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Nadia Nadim, de la charia au ballon rond

Près de soixante-dix matchs joués, une vingtaine de buts inscrits, Nadia Nadim est un pilier de la sélection danoise. Né en Afghanistan, réfugiée au Danemark, premier joueur étranger à vêtir la tunique rouge et blanc, sélection masculine et féminine confondues, la joueuse de vingt-neuf ans est un symbole d’intégration réussie. L’avenir de la footballeuse était pourtant loin d’être évident.

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Tunique rouge sur les épaules, numéro neuf dans le dos, l’hymne danois en fond sonore, prête à affronter la Belgique pour son premier match de l’Euro, Nadia Nadim repense-t-elle à cette époque où, enfant, elle rêvait de réussite ? « Je ne me souviens pas d’un rêve en particulier que j’avais quand je vivais en Afghanistan, mais j’ai toujours voulu réussir » , expliquait-elle il y a quelques années. Alors qu’elle tâte la balle avec son père dans le jardin protégé de la maison familiale, et qu’elle rêve de succès, Nadia Nadim ne se doute pas que celui-ci sera lié au football. Il faut dire que tout est alors réuni pour que la jeune Afghane n’enfile jamais de crampons. Pratiquer un sport est considéré comme harām par les talibans, qui dirigent la vie des Afghans depuis 1996. Du football, ils n’aiment que les stades, qui servent de lieu d’exécutions, de lapidations ou d’amputations. Et surtout, peu considérées par ces types à la mentalité plus que moyenâgeuse, les femmes n’ont leur place qu’à la maison ou sous le grillage de leur burqa. La lapidation guette quiconque porte un short et touche un ballon. C’est peu dire alors que le jeu n’en vaut pas la chandelle.

Talibans et foot dans le jardin


Un père général de l’armée nationale afghane, une mère principale de collège, Nadia Nadim a la chance de grandir au sein d’un foyer ouvert d’esprit. Chez les Nadim, la religion ne régit pas la vie de la famille. « J’étais une femme éduquée. Je connaissais la différence entre le vrai et le faux, et ce qu’était la religion, c’est pourquoi je n’ai jamais imposé la religion à mes enfants  » , expliquera des années plus tard Hamida, la mère. Le début de la vie de la jeune fille et de ses quatre sœurs est heureux, bien que rythmé par de nombreux déménagements, dû au statut professionnel du père. Un père qui, malgré l’arrivée au pouvoir des talibans en 1996, aime trop son pays pour se résigner à le quitter. La charia est appliquée à toute la société, les exécutions sommaires sont monnaie courante, son statut d’ancien militaire en fait une cible privilégiée des arriérés islamistes, mais Rabena Nadim n’en a cure.


Fan de football, il tente de convertir ses filles au ballon rond : « Il en était fou, et il essayait de transmettre son amour du jeu à ses cinq filles » , confiait Nadia Nadim au site de la FIFA en février dernier. C’est dans le jardin familial que, malgré l’interdiction des talibans, l’actuelle attaquante de la sélection danoise fait ses premiers dribbles : « Nous jouions parfois avec mon père dans notre jardin quand nous étions petites. Nous n’étions pas autorisées à pratiquer un sport, ni à jouer auprès des garçons, mais la plupart des maisons en Afghanistan étaient gardées et protégées, donc personne ne pouvait nous voir. » Heureuse malgré la crainte que le nouveau régime afghan inspire, la vie de Nadia bascule en 2000. Son père, parti pour un rendez-vous, ne rentrera jamais. La famille apprend quelques jours plus tard qu’il a été exécuté par les talibans.

Camps et ballons perdus


Sans figure masculine à ses côtés, Hamida Nadim ne peut vivre avec ces cinq filles sous un régime exigeant la présence d’un homme ne serait-ce que pour franchir la porte du foyer. Les six femmes n’ont alors d’autre choix que de fuir leur pays. L’idée est de rejoindre Londres où réside déjà de la famille. Première étape le Pakistan, puis l’Italie et finalement le Danemark. Débarquées par hasard dans le nord de l’Europe, Nadia, sa mère et ses sœurs décident d’y rester. Demandeuses d’asile, elles passent de camp de réfugiés en camp de réfugiés. C’est dans le dernier, près d’Aalborg, que l’avant-centre du Portland Thorns FC chope le virus football. Avec les autres enfants du camp, elle fonce dans la forêt récupérer les ballons égarés pendant les entraînements du club de foot d’à côté. Là-bas, Nadia fait ce qui lui était interdit dans son pays natal, sous peine d’être fouettée, voire lapidée : elle joue avec des filles, mais aussi des garçons.


La balle ne quitte plus les pieds de la jeune fille. Ses qualités athlétiques, sa technique et son talent pur impressionnent. C’est lors d’un tournoi régional que Brian Sørenson, son futur mentor, en prend plein les mirettes : « Je pensais que nous avions la meilleure équipe et que nous allions tout gagner. GUG Boldklub avait pris Nadia et deux de ses sœurs, Giti et Diana, et les trois faisaient des choses qu’aucune autre fille ne pouvait faire : dribble, prise de ballon dans les airs, passes avec toute la surface du pied. Vous pouviez voir qu’elles avaient l’habitude de jouer avec des hommes. J’ai pensé : "Wouah, elle sont douées. Comment dois-je faire pour les avoir dans mon équipe ?" »

American dream et fac de médecine


Tout s’accélère ensuite dans la vie de Nadia Nadim. Six saisons à l’IK Skovbakken, puis trois autres au Fortuna Hjørring, l’un des meilleurs clubs du pays, en font une valeur sûre du foot féminin. Dans la foulée de son accession à la nationalité danoise, l’avant-centre enfile le maillot de la sélection nationale. Mais Nadia est une femme de défi. Après avoir réussi à s’imposer dans son pays d’adoption, la joueuse a besoin d’un nouveau challenge : réussir de l’autre côté de l’Atlantique, là où le soccer féminin est roi. Chose qu’elle réussit une fois de plus à merveille. Elle est aujourd’hui titulaire indiscutable des Thorns de Portland, mais aussi en sélection, où elle forme avec Pernille Harder un redoutable duo d’attaque (elles ont à elles deux planté quatorze des vingt-deux pions de leur équipe en éliminatoires).


Marquée par les épreuves qu’elle a dû traverser, la joueuse de vingt-neuf ans ne se laisse pas aveugler par sa réussite. En parallèle de sa carrière de joueuse, l’attaquante prépare son avenir et s’est inscrite en fac de médecine pour devenir chirurgien : « J’ai toujours voulu réussir, parce que l’argent rend la vie plus facile. Ma mère n’a pas eu la vie la plus simple et je veux l’aider. En devenant médecin, je peux gagner de l’argent, aider ma mère et aider les autres, ce qui me correspond totalement. » Footballeuse professionnelle, bientôt médecin, bien loin du jardin familial dans lequel elle faisait ses premiers jongles à l’abri des regards des talibans, Nadia Nadim est devenue un symbole pour toute une génération de jeunes réfugiées afghanes : « J’ai senti que j’accomplissais quelque chose au-delà du football. J’ai changé les opinions à propos de ce que les filles peuvent ou ne peuvent pas faire, et cela signifie beaucoup. »

Par Maeva Alliche
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