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Paul Tchoukriel : « Je ne suis pas un footballeur ratĂ© Â»

Propos recueillis par Mathieu Rollinger

À 30 ans, Paul Tchoukriel est devenu la voix du foot de Canal+, succĂ©dant cette annĂ©e Ă  StĂ©phane Guy au poste de commentateur numĂ©ro 1 de la chaĂźne cryptĂ©e. L'occasion de revoir au ralenti ses premiĂšres sensations europĂ©ennes, la dĂ©finition de son mĂ©tier, ses une-deux avec Rudi Garcia, mais aussi un parcours plutĂŽt atypique. Et pour cause, ce milieu de terrain formĂ© Ă  l'OL jouait il y a encore dix ans avec la rĂ©serve de l'AS Nancy Lorraine.

La semaine passĂ©e Ă  Lille et Bruges, tu commentais tes premiers matchs de poule de Ligue des champions. Ça fait quoi d’entendre la fameuse petite musique ?Elle est forte, dĂ©jĂ . Bien plus forte au stade qu’à la tĂ©lĂ©. Mais c’est vrai que ça fait quelque chose. Bon, quand elle retentit, ça fait dĂ©jĂ  deux heures qu’on est en branle-bas de combat avec tout l’avant-match. Cette musique marque en fait le moment oĂč il y aura le moins d’incertitudes pour nous : commenter un match est ce a Ă  quoi on est habituĂ©. C’est tout le dĂ©corum autour qui diffĂšre, un soir de Ligue des champions. Ce qui Ă©tait marquant Ă  Bruges, par exemple, c’était la premiĂšre titularisation de Messi avec le PSG. On attendait de savoir comment il allait ĂȘtre accueilli au moment des Ă©chauffements, comment il allait se comporter, etc.

Quand on Ă©tait petits, les seules fois oĂč on avait le droit de manger devant la tĂ©lĂ©, c’était quand il y avait Ligue des champions sur Canal+. C’est un privilĂšge d’ĂȘtre Ă  cette place aujourd’hui.

Ce genre de contexte te conditionne-t-il par rapport Ă  des affiches plus traditionnelles ?Il y a forcĂ©ment plein de souvenirs qui remontent. Quand on Ă©tait petits, les seules fois oĂč on avait le droit de manger devant la tĂ©lĂ©, c’était quand il y avait Ligue des champions sur Canal+. Ça me renvoie Ă  Thierry Gilardi et Michel Platini aux commentaires, c’est AimĂ© Jacquet qui parlait tout le temps de « percussion », les gars autour avec les casques qui font les premiers rĂ©sumĂ©s Ă  la mi-temps. C’est un privilĂšge d’ĂȘtre Ă  cette place aujourd’hui. Si le curseur a Ă©tĂ© mis Ă  ce niveau-lĂ  il y a une vingtaine d’annĂ©es, tu sais qu’il y a aussi Ă©normĂ©ment d’attentes aussi chez les tĂ©lĂ©spectateurs. C’est la grand-messe de la semaine, il faut ĂȘtre trĂšs bon, meilleur que d’habitude.

À quoi ressemblait l’ambiance dans les couloirs de Canal ces derniĂšres saisons quand la Ligue des champions se jouait sur d’autres chaĂźnes ?On sentait avoir perdu quelque chose d’énorme. Et ça se mesure au bonheur qu’on a eu de retrouver cette compĂ©tition. AprĂšs, des matchs de foot, il y en a toujours eu sur Canal. Et quand on faisait un peu moins de Ligue 1, plus de Premier League, on Ă©tait quand mĂȘme bien servi. L’an dernier, la chaĂźne a sauvĂ© la LFP en reprenant la diffusion de la fin de saison (Ă  la suite du fiasco de Mediapro, NDLR). Bref, il y avait du boulot pour tout le monde.

Comment s’est passĂ©e ton arrivĂ©e dans ce groupe ?Je suis arrivĂ© il y a sept ans. Je rentrais Ă  l’IPJ, une Ă©cole de journalisme parisienne, et je cherchais un apprentissage. Infosport m’a proposĂ© de faire un test, et quinze jours plus tard, j’intĂ©grais la rĂ©daction. AprĂšs deux ans d’apprentissage, puis de la pige, Canal+ m’a proposĂ© un contrat pour commenter les matchs sur Jour de foot, puis la D1 fĂ©minine, la Premier League et donc la Ligue 1 depuis l’an dernier.

C’est Ă  la suite du licenciement de StĂ©phane Guy que tu as Ă©tĂ© propulsĂ© numĂ©ro 1
 (Il coupe.) Tu utilises le mot « propulsé » , je comprends pourquoi, mais j’ai Ă©tĂ© choisi avant ça par la direction des sports pour commenter des matchs de Ligue 1 et remplacer StĂ©phane Guy sur les grosses affiches, lorsqu’il allait par exemple sur un choc de Premier League. Il s’est passĂ© ce qu’il s’est passĂ© avec StĂ©phane, et j’ai donc Ă©tĂ© amenĂ© Ă  reprendre ses matchs. Ça coĂŻncidait avec le moment oĂč Canal avait rĂ©cupĂ©rĂ© les affiches du dimanche soir. Donc c’est allĂ© trĂšs vite.

Je ne veux copier personne. Le style, tu le trouves avec le temps, tu t’imprùgnes aussi de tout ce que tu as vu et entendu.

Certes, mais le grand public ne te connaissait pas avant ça. C’était un surplus de pression pour toi ?Je ne me suis pas posĂ© la question de savoir comment ça allait ĂȘtre pris par les gens. On Ă©tait en plein Covid, il n’y avait personne dans les stades, on rĂ©cupĂ©rait des matchs
 J’ai juste fait mon boulot. AprĂšs, effectivement, c’était sur des matchs plus prestigieux, mais avec les tribunes vides, c’était difficile Ă  mesurer. Ça ne m’a pas mis plus de pression que ça.

Dans ces conditions, comment trouve-t-on son ton, son style ?Inconsciemment, tu t’inspires des gens que tu as trouvĂ© trĂšs bons comme Thierry Gilardi, GrĂ©goire (Margotton), Denis (Balbir) ou StĂ©phane (Guy). Mais je ne veux copier personne. Le style, tu le trouves avec le temps, tu t’imprĂšgnes aussi de tout ce que tu as vu et entendu. Et plus tu commentes de matchs, plus tu t’amĂ©liores. Il y aura cette tournure de phrase qui sonnera mieux, cet adjectif qui est plus pertinent, cette intonation plus jolie
 Moi, trop souvent, j’utilise le mot « important ». Ça ne veut pas dire grand-chose, et je cherche donc des Ă©quivalents pour varier et ĂȘtre plus juste.

Tu Ă©cris tes lancements ou ta premiĂšre tirade sur l’engagement ?Non, pas spĂ©cialement. En revanche, j’ai un petit gimmick que j’aime bien caser, en parlant de « l’entrĂ©e des artistes ». C’est une image sympa qui rĂ©sume bien ce qu’est le foot pour moi : c’est un art, un spectacle, les gens y viennent pour voir des artistes, pas un 0-0. Et puis ça lance le truc : dĂšs cet instant, c’est aux footballeurs de jouer.

C’est donc lĂ  qu’il faut savoir se dĂ©tacher de ses fiches ?C’est beaucoup de travail en amont, ces fiches. Elles sont bien remplies. Mais pendant le match, si j’utilise 10% de ce que j’ai marquĂ©, c’est dĂ©jĂ  bien. Ça va plus ĂȘtre une sorte de bĂ©quille. Par exemple, si le consultant me dit « j’adore tel joueur de Bruges », j’aurai forcĂ©ment une ou deux billes sur lui.

Puisque tu Ă©voques le consultant : comment arrive-t-on Ă  crĂ©er une complicitĂ© avec son binĂŽme ?Ça aussi, ça vient avec le temps. Il y en a certains avec qui ça prend direct, d’autres moins. On s’apprivoise. On parlait de lĂ©gitimitĂ© tout Ă  l’heure, mais quand tu te retrouves assis Ă  cĂŽtĂ© de personnes qui ont fait carriĂšre dans le foot, il ne faut pas passer pour un guignol. Il faut qu’il puisse voir le travail que tu as fait pour qu’il se dise : « Ok, il a fait son job. » Et quand tu prends confiance, le consultant sait ensuite qu’il va pouvoir te chambrer ou rebondir sur ce que tu dis. C’est comme ça que je me suis retrouvĂ© la derniĂšre fois Ă  mettre un tir Ă  Habib (Beye) qui parlait des grands buteurs, alors que lui ne connaissait pas trop cette sensation. (Rires.)

Rudi Garcia est quelqu’un de trĂšs intelligent, avec cette capacitĂ© d’adaptation. TrĂšs humble, finalement.

Comment ça se passe avec Rudi Garcia, la derniĂšre recrue en date ?Il est excellent. Je le connaissais en tant qu’entraĂźneur, et c’est une belle dĂ©couverte de l’avoir en tant que consultant. Il connaĂźt ce rĂŽle pour avoir dĂ©jĂ  commentĂ© auparavant, et c’est quelqu’un de trĂšs intelligent, avec cette capacitĂ© d’adaptation. TrĂšs humble, finalement.

Est-ce qu’un « pas ça ZinĂ©dine » ou un « c’est pas GijĂłn, c’est pas Valladolid », ce genre de phrases devenues lĂ©gendaires, sont un objectif dans la carriĂšre de commentateur ? Ça dĂ©pend si tu te dĂ©chires ou pas ! Mais oui, ces phrases accompagnent des Ă©motions que tout le monde vit Ă  l’instant T. MĂȘme celle avec GijĂłn, Ă  3-1 pour le PSG avant que le Barça ne rĂ©alise sa remontada, c’était un ressenti partagĂ© par tous. Je ne cours pas aprĂšs les rĂ©compenses, mais, un jour, si jamais j’arrive Ă  ĂȘtre trĂšs bon, dans un trĂšs grand match, avec une formule qui donne de l’émotion aux gens, alors oui, c’est un objectif. De toute façon, tu peux ĂȘtre le meilleur, si le terrain n’apporte rien, les commentaires ne resteront jamais. Thierry Gilardi n’a pas attendu la finale de la Coupe du monde 2006 pour ĂȘtre un immense commentateur, mais il faut que le plus grand joueur français de tous les temps commette l’irrĂ©parable pour que ces mots entrent pour toujours dans la mĂ©moire collective.

Je n’ai pas envie d’ĂȘtre polluĂ© par les avis sur Twitter de gens qui pour la plupart ne donnent pas leur nom. Si je donne du crĂ©dit Ă  ce que @Neymar968 ou @Alvaro1383 disent de moi, je n’en finis plus.

Tu regardes ce qui se dit sur Twitter ?(CatĂ©gorique) Non, non. Je ne suis pas sĂ»r qu’il y ait beaucoup de bon Ă  en retenir. DĂ©jĂ , ça a un effet de loupe. Quatre millions de gens ouvrent quotidiennement l’application et, parmi eux, seulement un infime pourcentage est actif. Donc ce qu’il s’y passe n’est en rien reprĂ©sentatif de ceux qui regardent le match sur leur tĂ©lĂ©. Et puis, je sais qu’il n’y a pas beaucoup de bienveillance sur Twitter. Je n’ai pas envie d’ĂȘtre polluĂ© par les avis de gens qui, pour la plupart, ne donnent pas leur nom. Si je donne du crĂ©dit Ă  ce que @Neymar968 ou @Alvaro1383 disent de moi, je n’en finis plus. J’essaye de faire le mieux possible pour les abonnĂ©s, pour mes patrons, pour les gens qui me font confiance, mais je ne cherche pas Ă  faire l’unanimitĂ©. On ne fait jamais l’unanimitĂ©, d’ailleurs.

N’y a-t-il pas, dans la confrĂ©rie des commentateurs, la propension Ă  vouloir faire de chaque match — notamment ceux du PSG — un moment historique ? Ne galvaude-t-on pas cette notion ?Autant, on peut parfois Ă©vĂ©nementialiserun peu trop les choses. Autant voir Messi ĂȘtre titulaire pour la premiĂšre fois avec le PSG, ça va au-delĂ  du foot. Ce gars, c’est une icĂŽne ! C’est Mick Jagger ! C’est encore plus fort que Neymar. Tu le vois quand il a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©, l’attente des gens au Bourget alors qu’il Ă©tait en slip dans sa piscine Ă  Barcelone. À Bruges, il y a des stewards qui sortaient leur tĂ©lĂ©phone pour immortaliser ce moment


Une particularitĂ© de ton parcours, c’est que tu as jouĂ© au foot jusqu’en CFA. En quoi ça peut t’aider en tant que commentateur de connaĂźtre les arcanes de ce milieu, les subtilitĂ©s du jeu et l’ambiance de vestiaire ?Je ne pense pas qu’il faille avoir Ă©tĂ© un bon joueur de foot pour ĂȘtre un bon commentateur. Ça, c’est Ă©vident. AprĂšs, sur certaines actions, quand tu as jouĂ©, tu sens peut-ĂȘtre un peu plus les choses. Je me rappelle un match d’Arsenal que j’ai commentĂ© avec Robert PirĂšs. Au tout dĂ©but d’une action, Ceballos fait ce petit pas en arriĂšre qui lui permet de recevoir le ballon avec plus de confort et donc d’avoir un temps d’avance sur son adversaire. Au bout, ça permet Ă  son Ă©quipe de marquer. J’insiste sur ce mouvement et je vois Robert acquiescer. Je sens que je suis pile lĂ  oĂč le consultant voulait que j’aille. C’est sur ces situations que ça peut aider d’avoir Ă©tĂ© footballeur.

Il y a dix ans encore, tu Ă©tais joueur de la rĂ©serve de l’AS Nancy Lorraine. Pourquoi en ĂȘtre restĂ© lĂ  ?J’ai fait mon dernier match le 1er mai 2011 (dĂ©faite 0-2 contre le PSG d’Alphonse Areola, NDLR). Je n’avais pas le niveau pour aller plus loin, c’est tout. La CFA est un moment charniĂšre : tu joues contre des hommes, qui sont prĂȘts physiquement, pour qui c’est un complĂ©ment de revenu et tous les week-ends. Moi, j’avais 19-20 ans et j’ai vu tout de suite qu’il me manquait des choses.

En parallĂšle, tu suivais dĂ©jĂ  un cursus pour devenir journaliste ?Non, j’ai arrĂȘtĂ© mes Ă©tudes pendant deux ans aprĂšs mon bac pour me consacrer pleinement au foot et c’est seulement aprĂšs que j’ai repris une licence d’histoire et de sciences politiques Ă  Paris I. À l’origine, je savais que le mĂ©tier de journaliste m’intĂ©ressait et que cette formation prĂ©parait bien aux concours.

ClĂ©ment (Grenier) et Alex (Lacazette) sont des mecs qui ont des sĂ©lections en Ă©quipe de France et qui ont jouĂ© la Ligue des champions, et tu en reviens Ă  parler du tournoi oĂč on mangeait des merguez entre les matchs.

Avant cela, puisque tu es lyonnais, il y a aussi eu un passage Ă  l’OL
J’y ai jouĂ© pendant quatre ans chez les petits. Mes parents n’étaient pas trop chauds Ă  l’idĂ©e que j’intĂšgre le centre de prĂ©formation et que je m’entraĂźne tous les jours Ă  11 ans. Donc je suis allĂ© au CASCOL Ă  Oullins. Et Ă  16 ans, Nancy est venu me chercher et je suis reparti. C’était le bon moment, et Ă  l’école, c’était hyper sĂ©rieux. C’était primordial pour mes parents, qui Ă©taient tous les deux profs.

À l’OL, tu as quand mĂȘme eu le temps d’échanger des ballons avec ClĂ©ment Grenier et Alexandre Lacazette. Ça fait quoi de les voir aujourd’hui oĂč ils sont ?C’est cool parce qu’à chaque fois qu’on a l’occasion d’échanger, mĂȘme s’ils sont dans une autre dimension, on retrouve tout de suite des rĂ©flexes de gamins. Ce sont des mecs qui ont des sĂ©lections en Ă©quipe de France et qui ont jouĂ© la Ligue des champions, et tu en reviens Ă  parler du tournoi oĂč on mangeait des merguez entre les matchs. Ce qui nous lie, c’est l’amour du foot, jouer au ballon.

Deux pros sur les cÎtés, et Paul, quatriÚme en partant de la gauche.

As-tu senti une fracture entre le monde du foot et celui des Ă©tudes supĂ©rieures ?À Nancy, il y avait un peu une ambiance de colo par moment, en dehors du programme de fou qu’on avait. On faisait tout ensemble, la Playstation, le ping-pong, le baby-foot, ça chambrait
 Donc tu es tout le temps avec tes potes pendant quatre ans. Et quand je suis arrivĂ© Ă  Paris, j’ai ressenti ce dĂ©calage. Tout d’un coup, je me retrouvais avec des gars qui lisaient les rapports de la Cour des comptes. Trois mois plus tĂŽt, je regardais quatre matchs par jour avec mes potes de l’ASNL. Je ne dis pas que c’est moins bien, mais c’est complĂštement diffĂ©rent. J’ai pris conscience que j’avais quand mĂȘme du retard, donc je me suis mis Ă  lire des journaux, des classiques de la littĂ©rature, Ă  regarder le JT tous les soirs, des films
 Tout simplement pour partager les centres d’intĂ©rĂȘt des gens qui Ă©taient avec moi. J’ai fini par trouver ma place et me faire des potes pour la vie.

À la fac, je me retrouvais avec des gars qui lisaient les rapports de la Cour des comptes. Trois mois plus tît, je regardais quatre matchs par jour avec mes potes de l’ASNL.

Laurent BonadĂ©i, ton dernier coach Ă  Nancy, te prĂ©disait pourtant dans les colonnes du Parisien une carriĂšre d’arbitre international ou de directeur sportif. Pourquoi ? Je sais trĂšs bien pourquoi : je venais de me faire opĂ©rer d’une pubalgie, qui m’a Ă©cartĂ© des terrains pendant un an. Et lors d’un match amical, il leur manquait un arbitre. BonadĂ©i me dit : « Bah tiens Paul, tu n’as qu’à prendre le sifflet ! » Normalement, quand tu fais arbitrer un joueur, il le fait en dilettante, mais moi, j’ai pris les choses hyper Ă  cƓur. Je sifflais, j’allais voir les gars, je leur parlais
 Et Ă  la fin, il me dit que j’aurais pu ĂȘtre arbitre international. Mais moi, je voulais ĂȘtre footballeur international ! (Rires.)

En commentant des matchs de Ligue des champions, vis-tu ton rĂȘve d’ĂȘtre footballeur pro par procuration ?HonnĂȘtement, non. Je ne suis pas un footballeur ratĂ© qui s’est dit un jour qu’il devait ĂȘtre journaliste pour connaĂźtre ces choses-lĂ . Je voulais ĂȘtre journaliste parce que j’aime ce mĂ©tier et j’aurais totalement pu faire des faits divers ou de la politique. Le foot a Ă©tĂ© une opportunitĂ©, je l’ai saisie.

Maintenant que tu connais l’envers du dĂ©cor du monde professionnel, est-ce qu’il est comme tu l’avais fantasmĂ© gamin ?Je ne le regarde plus avec les mĂȘmes yeux que lorsque j’avais 10 ans. On cĂŽtoie ceux qu’on aurait perçus auparavant comme des hĂ©ros, on les a en interview, c’est normal. Tu ne peux pas ĂȘtre dans une posture de groupie et demander Ă  Cristiano Ronaldo son maillot Ă  la fin du match. Il faut savoir prendre du recul et mettre une certaine distance. Mais cet Ă©merveillement revient ponctuellement, quand tu entends l’hymne de la Ligue des champions, par exemple.

Propos recueillis par Mathieu Rollinger

Photos : Canal+ et collection personnelle de Paul Tchoukriel.

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