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C’est quoi le problème avec Préjuce Nakoulma ?
Pion essentiel de l’équipe de Conceição l’an dernier, Préjuce Nakoulma vit aujourd’hui une saison cauchemardesque, entre envies de départ, mise au placard progressive et guéguerre en interne. Mais la situation, jusqu’ici volcanique en coulisses, semble s’améliorer coté sportif.
Lorsque Préjuce Nakoulma a ouvert son pied – à la suite d’un coup de billard dans les seize mètres – pour faire frissonner les filets de Baptiste Reynet ce samedi, le Burkinabé est resté sobre dans la célébration : posté face à la tribune, bras ouvert, regard de tueur. À quoi pensait-il à ce moment-là ? Sûrement un mélange de soulagement et d’esprit de revanche. Car sous le FC Nantes de Ranieri, le dragster de Ouagadougou a jusqu’ici plus pu apprécier les sièges confort de la Beaujoire que les centres de Léo Dubois.
Les histoires d’amour finissent… tôt
Quand les Canaris vont le chiper à Kayserispor début 2017 après une CAN aboutie de sa part, Nakoulma rentre dans le bain de la Ligue 1 sans avoir besoin d’acclimatation. Le numéro 22 fait rapidement parler sa puissance : il plante des doublés à Montpellier, puis face à Angers, et est également décisif devant Sainté et Guingamp (un pion à chaque fois). Il demeure l’une des révélations de la deuxième moitié du championnat et est loin d’être étranger à la fin d’exercice canon des Jaune et Vert, qui chopent la septième place finale.
Pourtant, l’adage clamé par les Rita Mitsouko s’est vérifié au bout de six petits mois d’idylle entre Nakoulma et la Maison jaune. Après s’être rendu indispensable en Loire-Atlantique en seulement quelques matchs, l’Étalon estime l’été dernier que découvrir un neuvième club en dix ans ne serait pas de trop. Non content de voir le nouveau maître des lieux Claudio Ranieri lui indiquer la direction de la banquette, il clame son désir de plier bagage : sans succès, malgré un bras de fer durant le mois d’août entre son clan et le club.
Grève de l’échauffement et objet trouvé
Une demi-saison, huit titularisations tout de même (pour deux buts) et une blessure musculaire plus tard, Nakoulma remet ça lorsque survient la fenêtre hivernale. Au sortir d’un nouvel échec et alors que son temps de jeu continue de disparaître, le joueur passe en roue libre et refuse même d’aller s’échauffer en cours de match, à l’Allianz Riviera en février. Son agent n’hésite pas à monter au front dans L’Équipe, quitte à froisser Kita & co en les accusant de mentir sur l’état de santé du joueur et en les menaçant tout bonnement de lancer une procédure auprès des instances. De son côté, le président nantais déclare subir des pressions terribles pour que sa bonne pioche de 2017 puisse partir contre peanuts. Ambiance.
Et puis, alors que la bouille de l’attaquant ne devenait plus qu’un lointain souvenir dans la cité des ducs, le ciel s’est éclairci à l’orée du sprint final de Ligue 1. Sentant sa machine infernale se gripper en 2018, le rigide Ranieri a ressorti Nakoulma des tiroirs et se remet à coucher son nom sur les feuilles de match : visible 96 minutes seulement sous la tunique jaune entre janvier et mars – avec de nombreuses parties passées en tribune –, l’attaquant est entré deux fois consécutivement contre Sainté et Monaco. Puis dans la foulée, et malgré le retour de l’énigme Kalifa Coulibaly dans le groupe, le Mister s’est décidé à aligner le Burkinabé à coté d’Emiliano Sala face au DFCO.
Un choix payant puisque le joueur, qui a pu enchaîner les courses pendant une bonne heure, s’est distingué au tableau d’affichage et a rappelé l’importance qu’il peut avoir dans le jeu de l’octuple champion de France. Compromis trouvé entre les deux camps, alors que le contrat du garçon court jusqu’à l’été 2019, ou décision par défaut de l’entraîneur qui ne compte que peu de vraies ressources offensives (coucou Sightorsson) ? Vu le rythme de relégable qu’ont pris les Nantais en 2018, un Nakoulma dans les bagages ne sera en tout cas pas un poids.
? Claudio Ranieri : « Je suis très heureux pour Nakoulma qui a lutté et qui a marqué. » #FCNDFCO pic.twitter.com/LfSocEL4H8
— FC Nantes (@FCNantes) 14 avril 2018
Par Jérémie Baron