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Retraite : Blaise Matuidi, le déséquilibre permanent

Par Mathieu Faure
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Retraite : Blaise Matuidi, le déséquilibre permanent

Arrivé dans les valises d’un mercato d’été 2011 tonitruant qui coïncidait avec les débuts de l’ère QSI, Blaise Matuidi est devenu, en six ans dans la capitale, un modèle de réussite et de travail. Ou comment un petit gamin de Toulouse, formé à Troyes, s’est retrouvé à être représenté par Mino Raiola et titulaire en finale de Coupe du monde. À 35 ans, il prend une retraite bien méritée.

Stade Saint-Symphorien. Une tête victorieuse dans les arrêts de jeu au cœur du printemps 2017. Blaise Matuidi, l’homme qui semble être en déséquilibre permanent, donne la victoire au Paris-SG face au FC Metz (3-2) dans cette course poursuite folle engagée avec l’AS Monaco dans la quête du titre de champion de France. Des 33 buts marqués par le gaucher avec la liquette parisienne, celui de Metz (synonyme de doublé ce soir-là) est l’un des plus importants. Et encore, la pieuvre en a collé d’autres mémorables, comme cette frappe du droit dans les ficelles de Steve Mandanda à la sortie d’un crochet intérieur de toute beauté lors d’un OM-PSG bouillant durant le règne de Marcelo Bielsa. Ou alors cette tête libératrice contre l’OL sur un centre de Zlatan Ibrahimović, en décembre 2012. Ou encore le but de la victoire contre le FC Barcelone au Parc des Princes en septembre 2014.

En fait, rien ne semblait prédestiner Blaise Matuidi à devenir un rouage essentiel, vital et indispensable du PSG sous QSI. Recruté durant l’été 2011, le gaucher formé à l’ESTAC et qui s’était montré prometteur à l’AS Saint-Étienne ressemblait plutôt à une recrue Colony Capital, à savoir un bon joueur de Ligue 1, à l’image de Kevin Gameiro, Milan Biševac ou Zoumana Camara. On ne s’imaginait pas que Matuidi viendrait s’inviter à la table de Thiago Motta et Marco Verratti. Qui aurait cru que le natif de Toulouse serait titulaire avec les Bleus lors du sacre de 2018, qu’il serait adoubé par Ibrahimović et Carlo Ancelotti, représenté en fin de carrière par Mino Raiola, qu’il recevrait un hommage appuyé de Neymar à l’été 2017 (lors de la célébration du premier but au Parc du Brésilien), et qu’il brillerait, aussi, à la Juventus ?

Zlatan a tout changé

Avec ses 295 matchs au PSG et son statut de maillon déterminant et indispensable dans le trio qu’il a formé avec Motta et Verratti, Blaise n’a jamais vraiment été remplacé depuis son départ. Véritable box to box équilibrant et capable de planter ses cinq-six buts par saison en jaillissant de nulle part, Matuidi est l’exemple même de la méritocratie. Sur le papier, Mathieu Bodmer, Mamadou Sakho, Momo Sissoko et Jérémy Ménez avaient tous plus de talent que Blaise. Et de loin. Pourtant, ils ne peuvent pas s’asseoir à la table de l’ancien numéro 14 en ce qui concerne la trace laissée dans le club de la capitale. Matuidi au PSG, c’est une belle histoire. C’est la belle histoire. Celle du bosseur, de l’honnêteté, du labeur, de la persévérance et de la ténacité. En 2020, Christophe Jallet, qui a connu Matuidi dans la capitale, livrait dans les colonnes du Figaro comment le joueur avait franchi le cap grâce au travail quotidien d’Ibrahimović : « Je prends souvent Blaise comme exemple de progression incroyable. Quand Ibra est arrivé, il a pris à part Blaise et lui a dit : « Tu es capable de courir, tu grattes des ballons comme personne, tu défends bien, mais si tu veux passer un cap, tu vas devoir marquer des buts, donc projette-toi, tu as la capacité de le faire, fais les appels et je te mettrais les ballons, tu marqueras beaucoup de buts. »  »

Matuidi, en véritable éponge, apprend et comprend son nouveau rôle. Le géant suédois, qui est content d’avoir trouvé un loufiat qui court pour deux, le délecte effectivement de plusieurs passes décisives. Sous Carlo Ancelotti puis sous Laurent Blanc, Matuidi devient un milieu de terrain complet, moderne, imposant, injouable parfois. Il est même, de façon complètement incroyable, présenté à un moment comme le meilleur milieu du monde. Il est partout, tout le temps, gratte, presse, compense, marque, surgit, travaille, bataille. Bref, c’est une perle rare. Jamais un joueur, sous QSI tout du moins, n’avait à ce point progressé dans la capitale, alors que le PSG est réputé pour être un endroit qui bousille les joueurs, même les plus talentueux. Blaise, lui, s’y est épanoui comme personne. Le delta entre son départ et son arrivée est gigantesque. C’est comme si Paris avait recruté Sylvain Armand pour, finalement, en faire un Roberto Carlos. Du jamais-vu.

Ce samedi matin, jeune retraité, Blaise Matuidi peut se retourner et regarder sa carrière avec une certaine fierté. 295 matchs avec le PSG (soit autant que Di María et plus que des légendes du club comme Joël Bats, Dominique Baratelli, Dominique Bathenay ou Luis Fernandez) pour quatre Hexagoals, 84 sélections en équipe de France, un titre de champion du monde acquis en position d’ailier gauche parce qu’il faut bien dépanner, 133 matchs avec la Juventus (trois Scudetti), 154 avec Saint-Étienne. Et quand il s’ennuiera, il pourra remettre en boucle ce coup de tête rageur de Metz, sur une galette de Javier Pastore. Ce jour-là, on s’était levé comme un seul homme sur ce coup de casque improbable. Le football est plein de paradoxe, et Blaise Matuidi en est une jolie preuve. Car l’homme au déséquilibre permanent était en réalité, depuis le début, celui sans qui il n’y aurait jamais eu d’équilibre.

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Des Bleus sans coups
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Par Mathieu Faure

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