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Pérou…ste ?

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Pérou…ste ?

Dans un pays rongé par les conflits sociaux, la drogue et la pauvreté, le football ne parvient même pas à ramener du bonheur au bled. La Copa America 2011 sera un supplice. Sur et en dehors du terrain.

Question : peut-on légitimement avoir des ambitions sportives quand on aborde une compétition sans son meilleur joueur ? Réponse : a priori non. Sauf miracle. Voilà, grosso modo, le post-it qui squatte la liquette des Péruviens depuis l’annonce du forfait de Claudio Pizarro. Le joueur de Brême n’est pas Lionel Messi, loin de là, mais son expérience et ses buts auraient sans doute aidé La Rojiblanca à bien figurer dans le millésime 2011 de la Copa America. Seulement voilà, les ligaments de son genou ont décidé de prendre des vacances. Sans prévenir bien entendu.

Car, avouons-le sans se forcer, le Pérou ne va faire que passer. Quart de finaliste des quatre dernières éditions (on parle d’une compétition à douze équipes en même temps), la réalisation de la passe de cinq serait une belle performance. Même si l’histoire d’amour entre le Pérou et la Copa America a souvent terminé par un coït triomphant (double vainqueur de l’épreuve 1939, 1975 et demi-finaliste en 1997, année où le Brésil s’était amusé avec les reins péruviens pour une branlée 7-0). Depuis quoi ? RAS. Ou presque. Là où les Cubillas, Diaz, Ramirez écrivaient les lettres de noblesses du football péruvien durant les seventies avec un quart de finale au Mondial 70, les contemporains se sont ramassés. A la tête de la sélection depuis un an, l’Uruguayen Sergio Markarian tente de trouver une osmose entre toutes les dégaines de cabochards qu’il a sous la main. Parce que bon, le Pérou c’est quand même une 54ème place au classement FIFA. Entre le Belarus et la Jamaïque. Ca force le respect.

Guerrero-Farfan, les arbres qui cachent la jungle

Pourtant, même en l’absence de Pizarro, le Pérou a de la réserve offensive. Le duo des Teutons Farfan (Schalke) – Guerrero (Hambourg) présente une certaine cohérence. Un duo qui peut, dans un bon jour, salir plus d’une fois les ficelles adverses. L’un est puissant, l’autre est rapide. On a connu des équipes beaucoup moins bien loties offensivement. Surtout au Pérou où les attaquants de qualité ne fleurissent pas à chaque poteau de corner : ne jamais oublier que l’ancien marseillais Andrès Mendoza était péruvien, CQFD. Pourtant, la nature a décidé de donner, avec parcimonie il faut bien le reconnaître, un peu de ballon à quelques autochtones. Juan Manuel Vargas (Fiorentina), Albert Rodriguez (Sporting) ou la dernière recrue niçoise, le portier Raul Fernandez, méritent d’éviter les quolibets à chaque rencontre. C’est beaucoup et peu à la fois. Surtout dans un sport qui tire sa quintessence par la collectif.

Seulement voilà, la sélection Péruvienne, au delà de son manque de talent actuel, est tombé dans le groupe le plus compliqué. Au menu : Mexique, Uruguay et Chili. Soit trois équipes joueuses appartenant au top 16 du dernier Mondial. Saleté de chat noir. Forcément, vu comme ça, les trois matches font flipper. Pour la première fois depuis 1995, le Pérou pourrait ne pas squatter les quarts de la Copa America. Un couac prévisible qui n’émeut pourtant personne. Normal, le pays est secoué, entre autres, par des violentes émeutes suite au vote récent de lois contre les concessions minières. Dans ce climat, on se fout un peu de l’état du genou de Pizarro…

Mathieu Faure

Début de la Copa America, le vendredi 1er juillet

Les leçons tactiques de France-Espagne

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