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Le casse-tête Benjamin Pavard

L’UEFA a rendu la conclusion de son enquête ce jeudi : Benjamin Pavard n’a pas perdu connaissance et pourrait être aligné sans problème contre la Hongrie ce samedi, quatre jours après avoir été mis K.-O. par son vis-à-vis allemand Robin Gosens. Mais si le diagnostic définitif d'un neurologue a confirmé que le joueur n'avait pas souffert de commotion, le corps médical a joué avec le feu en autorisant le latéral à revenir sur le terrain. Explications.

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Dans la nuit de mardi à mercredi, après une bonne victoire contre l’Allemagne, Benjamin Pavard a dormi comme un bébé. C’est ce qu’a ébruité l’encadrement des Bleus, pour rassurer sur l’état de santé du joueur, présent au décrassage au lendemain du match. À l’Allianz Arena, c’est le nez dans le gazon que le latéral français était déjà allongé, après s’être fait percuter l’arrière du crâne par le genou de Robin Gosens à l’heure de jeu. « J’ai pris un sacré choc. J’étais un peu K.-O. pendant 10 à 15 secondes. Après, ça allait de mieux en mieux » , assurait le Battiston 2.0 au micro de beIN Sports. Raphaël Varane, lui, a suivi la scène de près. « Je suis arrivé rapidement auprès de Benjamin. Après le choc, il lui a fallu quelques instants pour être totalement bien, décrit le défenseur. Les médecins sont arrivés, ils ont vu qu’il était parfaitement conscient et qu’il était apte à jouer. Ça a pris un peu plus de temps parce qu’il saignait du nez, mais il a pu reprendre. Ensuite, je suis resté vigilant pour voir s’il allait bien et je l’ai vu à 100%. Je pense que les médecins ont été attentifs pour être sûrs qu’il n’y a pas de problème. La santé des joueurs reste la priorité. »



Une priorité, vraiment ? Pas si on en croit les inquiétudes émises par la FIFPRO. Le syndicat des joueurs a estimé que le cas Pavard a été un peu trop vite évacué par le staff médical et a contacté l'UEFA « pour savoir pourquoi la charte sur les commotions cérébrales n'a pas été appliquée » . La charte en question, signée par les secrétaires généraux, les coachs et les médecins des 24 équipes engagées à cet Euro, prévoit notamment que « si un joueur de notre équipe est soupçonné d’avoir subi une commotion cérébrale, il sera immédiatement sorti du terrain, que ce soit à l’entraînement ou en match » . Benjamin Pavard, lui, n’a eu droit qu’à une gourde d’eau vidée sur la nuque, cinq questions posées par le doc censées permettre de voir si le joueur a encore la lumière à tous les étages, et a pu reprendre le jeu quelques minutes plus tard. Pourtant, après avoir demandé à l’équipe de France des « éclaircissements » sur la procédure suivie, l’UEFA a fini par donner les conclusions de son enquête. Celle-ci révèle que « les mesures prises par l’équipe médicale sont conformes au protocole commotion » et ajoute que « selon les rapports reçus, il semble qu'il n'y ait pas eu de perte de conscience » . Le Munichois est même passé mercredi entre les mains du neurologue Jean-François Chermann, qui a confirmé (plusieurs heures plus tard) qu'il n'a pas eu de commotion. Très bien, donc tout est bien qui finit bien ? Pas si vite.

Le syndrome du fromage blanc


Deux choses permettent de dire que les médecins ont autorisé trop hâtivement le numéro 2 des Bleus à revenir sur le terrain face à l'Allemagne. Primo, une commotion n’implique pas forcément une perte de connaissance. Pour expliquer cette blessure dans une longue enquête publiée dans le n°173 de SO FOOT en février 2020, Jean Chazal comparait le cerveau et sa boîte crânienne à du fromage blanc et son pot en plastique. « Si vous secouez le récipient, le fromage à l’intérieur se désintègre. La commotion cérébrale, c’est un peu la même chose, expliquait le neurochirurgien retraité du CHU de Clermont-Ferrand. Le cerveau est balloté dans la boîte crânienne, ce qui déclenche une onde de choc. Soit ça reste superficiel, soit ça atteint le cerveau en profondeur. » Deuxio, c’est justement après des examens faits à la hâte que trop de commotions sont passées à travers les mailles du filet. Certains médecins de club estimaient justement que procéder à un examen à même la pelouse était presque inutile. « Le problème, c’est l’enjeu qu’il y a derrière, affirmait Philippe Pasquier, médecin du FC Sochaux pendant quatorze ans. La décision doit être prise tellement vite ! L’arbitre est à côté de vous, il vous demande de sortir du terrain, alors que vous êtes en train d’examiner le joueur... C’est différent d’un examen neurologique seul avec le patient. »



Pour bien faire et respecter les recommandations prises par l’UEFA, les équipes médicales auraient dû dans un premier temps amener au vestiaire Benjamin Pavard pour le soumettre à un test plus poussé. Mais même entre quatre murs et à l’abri des regards, un joueur ne peut pas se rendre compte du mal dont il souffre. « Vous pouvez vous cogner n’importe quelle autre partie du corps, ça vous fera mal. Mais quand la même chose se passe dans votre cerveau, celui-ci n’a pas les récepteurs de la douleur pour vous dire de vous reposer quelques jours » , avertissait le chercheur Eric Neumann. Ne voulant pas être envoyés à l’infirmerie pour ce qu’ils croient être un simple bobo à la tête, certains peuvent même « truquer » le diagnostic. Kylian Mbappé en sait quelque chose. Tamponné par Anthony Lopes en janvier 2018, le Parisien savait qu’il pouvait rater le match suivant contre le Real si une commotion était confirmée. Dans l’émission Intérieur Sport, il raconte son tour de passe-passe : « Je connais le protocole par cœur. En fonction de mes réponses, il [le médecin] allait déterminer l’indisponibilité. Je savais à l’avance ce qu’il allait me dire. Donc il fallait être un peu malin si je voulais jouer Madrid... » Un témoignage qui résume parfaitement la méconnaissance de ceux qui sont les premiers concernés.

La solution : des changements temporaires ?


Ok, super, mais si Benjamin Pavard va bien aujourd’hui, pourquoi en faire tout un foin ? Tout simplement parce que si les experts recommandent six à quinze jours de repos complet, entrecoupés de tests à +24h, +72h et avant la reprise et réalisés par des experts dans un cadre clinique, c’est que prendre un deuxième choc sur la tête quelques minutes ou quelques jours après le premier peut s'avérer dévastateur. Philippe Azouvi, professeur de médecine physique et de réadaptation à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, mettait justement en garde contre « l’effet cumulatif des traumatismes » parlant de possible « œdème cérébral ou hémorragie interne » . Les joueurs ne le savent pas, mais, derrière ce second impact, se cache le risque « de mourir une fois sur deux » , comme l’estimait le docteur Emmanuel Orhant, responsable médical de la FFF. Un ratio qui fait froid dans le dos.



En évacuant (trop ?) rapidement les « soupçons » de commotion, le staff médical n’a peut-être pas pris toutes les précautions avec Benjamin Pavard à l'instant T. Et l’aligner comme si de rien n'était contre la Hongrie quatre jours seulement après cet épisode aurait relevé de l’inconscience. Si un protocole existe, c’est pour être suivi au pied de la lettre. Et s'il n'est pas suivi, c'est aussi peut-être parce qu'il n'est pas assez clair ou adapté. Contacté par nos soins ce jeudi, un des membres de la FIFPRO ne décolérait pas : « Comme toujours, le problème, ce n'est pas les documents émis ou protocoles définis. Le problème, c'est leur application ! » Pour Peter McCabe, directeur général de Headway (un organisme qui cherche à sensibiliser sur les dangers des blessures à la tête), dans des propos rapportés par le Guardian, cette histoire est « un nouvel exemple de l'incapacité des autorités du football à protéger la santé à court et à long terme d'un joueur » . Plusieurs voix exhortent notamment les instances du foot à copier ce que font leurs homologues du rugby, bien plus alertes sur ce sujet, et demandent notamment que des changements temporaires soient permis pour laisser le temps de réaliser des tests dans de bonnes conditions, ainsi que la présence d’un délégué neutre chargé de repérer les possibles commotions. Voir un joueur inanimé sur une pelouse ne peut pas laisser de marbre, et la frayeur Christian Eriksen a pu le rappeler, bien que les causes soient bien entendu complètement différentes. Mais si le Danois a pu échapper au pire, c’est parce que tout le monde, joueurs et secouristes, était sensibilisé aux arrêts cardiaques. Et il serait grand temps que les commotions soient considérées à leur juste valeur pour éviter de futurs drames.



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    Par Mathieu Rollinger Tous propos recueillis par MR et FL dans le cadre de l'enquête "Les têtes en l'air" parue dans le n°173 de SO FOOT, sauf mentions.
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