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  1. // Disparition de Michel Hidalgo

Michel Hidalgo : pour l’amour du beau jeu

Michel Hidalgo nous a quittés aujourd’hui à 87 ans. Il restera à jamais le premier à avoir conduit les Bleus à un titre international majeur, l’Euro 1984.

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Mardi 17 novembre 1981. Michel Hidalgo est seul. Seul face aux caméras TV et aux journalistes qui l’ont mis en position d’accusé. L’équipe de France joue sa qualif pour le Mundial 1982 en Espagne, le lendemain, mercredi, au Parc, face aux Pays-Bas. La victoire est impérative, sinon c’est la trappe. Les chiens sont lâchés : on doute du sélectionneur. On ne lui pardonne pas la non-qualification des Bleus à l’Euro 1980. Non seulement Hidalgo fait front avec courage, mais en plus, il prépare un plan tactique résolument audacieux au moment où la prudence aurait guidé de plus timorés que lui. Face aux Oranje, il alignera un 4-3-3 avec un milieu offensif Platini-Giresse-Genghini, première ébauche en fait du Carré magique qu’il mettra en place en Coupe du monde. Parce que, heureusement, les Bleus se sont qualifiés en battant les Néerlandais 2-0, ce 18 novembre. Novembre, le Parc, Platini (buteur sur coup franc) : le cocktail magique du foot français des années Platoche-Hidalgo.

« Pour entraîner l'équipe de France, il faut être amoureux des Bleus, avoir le souci du jeu offensif, du beau geste afin de montrer ça au monde entier. »
De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace ! Tel était Hidalgo, amoureux du jeu, du panache, du style français. « Pour entraîner l'équipe de France, il faut être amoureux des Bleus, avoir le souci du jeu offensif, du beau geste afin de montrer ça au monde entier. C'est un pays que l'on représente ! » déclare-t-il. Il revendiquera même le concept de «  label France  » au moment d’oser un pari fou avant le France-Irlande du Nord qualificatif pour les demi-finales de Coupe du monde en Espagne : aligner quatre milieux créatifs ! En plus, de Platini, Giresse, Tigana, il leur adjoindra Genghini, excellent face à l’Autriche. Le Carré magique est complet et il offre au monde entier une féerie digne du Brésil de Telê Santana et Sócrates-Zico. Les Bleus l’emportent 4-1 et parviennent à un autre Carré, le dernier. On connaît la suite : la France perdra aux tirs au but face à la RFA dans un match d’anthologie qui établira à nouveau le « style français » au rang d’école du beau jeu.

Pratiquer du beau football et gagner une compète


Il faut dire que Michel Hidalgo avait été un ancien attaquant, passé du Havre à Reims (1954-1957, avec une finale de C1 perdue face au Real 4-3 en 1956) et enfin à Monaco (1957-1966). Joueur offensif par nature, Michel avait eu la chance d’avoir eu pour mentors deux grands maîtres du beau jeu, Albert Batteux au Stade de Reims, puis Lucien Leduc à l’AS Monaco. Sa religion était faite ! Quand il aura tâté du syndicalisme à la tête de l’UNFP où il fut un des acteurs essentiels de la promotion du contrat à temps, il reviendra au foot. Au poste d’adjoint de Stefan Kovács, sélectionneur en provenance de l’Ajax Amsterdam, nommé en 1973. Après le départ du Roumain, Michel Hidalgo deviendra coach des Bleus à son tour. Les années Hidalgo-Platini étaient lancées. Misant sur la jeunesse (Platoche, Rocheteau, Bossis), sur la technique, le mouvement et l’attaque, il confie les clefs du camion au stratège nancéien autour duquel il bâtira son Onze majeur.



« Souvent l’arbitre sera donc contre vous. Alors ne pleurez pas, ne vous plaignez pas ! Concentrez-vous sur votre jeu et repartez encore plus fort ! »
Surtout, Michel Hidalgo en finira avec la mentalité de lose puérile du foot français : « Nous somme une petite nation de foot, martèle-t-il à ses joueurs. Souvent l’arbitre sera donc contre vous. Alors ne pleurez pas, ne vous plaignez pas ! Concentrez-vous sur votre jeu et repartez encore plus fort ! » Douze ans après 1966, la France se qualifiera enfin à nouveau pour la Coupe du monde, celle de 1978, en Argentine. On n’oubliera pas les images d’un Michel Hidalgo en larmes, porté en triomphe par ses gars après la victoire décisive face à la Bulgarie en novembre 1977 (3-1). Après l’épopée de 1982, Hidalgo emmènera ses Bleus à la victoire lors de l’Euro 1984 organisé à domicile. Son Chevalier blanc, Michel P., a planté neuf buts lors d’un tournoi qu’il a survolé grâce au collectif qu’il a mis au point. À jamais le premier ! C’est lui qui a enfin décomplexé le football français en s’en tenant encore et toujours à un « style français » qui repose en 1984 sur un nouveau Carré magique où Fernandez a remplacé Genghini. Il a démontré en 1984 qu’on pouvait pratiquer du beau football et gagner une compète internationale : « Je n'ai jamais parlé à mes joueurs de résultat. Jamais ! Je leur ai toujours dit de penser au jeu, les résultats viennent alors d'eux-mêmes. J'ai été joueur, entraîneur puis spectateur, j'ai toujours eu ces idées. Et tant pis si je passe pour un poète ou un ringard ! »

Une éthique populaire


« Il manque à cette équipe de France ce que l'on aime : le panache et le brio. Ce sont des mots tabous ? Je rêve d'un football souriant. Du sourire et de la création. »
Après le désastreux France-Bulgarie de 1993, sa critique loyale de l’équipe de France d’alors ne visera pas directement le sélectionneur Gérard Houllier ou bien les joueurs, mais plutôt l’absence d’identité esthétique qui a fait la gloire des Bleus de 1958 et 1984 : « Il manque à cette équipe de France ce que l'on aime : le panache et le brio. Ce sont des mots tabous ? Je rêve d'un football souriant. Du sourire et de la création. La beauté est compatible avec l'efficacité. C'est bête, je le sais, mais je le maintiens...  » Après l’Euro 1984, Hidalgo laissera un bel héritage à Henri Michel qui le fera fructifier à nouveau au Mundial 1986 au Mexique (3e place). Après l’Euro également, il refusera le poste de ministre des Sports que lui avait proposé le Premier ministre Laurent Fabius. Ce sera l’un des plus grands regrets de sa vie, car, passé par l’UNFP, il était aussi un homme de dossiers, une force de propositions féconde...



Au lieu de cette carrière politique, il se fourvoiera en partie en rejoignant Bernard Tapie à l’OM au poste de manager (1986-1991). Il sera condamné à une lourde amende au procès des comptes de l’OM... Mais Michel Hidalgo restera tout de même une des figures tutélaires du foot français, le Sage à qui on rend hommage, même après le sacre des Bleus de Jacquet en 1998. Une autre époque, un autre jeu dans lequel il ne se retrouvait pas, à l’évidence : « Aujourd’hui, on joue avec trois numéros 6 et un 10. Moi, je jouais avec trois 10 et un 6 ! » Ceci dit, il n’a jamais versé non plus dans l’aigreur ringarde du « c’était mieux avant  » , mais ne confessera jamais le regret d’avoir été « trop joueur  » lors du France-RFA de 1982 !


Michel n’exprimait que sa sensibilité. Celle d’un passionné du jeu, du rêve, du spectaculaire. Ce fils d’immigré espagnol, né dans le Nord de la France, n’oubliait jamais que le football était un sport populaire et il avait cette éthique du spectacle, du plaisir et de la passion. Qui a rencontré Michel Hidalgo ne pourra jamais oublier son sourire, son humilité, sa gentillesse et sa pédagogie restée toujours intacte. On ne le remerciera jamais assez pour les années de bonheur inouï que ses Bleus nous ont apporté chaque mois, pendant huit ans. Du temps où ils étaient surnommés les Brésiliens de l’Europe et qu’ils étaient champions du monde des matchs amicaux avant de décrocher le Graal en 1984. Michel Hidalgo, Michel Platini, le Parc des Princes, les novembre pluvieux des qualifs inespérées... « Allez Michel... Oui, Micheeeeel ! » Par Chérif Ghemmour