- France
- Olympique de Marseille
OM : la machine à laver les espoirs

Chaque saison, c’est la même rengaine du côté de Marseille : un renouvellement complet de l’effectif, puis des joueurs qui finissent la saison lessivés. L’OM ne trouve toujours pas le bon programme pour revenir sur le devant de la scène et apparaît comme une véritable machine à laver.
Dimanche 26 avril 2026, 31e journée de Ligue 1, Marseille-Nice. Gerónimo Rulli vient de manger une panenka signée Elye Wahi, le paria du Vél, et la Ligue des champions s’éloigne un peu plus pour l’OM dans une saison cauchemar. Le gardien argentin dépose les armes face à la presse : « Une saison à Marseille, c’est trois ou quatre dans une autre équipe, c’est comme ça. Mais cette saison, c’est peut-être cinq », glissait-il après ce nul arraché dans les dernières secondes par des Aiglons prêts à courir après le moindre point pour assurer leur maintien. Des déclas comme celle-ci, on en compte par dizaines sur la Canebière : preuve d’une pression qui use tous ceux qui enfilent le maillot blanc et bleu, et qui en ressortent proprement rincés. Bref, la machine à laver marseillaise tourne à plein régime et ce depuis des années.
Redorer le blason à chaque saison
Pourtant, en octobre 2016, quand Frank McCourt pose ses valises à Marseille avec son fameux « Champions Project », l’idée est simple : redonner des couleurs à un club au bord du dépôt de bilan sous la mandature de Margarita Louis-Dreyfus. Il installe Jacques-Henri Eyraud aux commandes, qui repartira sans le moindre titre dans les bagages (mais avec pas mal de tisanes distribuées). Place ensuite à Pablo Longoria, arrivé en février 2021, qui prend l’habitude de renouveler l’effectif à chaque mercato : 259 mouvements entre 2021 et début 2026, excusez du peu. Un groupe retourné dans tous les sens chaque été, histoire de faire partir les fatigués et de faire entrer des joueurs tout neufs, tout propres, capables d’encaisser la pression phocéenne et les attentes placées en eux sans plier. Des joueurs « avec des couilles » comme dirait Roberto De Zerbi.

Résultat : en août, quand les maillots sentent encore la fleur de lys et que les nouveaux visages foulent la pelouse, l’espoir d’un titre re-pointe le bout du nez Boulevard Michelet. Les chiffres donnent d’ailleurs raison aux optimistes, souvent décriés : 10,8 points de moyenne sur les cinq premiers matchs, ces cinq dernières saisons. Sauf qu’à Marseille, il y a toujours la petite pièce qui traîne au fond du jean pour faire dysfonctionner la machine à laver.
Ça tourne en boucle
Qu’elle paraît loin, cette frappe de Brandão entre les jambes de Lloris, un soir d’avril 2012 en finale de la Coupe de la Ligue face à l’Olympique lyonnais. Quatorze piges sans le moindre trophée. Marseille attend toujours son prochain rassemblement sur le Quai du Port, face à la mairie. Alors dès qu’une série de défaites s’invite au moment où tout roulait, le fameux « contexte olympien » retourne tout le monde dans tous les sens. L’an dernier, la série Lorient – Real Madrid (malgré la défaite) – PSG – Strasbourg – Metz – Le Havre laissait pourtant présager que du bon. Mais celle qui a suivi (Bruges – Paris FC – PSG – Strasbourg – Brest) a fini par avoir la veste de Roberto De Zerbi et a plombé l’ambiance du vestiaire.
Mentalement, plus grand monde n’y était, à en juger par ces buts encaissés dans les derniers instants (11 sur le dernier quart d’heure la saison passée), symptômes d’une équipe à la mécanique fragile. Bref, l’intérêt général s’est évaporé, et la saison dernière restera l’illustration parfaite de tout ce qui s’est joué depuis l’arrivée de l’Américain aux manettes de l’OM, en payant une nouvelle fois une instabilité qui tourne en boucle.
Genesio et Lorenzi : pour une goutte d’adoucissant
Greenwood, Aubameyang, Traoré, Pavard : déjà partis. Rulli, Balerdi, Medina, Højbjerg, De Lange… probablement sur le départ. La saison 2025-2026 est passée par là comme un rouleau compresseur dans les rangs marseillais, et il n’en reste quasiment plus rien. Le trio Longoria-Benatia-De Zerbi (puis Habib Beye en fin de saison) a, lui aussi, quitté le navire. Derrière lui, un club couvert de terre, qui n’attend plus qu’un bon renouvellement signé Genesio-Lorenzi.

D’abord sur le plan financier, l’OM (qualifié en Ligue Europa) se retrouvant quasiment revenu à la case départ après une politique de gros salaires distribués à tout-va pour s’offrir une deuxième saison en Ligue des champions. Une stratégie qui n’aura pas franchement fonctionné. Ensuite sur le plan sportif, où « Pep » va devoir remettre tout le monde à l’endroit et bricoler un effectif moins tape-à-l’œil que les précédents, sans recrue pour le moment, mais avec bien plus à prouver. Lors d’une interview accordée à L’Équipe, le nouveau directeur sportif du club, Grégory Lorenzi, est d’ailleurs revenu sur le nouveau visage du club phocéen pour la saison à venir : « Il va falloir être un petit peu plus inventif dans le recrutement. Je privilégie le collectif. Il va falloir réussir à aller chercher des joueurs capables de créer une connexion, une identité. Des joueurs qui vont se battre sur le terrain, et auxquels les supporters vont pouvoir s’identifier, en incluant aussi le centre de formation, avec quelques jeunes qui émergent pour les développer et éventuellement avoir des retours sur investissement à plus long terme. »
Les attentes autour du club, elles non plus, ne seront plus les mêmes. À Marseille, tout le monde a compris qu’on repart pour un cycle, sauf que celui-ci est vital pour sa survie. Alors avec juste ce qu’il faut d’adoucissant versé dans la lessive, qui sait si l’OM ne s’apprête pas à sortir du tambour pour une belle petite surprise cette saison ?
L'OM retrouve le succès à domicilePaar Evan Margerin
























































