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OM : pour un sursis d’orgueil

Trop loin des clous du fair-play financier de l’UEFA, l’avenir de l’OM était en suspens ces trois dernières semaines, avant que l’organe du football européen ne rende son verdict, ce mercredi. Si le club olympien pourra bien disputer la Ligue Europa cette saison, il devra endiguer ses pertes d’ici un an et écope tout de même d'une amende de 10 millions d’euros.
Ça a été chaud, très chaud, mais le Vélodrome verra bien une Coupe d’Europe la saison prochaine. Pas celle espérée en début d’une saison mais sa petite sœur bariolée d’orange. Les Marseillais ont serré les fesses pour arracher la cinquième place du championnat lors de la dernière journée face à Rennes, et ces efforts ne resteront pas vains. Parce que cette Ligue Europa aurait pu leur filer sous le nez. En cause : les finances du club dans le rouge et le non-respect de « l’accord de règlement » signé en 2022 avec l’UEFA, qui engageait l’OM à rentrer dans les clous du fair-play financier.
L’OM se retrouve pris en étau : d’un côté une masse salariale qui explose, de l’autre des recettes en chute libre, non-qualification en Ligue des champions et crise des droits télé en prime.
L’économiste du sport Christophe Lepetit résume le problème : « Le club a dépassé le déficit maximum de 60 millions autorisé par l’UEFA, et a aussi affiché un ratio de masse salariale supérieur à 70% du chiffre d’affaires, deux lignes rouges franchies d’un coup. » Mais c’est un « ouffff » de soulagement qu’on a poussé à la Commanderie ce mercredi soir. L’UEFA et l’ICFC, la première chambre de l’organe de contrôle financier des clubs, ont été cléments, opposant au club une amende de dix patates et une pige pour endiguer ses pertes. Rien de plus. En revanche, du côté de la Bonne-Mère, si on ne respecte pas cet accord, il faudra dire bye-bye à la Coupe d’Europe lors de la saison 2027-2028.
Une non-qualification fatale
La bonne nouvelle, elle est là, mais elle ne fait pas long feu. Parce que le 23 juin prochain, l’OM passera devant la DNCG, le gendarme financier du foot français. Le club olympien a réussi à décaler son passage pour tenter de générer des revenus avant son audience et limiter la casse. Les pertes du club dépasseraient les 100 millions d’euros d’après le dernier rapport de l’instance. « La masse salariale des joueurs est bien trop lourde par rapport aux revenus du club, détaille Christophe Lepetit. L’OM se retrouve pris en étau : d’un côté une masse salariale qui explose, de l’autre des recettes en chute libre, non-qualification en Ligue des champions et crise des droits télé en prime. »
Parce qu’avec les problèmes télévisuels que subit le football français ces dernières années, qui était d’ailleurs « l’argument numéro un du club pour expliquer ses pertes » d’après Christophe Lepetit, la qualif pour la plus belle des compétitions européennes était vitale pour les clubs de l’Hexagone. Et ça, le duo Benatia-Longoria l’avait bien compris. C’est pour cela que cette saison, les désormais ex-dirigeants de l’OM ont fait all-in en appliquant une politique financière risquée, misant gros sur ceux sur qui reposait l’avenir économique du club, c’est-à-dire les joueurs. Sauf que l’argent ne marque pas de but et le club de la cité phocéenne en a eu la confirmation. Roberto De Zerbi, puis Habib Beye n’ont pas su tenir la barre d’un bateau qui a tangué toute la saison, obligeant le club à tout revoir pour la saison prochaine.
Richard-Lorenzi pour redresser les comptes
269, c’est le nombre de mouvements réalisés par Pablo Longoria durant son passage de cinq piges à l’OM. Cette politique tous azimuts devrait logiquement prendre fin avec la nouvelle direction débarquée à Marseille cet été. Exit Longoria, exit Benatia et exit Beye, Marseille repart encore une fois de zéro. L’avenir du club est désormais entre les mains de Stéphane Richard, ancien PDG d’Orange, recruté non pas pour ses connaissances du ballon rond mais pour ses talents de gestionnaire, et de Grégory Lorenzi, qui a réalisé des miracles à Brest en emmenant le club en Ligue des champions avec les faibles moyens du bord breton, en attendant un coach. Leur mission principale : remettre les comptes à flot, et ce dès ce mercato. Christophe Lepetit est clair là-dessus : « Avec ces changements, Frank McCourt montre sa volonté de restructurer le club et surtout son modèle économique. »

Pour y arriver, le grand ménage s’impose. « On aura probablement un non-renouvellement des joueurs qui sont en fin de contrat, une politique de transfert qui visera à faire sortir un grand nombre de joueurs, idéalement en les transférant ou sinon en mettant fin à des contrats par la négociation », poursuit l’économiste. Les premières sorties ne devraient pas tarder, à commencer par Mason Greenwood, sans grand suspense, qui affole l’AS Roma et pourrait renflouer les caisses d’un club qui compte désormais le moindre peso. Dans le sens des arrivées, Lorenzi va devoir se montrer créatif pour recruter malin, loin des largesses des années précédentes. L’équation est simple, mais l’enjeu est immense : bâtir une équipe capable d’aller chercher une qualification en Ligue des champions obligatoire la saison prochaine, sans pouvoir sortir le chéquier à foison, car McCourt l’a déjà fait savoir : c’est fini les compensations à tout-va !
Ligue Europa : l’OM échappe à l’exclusion mais est sévèrement mis en garde par l’UEFAEvan MARGERIN

















































