Deux poteaux de 2,44 mètres et une barre transversale de 7,32 mètres. C’est parfois tout ce qu’il faut pour briser le rêve d’un pays entier. Un boing sec éclate dans tout un stade et le jeu continue, alors qu’un joueur était si proche de marquer l’histoire de toute une nation. Retour sur ces dix poteaux (et barres) qui ont marqué la Coupe du monde.
Michael Olise, France-Suède 2026
23h40, ce mardi soir, la France entière s’est mise à hurler. À la 35e minute de jeu, une passe anodine d’Adrien Rabiot, contrée par un Suédois, se mue en chandelle piégeuse dans la surface scandinave. N’importe qui aurait contrôlé et remisé en rentrait, pas cet objet volant identifié du nom de Michael Olise. Le meneur de jeu des Bleus prend son élan et, sans se poser de question, envoie un ciseau venu d’ailleurs. L’espace d’une seconde, New York et l’Hexagone croient assister au plus beau but de ce Mondial, avant que le poteau gauche de Zetterström refuse catégoriquement de laisser entrer la moindre parcelle de génie.
De héros national en 2000 après sa demi-volée légendaire en finale de l’Euro à symbole de la désillusion en 2006 face aux mêmes Italiens, David Trezeguet est l’une des victimes de ces terribles poteaux. Zidane vient de partir la tête la première dans le torse de Materazzi, laissant les Bleus sans leur chef suprême pour la séance de tirs au but. Deuxième tireur, Trezeguet s’élance et choisit la frappe en puissance côté droit du but de Buffon. Le portier de la Juve est pris à contre-pied, mais la barre transversale se transforme en son meilleur ami tout en se faisant fracasser par le ballon du numéro 20 français. L’attaquant de la Juventus reste incrédule et Fabio Grosso terminera le travail quelques tentatives plus tard pour offrir la quatrième étoile à l’Italie.
Blerim Džemaili, Argentine-Suisse 2014
São Paulo, 2014, et un huitième de finale cadenassé. À la 118e minute, la célébration cœur d’Ángel Di María fait chavirer toute une Argentine à bout de nerfs. La bande de Messi croit filer tranquillement vers les quarts. Mais la Nati, elle, n’a jamais été résignée. Trois minutes plus tard, Shaqiri centre, Blerim Džemaili surgit, totalement oublié par la défense, et place sa tête. Romero est cuit, se prépare pour les tirs au but, déjà résigné. Mais le poteau droit, lui, en a décidé autrement. Le ballon repart et avec lui la dernière cartouche suisse pour arracher les tirs au but. Džemaili finit la tête entre les mains, avec tout, sauf la tête au carré.
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Asamoah Gyan, Uruguay-Ghana 2010
Fernando Muslera est battu. La tête smashée de Dominic Adiyiah, à la dernière minute de la prolongation, se dirige dans les filets et le Ghana va sortir l’Uruguay pour s’offrir une première demi-finale en Coupe du monde. Mais Luis Suárez a dit non. Il se mue en dernier rempart et repousse le ballon de la main sur sa ligne. Carton rouge et penalty pour les Black Stars. Avec son mythique numéro trois dans le dos, Asamoah Gyan prend ses responsabilités. Il choisit le pétard plein centre, Muslera plonge du côté droit et quand il relève la tête, il voit le ballon du Ghanéen s’empaler sur la barre transversale. À quelques centimètres d’écrire la plus belle page de son histoire, les Ghanéens connaîtront la dure loi des tirs au but.
Roger Milla, Cameroun-Roumanie et Cameroun-Colombie 1990
« Je suis sur le corner comme Roger Milla. »La légendaire chorégraphie de l’attaquant des Lions indomptables est si légendaire que le rap français s’en inspire, à l’image de Ninho. Quatre réalisations lors de cette Coupe du monde et Roger Milla les a toutes célébrées au même endroit : au bâton du coup du pied de coin. Une danse caractérisée par ce mouvement du postérieur avec un bras droit en direction du public et la main gauche faisant des semblants de cercles au niveau des abdos, l’attaquant camerounais a rendu iconique ce bout de plastique que d’autres préfèrent éclater. Hey Jamie Vardy !
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Chris Waddle, Angleterre-RFA 1990
Avec une inspiration de génie, Chris Waddle, au centre du rectangle vert, voit Bodo Illgner loin de sa ligne de but. Alors pourquoi pas ? Vu que la Coupe du monde, c’est ce genre d’endroit où tout est possible, Mister Chris, comme il était surnommé à Marseille, tente sa chance. Le ballon flotte pendant quatre longues secondes et le numéro 8 est prêt à célébrer ce geste plein d’insouciance. Mais le portier allemand n’a pas dit son dernier mot. Avec un plongeon en arrière, il dévie le ballon du bout des doigts sur la barre transversale. Si proche du but du tournoi, le scénario est terrible pour Waddle puisqu’il loupera son tir au but lors d’une séance qui aurait pu qualifier les Three Lions en finale.
Geoff Hurst, Angleterre-RFA 1966
Le but fantôme. Une action qui hante encore le pays de la bière et des saucisses. À la 100e minute de jeu tout rond, Geoff Hurst ressurgit. Déjà buteur au douzième tour de cadran, il contrôle un centre d’Alan Ball, pivote et frappe. Le cuir touche la barre et rebondit sur la ligne. Pas de doute, le but n’est pas valable, enfin c’est ce que pensent les Allemands. L’arbitre suisse de la rencontre, Gottfried Dienst, consulte son juge de touche, Tofik Bakhramov, qui valide le but malgré les contestations virulentes des Germains. L’Angleterre s’imposera (4-2) et remportera son seul et unique titre mondial avec un des plus grands mystères de la compétition.
Les grands récits de Society: L'affaire qui a lancé la carrière de Marine Le Pen
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