un projet, avoir des responsabilités vis-à-vis de notre jeune groupe et transmettre mon expérience, parce que j’ai déjà pas mal roulé ma bosse. Je fais partie d’un projet qui me plaît, je sens que j’apporte ma pierre à l’édifice et c’est le plus important. Ça va de pair avec le fait de jouer des matchs. On est dans une période un peu plus positive et j’ai pu aider à prendre des points, ça fait du bien. Maintenant, il reste encore beaucoup de travail avant d’arriver où nous voulons aller.

Où voulez-vous aller ?
La priorité, c’est de stabiliser le club. Passer des saisons tranquilles, sans lutter pour le maintien et commencer à s’installer dans le milieu de tableau. On a beaucoup de jeunes talentueux, à mon sens on a les moyens de viser plus haut. Pour ça, il faut déjà être stable, et dans un second temps, continuer à développer ces jeunes joueurs pour avoir les ambitions de chercher plus haut, accrocher des play-offs 2. À moyen terme, je pense que c’est un objectif légitime. Le club a énormément progressé en matière d’infrastructures, de staff, de ressources. Ces processus prennent du temps, ça se construit lentement, mais on sait où on veut aller. Il n’y a pas de raison qu’on n’y arrive pas en continuant sur cette lancée-là.


Ce discours serait presque plus celui d’un entraîneur ou d’un dirigeant que celui d’un joueur.
C’est aussi ma responsabilité. Le rôle que j’ai en dehors du terrain est tout aussi gratifiant. On m’a fait venir pour faire le lien entre les exigences du monde professionnel et ces jeunes joueurs qui le découvrent, qui ont besoin de s’aguerrir. Ma responsabilité, c’est aussi de faciliter cet apprentissage. Quand j’ai signé au Cercle, ça faisait clairement partie de mes prérogatives implicites. J’ai envie d’avoir un impact pour ces jeunes joueurs, j’ai envie que le Cercle se développe comme il le mérite. Je n’ai jamais vu des mecs aussi volontaires, il y a tout ce qu’il faut pour réussir. J’apprécie énormément les valeurs du club, je souhaite que ça puisse perdurer et qu’ils arrivent à leurs fins. J’essaie simplement de mettre mes compétences au service de cet objectif. C’est un club qui mérite bien plus que l’image qu’il peut avoir en Belgique.

« En Belgique, on n’a pas Noël, mais on a le Nouvel An. On a le droit à six ou sept jours de repos complet et pour moi qui suis vraiment très proche de ma famille, cette perspective-là est réconfortante. »

Tu commences à être habitué, mais pour autant, est-ce facile de digérer un Boxing Day en tant que joueur ?
Non, ça fait partie du métier, et il faut l’accepter, mais ce n’est pas simple. J’ai grandi avec ces repas de famille pour les fêtes, et là, mon fils est en France, je ne serai pas là quand il va ouvrir ses cadeaux. Ce sont des choses qui pèsent, ce n’est jamais évident. D’un autre côté, tellement de gens passent les fêtes seuls, il y a bien plus malheureux. Bruges-Metz, c’est quatre heures de route, donc je ne vais pas me plaindre. J’ai la chance de pouvoir rapidement être avec mes proches. Pour certains joueurs, c’est plutôt 7-8 heures d’avion. Je suis loin d’être à plaindre, je pense surtout à ceux qui ont moins de chance que moi dans ces moments-là. En France, les joueurs ont Noël, mais pas le Nouvel An. En Belgique, on n’a pas Noël, mais on a le Nouvel An. On a le droit à six ou sept jours de repos complet et pour moi qui suis vraiment très proche de ma famille, cette perspective-là est réconfortante.

Au niveau diététique, comment tu gères cette période des fêtes depuis que tu joues entre Noël et le Jour de l’an ?
Pour parler des années précédentes, je me retenais un peu sur la nourriture et les boissons. On a une dernière échéance, donc il faut rester professionnel. Je mangeais quand même une dinde avec des haricots et quelques pommes dauphines, un peu de fruits de mer, des escargots... Ça n’a jamais tué personne ! J’adapte simplement les quantités. D’habitude, chez les Didillon, on est dans le gueuleton. Je ne me prive pas, mais je réduis un peu les quantités pour ne pas finir avec le jean qui se déboutonne tout seul.



Une part de bûche aussi ?
Bien sûr, on reste des êtres humains ! En plus, ma belle-mère les fait à chaque fois et elles sont succulentes. C’est juste que je n'en prends qu'une part au lieu de trois, et je la savoure. Pendant les fêtes, je m’autorise un ou deux beaux repas en famille, celui qui commence à 11h30 et qui finit à 15h. C’est aussi important pour ma tête que pour mon cœur de pouvoir relâcher toute la pression à ce moment-là, parler d’autre chose que de foot avec mes proches et partager un bon repas avec eux. Ça n’a pas de prix.

Cette année, le calendrier vous réserve un derby le 26 décembre. Que t’évoque cette affiche ?
Quand on me dit derby, la première chose qui me vient à l’esprit, c’est les fans. Je ne suis pas brugeois, donc pour moi, ça n’a pas la même valeur qu’un Metz-Nancy, parce que c’est chez moi. Mais par respect pour les fans, quand je suis arrivé, j’ai essayé de comprendre la rivalité, le pourquoi du comment. Ce genre de matchs, c’est toujours une question d’orgueil, il faut mettre ses tripes sur le terrain parce que les fans cochent ce match dans le calendrier. Il y a une saveur particulière. On a eu un public tellement génial dans cette période où ça se passait mal, ils voyaient qu’on faisait quand même de notre mieux et qu’on mouillait le maillot, ils ne nous ont jamais lâchés. Rien que pour ça, on se doit de jouer ce match à 100% pour leur montrer qu’on est fier d’avoir ce blason sur la tunique.

Le Club Bruges est deuxième, le Cercle est quatorzième. Le classement a-t-il une quelconque importance avant un tel match ?
Non, c’est juste une question d’orgueil. On serait premiers, ça ne changerait rien. Il y aura la même intensité, ce sera toujours aussi âpre dans les duels, ça va parler à droite à gauche, ça va mettre la pression sur l’arbitre... C’est l’essence même d’un derby. Les quatre matchs qui ont précédé celui contre l’Union saint-gilloise (défaite 2-3 le week-end dernier, NDLR) nous ont fait du bien. Dans le contenu, on n’a usurpé aucune victoire, on méritait à chaque fois. Et quand on voit ce qu’on a été capables de faire chez le leader, les embêter comme on l’a fait, il y a des motifs de satisfaction.


« Beaucoup d’équipes jouent en 3-5-2, et ce système est fait pour presser l’adversaire haut. Ça donne des matchs ouverts, engagés. Au niveau de l’intensité physique, je trouve que la Belgique est un petit cran au-dessus de la France. »

J'imagine que tu gardes plutôt un bon souvenir du dernier derby en août, où vous aviez pris un point chez eux (1-1) ?
Forcément, surtout qu’ils jouaient à domicile, devant tous leurs fans. On avait égalisé dans les arrêts de jeu et on avait vraiment refroidi le stade. On avait très bien commencé la saison, et prendre un point dans le derby, surtout quand on voit la différence entre les deux clubs, c’était une vraie performance. On a vraiment laissé nos tripes, les mecs se sont écroulés sur le terrain après le match, c’est surtout ça que je retiens. Même si on avait perdu, on aurait pu se regarder dans la glace et se dire qu’on avait tout donné.

Le dernier derby remporté par le Cercle remonte à 2013. Est-ce que l’on verra ce dimanche enfin flotter le drapeau du Cercle au milieu du terrain, comme le veut la tradition ?
Quand on voit la galaxie qu'il y a entre les deux clubs, ça donnerait encore plus de mérite à notre performance si ça arrive. Comme je le dis souvent aux joueurs, plutôt que de se concentrer sur le résultat, il faut se concentrer sur les moyens pour y parvenir. C’est là-dessus qu’on a une emprise : notre manière de courir, de presser, de se préparer... Il faut d’abord se concentrer sur ce qu’on va mettre en place.

Quel derby est le plus chaud, celui de Bruges ou Metz-Nancy ?
Par essence, c'est un derby, les gens seront comme des fous furieux dans le stade. Il y a toujours de l'engagement et une tension incroyable. Je ne pense pas que l'on puisse comparer des derbys, il y a des configurations spécifiques. Lyon et Saint-Étienne sont deux villes plus grandes que Metz et Nancy, est-ce que pour autant leur derby est plus chaud ? Je ne sais pas. C’est juste que c’est plus impressionnant parce qu’il y a 15 ou 20 000 personnes de plus.

Quel regard portes-tu sur la Jupiler Pro League par rapport à la Ligue 1 ?
En matière d’individualités, la Ligue 1 a plus de talent. En revanche, le championnat belge est bien plus ouvert. Le championnat de France a la réputation d’être plutôt physique par rapport à l’Espagne ou l’Italie, mais je trouve que c’est encore plus physique en Belgique. Beaucoup d’équipes jouent en 3-5-2, et ce système est fait pour presser l’adversaire haut. Ça demande de l'énergie et ça donne des matchs ouverts, engagés. Au niveau de l’intensité physique, je trouve que la Belgique est un petit cran au-dessus de la France. Ce n’est pas un championnat du top 5, mais à mes yeux, il en est vraiment aux portes, largement sous-estimé par le grand public. Il y a des équipes de très grande qualité, des clubs qui sortent de très bons joueurs. Doku est parti à Rennes, Sambi Lokonga à Arsenal, Trossard à Brighton, Malinovskyi et Mæhle à l’Atalanta... Ce n’est pas par hasard que ces joueurs sont arrivés là.

Tu suis encore la Ligue 1 ?
Je suis plus Metz que le championnat en tant que tel. J’entends beaucoup de gens dire que c’est catastrophique... Bien sûr, c’est compliqué quand tu n’as pas de résultats, mais depuis que je suis parti, le club a tout mis en place pour passer à l'étape supérieure. Il y aura toujours des saisons un peu plus compliquées, mais ils ont un entraîneur de qualité, un président de qualité, des infrastructures de qualité, un public de qualité. Quand je vois le match contre Lorient, l’intensité et la justesse technique qu’ils ont pu mettre, je ne suis pas inquiet sur leur capacité à se sauver. Qualitativement, si on regarde juste les effectifs et la manière de jouer, ils sont au-dessus de bien des équipes. Pour moi, ils s’en sortiront en refaisant de Saint-Symphorien une vraie arène, où les gens communient ensemble et font sentir à l’adversaire que c’est compliqué de prendre des points. Propos recueillis par Quentin Ballue