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Qui était João Martins, premier buteur de la C1 ?

Par William Pereira
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Qui était João Martins, premier buteur de la C1 ?

Avant Cristiano Ronaldo, Figo et Futre, le Sporting a connu la machine à planter, Peyroteo. Mais pas seulement. Dans les années 50, un dénommé João Martins a fait parler de lui en enfilant les buts, notamment le premier pion de l’histoire des compétitions européennes, contre le Partizan Belgrade. C’était en 1955.

Le 13 juillet 1930 est un jour spécial pour le football. Il y a 86 ans, Lucien Laurent ouvrait la longue liste des buteurs de son altesse Coupe du monde en marquant contre le Mexique. On parle d’une date culte remise au goût du jour à chaque nouveau mondial des nations. Etrangement, l’histoire n’a pas réservé le même sort au premier artilleur de la plus grande compétition de clubs, l’ex Coupe des clubs champions devenue Ligue des champions à la fin du siècle dernier. João Batista Martins, c’est son nom, est devenu, le 4 septembre 1955, le premier joueur à planter une banderille en C1 en ouvrant le score d’un match entre le Sporting et le Partizan Belgrade qui se terminera sur un copieux 3-3. Si son nom n’évoque pas grand-chose en dehors des frontières de l’ancien Estado Novo de Salazar, le natif de Sines avait bonne presse dans son pays.

Éducation à l’ancienne, travail et football

João Martins, fusion rétroactive de João Moutinho et Corentin Martins, est né en 1927 à une époque où les centres de formation n’existaient pas encore et où pas grand-chose du monde moderne existait au Portugal. Le football reste alors une occupation pour les trois quarts des pratiquants et l’on y joue quand on en a encore la force après une dure journée de labeur. Dans le cas du petit João, il fallait terminer son travail à l’usine de liège du coin pour avoir le droit de s’amuser avec des petits camarades à qui il faisait allègrement la misère. Milieu de terrain offensif doué puis attaquant, le jeune homme n’a aucune intention de dédier sa vie au foot. Pas sans un travail pour couvrir ses arrières. Du coup, quand son ami Alfredo Trindade, licencié au Sporting Clube de Portugal, dans la section… cyclisme, lui demande de descendre sur Lisbonne pour s’entraîner avec les professionnels, João refuse fermement. L’enfant de Sines craint de chauffer la banquette à cause des cinco violinos (les cinq violons), nom donné au quintet de cracks mené par l’illustre Peyroteo, et donc de ne pas être suffisamment rémunéré. À force d’insister, Trindade réussira tout de même à faire en sorte d’amener le prodige à Lisbonne pour jouer au Groupe Sportif de CUF, nom de l’entreprise du secteur chimique à qui le club doit sa création. Au GDCUF, pas de salaire de footballeur et très peu de primes. Juste un boulot à occuper à plein temps en dehors des entraînements et des matchs. Exactement ce que recherche João Martins. Sauf que l’histoire est trop belle pour être vraie. Le milieu offensif ne verra jamais ledit job et finira par faire ses valises sans avoir disputé la moindre rencontre. C’est que le pragmatisme du bougre l’empêchait de signer son contrat avant d’avoir la garantie qu’il décrocherait un boulot.

Le sixième violon

Heureusement pour Martins, les ouvriers avaient la chance de s’entraîner sur un terrain limitrophe à celui des pros du Sporting. Etant donné qu’il était largement au-dessus de la mêlée, son jeu a rapidement tapé à l’œil d’Antonio Abrantes Mendes, ancien attaquant mais aussi sprinteur et sauteur en hauteur pour les Leões. L’athlète propose à sa cible 100 escudos (50 centimes d’euros si l’on prend en compte le cours de la monnaie portugaise au passage à la monnaie unique) de prime à la signature accompagnés de 400 autres mensuels. C’est plus qu’il n’en faut pour convaincre le Stakhanoviste de porter la tunique verte et blanche et entrer dans l’histoire du club, même si sa première année ressemblera plutôt à un stage d’observation aux côtés de Peyroteo qui lui barre le chemin du titulariat. Heureusement pour le nouvel attaquant, son mentor décide de déménager à quelques encablures de la demeure sportinguista, chez le rival de Belenenses, en 1949. Malgré le recrutement de joueurs expérimentés effectué par le Sporting pour remplacer la star locale, João Martins met tout le monde d’accord et s’impose comme le nouvel artilleur maison. Plein de bonne volonté, il va même jusqu’à disputer deux matchs aux cages en 1950 pour pallier la blessure du gardien de l’époque, Tormenta. Symbolique. Celui que les amoureux du football qualifieront de sixième violon était amoureux des buts. Il ne pouvait pas vivre sans eux.

Émigration et mort à Paris

Son penchant pour le but le mènera à décrocher le titre de meilleur buteur de la Liga portugaise en 1953/1954 mais aussi à offrir un championnat à Benfica l’année suivante. João Martins a eu la bonne idée d’égaliser contre Belenenses dans les derniers instants de la dernière journée du championnat, alors que les joueurs de Belém avaient besoin d’un succès pour décrocher le graal. La légende raconte que le malheureux buteur aurait pleuré autant que les perdants du soir. L’amour du maillot, le vrai. Au total, le successeur de Peyroteo aura fait trembler les filets à 133 reprises en à peine 204 matchs, loin, très loin du maître, mais avec un goût plus prononcé pour la passe décisive que ce dernier. En plus de marquer en Coupe d’Europe, le natif de Sines a le privilège de représenter la sélection portugaise onze fois avant de raccrocher les crampons pour se consacrer à ce qui le préoccupait le plus, travailler pour de vrai. Le natif de Sines a, comme beaucoup de ses compatriotes, fui la crise en émigrant vers la France et Paris, où il a trouvé un boulot dans une entreprise du secteur secondaire qu’il occupe jusqu’à sa mort, en 1993, due à une crise cardiaque. Il avait 66 ans.

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Par William Pereira

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