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Longoria-Benatia-De Zerbi : un trio, trop d’incohérences
Quelques jours après que Medhi Benatia a laissé planer le doute sur son avenir à l’OM, Roberto De Zerbi a lié le sien à celui de son directeur du football. Une énième manière de se compliquer la vie pour la direction olympienne, comme trop souvent depuis le début du trio avec Pablo Longoria.

« C’est lui qui m’a amené ici, moi je suis fidèle et correct. Et donc je le dis clairement, le jour où Benatia s’en ira, je partirai aussi. » À la veille du seizième de finale de Coupe de France contre Bayeux, Roberto De Zerbi n’a pas hésité à jeter un peu d’essence sur le feu allumé par Medhi Benatia au Koweït, quelques jours plus tôt. Le dur revers face au PSG même pas encore digéré, le patron du sportif phocéen laissait entendre depuis les coulisses du stade Jaber Al-Ahmad qu’il pourrait quitter le club dans un futur proche. Un nouveau départ d’incendie pas vraiment nécessaire, alors que comme (trop) souvent, l’OM frise déjà la crise de nerfs après son non-match contre Nantes et ce scénario cruel face au rival honni parisien.
Allumez le feu
Depuis l’été 2024 et la mise en place du triumvirat Longoria-Benatia-De Zerbi avec l’arrivée sur le banc de l’Italien (Benatia occupant alors le poste de conseiller sportif, avant de devenir directeur du football en janvier 2025), le trio s’est plusieurs fois mis tout seul dans la difficulté par ses choix ou ses déclarations. « Dans pas longtemps, vous verrez qu’il y aura d’autres personnes à notre place et il faudra encore leur laisser du temps pour travailler parce qu’à Marseille, tu n’as jamais le temps. C’est tout le temps dans l’adversité, la critique et tout ça. C’est la vérité. Je ne me projette sur rien du tout, je regarde demain », lâchait ainsi l’ancien défenseur central jeudi soir. Une petite bombe à même de remettre en cause la fameuse stabilité prônée à cor et à cri depuis des mois ?

Quatre jours plus tard, c’était donc à son technicien de tenter tant bien que mal d’apaiser les choses. « Je ne pense pas qu’il parlait du fait de partir ou pas, il faut lui demander personnellement, assurait-il en conférence de presse. Moi, je suis arrivé ici grâce à Benatia et Pablo Longoria, si l’un des deux n’est plus présent, vu qu’ils m’ont emmené ici… Le jour où Benatia s’en va, je m’en vais aussi. Et ce n’est pas car je ne peux pas travailler sans lui, j’ai déjà travaillé sans lui. Mais c’est pour être correct. » Circulez, il n’y a (a priori) rien à voir. Mais alors, pourquoi accumuler les sorties du genre devant les journalistes au risque de mettre le feu aux poudres, alors que rien ne le justifie sur le plan sportif ?
Faites ce que je dis, pas ce que je fais
Depuis des mois, les trois hommes aux manettes réclament à la moindre occasion temps, rationalité et stabilité, dans un club pas vraiment connu pour son calme. Jusque-là, rien de vraiment étonnant si les actes ne venaient pas contredire les paroles. Depuis l’arrivée de Pablo Longoria sur la Canebière, chaque mercato est l’occasion de bouleverser complètement l’effectif, de manière plus ou moins réfléchie (quand ce n’est pas dans la précipitation la plus totale après une improbable affaire interne lors de la première journée de championnat). Et quand de (rares) minots parviennent à se frayer un chemin jusqu’à l’équipe première, accompagnés par des appels répétés à la patience de leur coach, il faut s’empresser de les vendre à la première opportunité venue. C’est donc malgré un contrat courant encore sur plus de deux ans que Robinio Vaz pourrait prendre le chemin de l’Italie, et ce, malgré de belles promesses tout au long de l’automne. Rendez-vous donc l’été prochain pour une énième quête d’un buteur à la hauteur d’un projet parfois difficile à lire.

Cette faculté à tout remettre en question au moindre remous pourrait finir par lasser des supporters ne sachant plus trop à quel saint se vouer. Pour l’heure, tout va bien au Vélodrome, plein comme un œuf chaque week-end pour pousser derrière une équipe qui réalise une saison loin d’être infamante. Sur le podium en Ligue 1, en passe de se qualifier pour les barrages en Ligue des champions, ambitieux en Coupe de France, invaincu sur deux fois 90 minutes contre le PSG… cet OM, qui a vu son entraîneur rester en poste une deuxième saison pour la première fois depuis Jorge Sampaoli ne se porte pas si mal. Alors pourquoi prendre le risque de déclencher une nouvelle crise depuis l’intérieur après un simple match raté (certes dans les grandes largeurs) contre Nantes et une grosse déception à l’issue d’une prestation – encore une fois – à la hauteur face au PSG ? Attention à ce que cela ne finisse pas par lasser…
Roberto De Zerbi lie son destin à celui de Medhi BenatiaPar Tom Binet





















































