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Wahi always him

Par François Linden
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Wahi always him

Auteur d’une panenka en fin de match pour permettre à Nice d’arracher un point, Elye Wahi a pris une (petite) revanche face à l’Olympique de Marseille ce dimanche. Dans une ambiance volcanique et face à ses anciens collègues, l’ancien flop des Phocéens a fait preuve d’un mental d’acier pour ne pas perdre ses nerfs.

Les meilleures revanches sont sans conteste celles qui semblent écrites à l’avance. Pour ses premières retrouvailles avec l’Olympique de Marseille depuis son départ du club en janvier 2025, Elye Wahi savait qu’il n’aurait pas droit à de grandes fleurs et à des banderoles «  Merci pour tout ». Face aux aboiements constants du Vélodrome, l’ancien flop a serré les dents jusqu’au bout pour mordre au meilleur des moments. Après 87 minutes de sifflets et de bizutage made in Argentina de la part de ses anciens coéquipiers, le Franco-Ivoirien a eu les « couilles » – ce mot qui semble si important dans les couloirs de la Commanderie… – de se présenter aux onze mètres pour un penalty face à Geronimo Rulli. La suite sonne presque comme une évidence, alors qu’elle ne l’est pas quand on doit gérer une telle pression : une panenka zidanesque qui permet à Nice d’arracher un point chez son voisin (1-1). Pas besoin d’exagérer sa célébration, Wahi a répondu dans les règles de cet art si raffiné qu’est le chambrage dans le football.

Medina, Balerdi et Rulli en mission

Réputé pour son caractère difficile, Elye Wahi aurait très bien pu complètement sortir de son match ce dimanche. C’était en tout cas le plan concocté par ces enfants de chœur que sont Facundo Medina et Leonardo Balerdi. Tout au long de la partie, les deux compères argentins lui ont réservé un traitement tout à fait particulier, ne manquant jamais de venir lui susurrer quelques mots doux à l’oreille. Geronimo Rulli ne s’est pas non plus privé d’en rajouter une couche en venant chambrer l’attaquant de 23 ans après avoir sauvé sa tentative à bout portant à la 69e minute.

On a dû le calmer de temps en temps, car il a le sang chaud. Et avec Facundo et Leo sur lui, forcément, ça n’a pas aidé.

Jonathan Clauss

« C’était très dur, il avait des clients sur lui, il était préparé à ça, expliquait Jonathan Clauss – un autre ex de l’OM, tiens tiens –, à l’origine du fameux péno décisif. On a dû le calmer de temps en temps, car il a le sang chaud. Et avec Facundo et Leo sur lui, forcément, ça n’a pas aidé. Son carton jaune, il fallait s’y attendre, on ne peut pas subir pendant 90 minutes. Je lui ai dit à la mi-temps de garder son sang-froid, de rester calme et qu’il en aurait une, et c’est ce qui est arrivé. La panenka est parfaite. Il a fait le geste juste, comme très souvent en ce moment. »

Peu en tout cas auraient pu prédire que l’arrivée d’Elye Wahi au Gym se transforme en une telle réussite. Après ses échecs consécutifs à Lens, Marseille et Francfort, le voir atterrir dans un tel bourbier sportif semblaie être la dernière case de la check-list de la déception type du football français. Mais en à peine six mois, c’est un véritable effet Wahi qui s’est produit : un statut de leader de l’attaque, sept buts et deux passes décisives en quinze matchs, dont ce doublé face à Strasbourg en demi-finales de Coupe de France pour qualifier les Niçois.

Une résurrection, surtout quand on sait qu’il n’avait planté qu’un pauvre pion en 25 matchs lors de son Erasmus en Allemagne. « Il a besoin qu’on l’aime, tout simplement », avait expliqué Claude Puel, qui sait bien ce que c’est de relancer un enfant prodige pour l’avoir déjà fait avec Hatem Ben Arfa par le passé. «  Bien qu’on soit dans la difficulté, il a trouvé à Nice un cadre pour s’exprimer. » Les Aiglons rêvent d’ailleurs de prolonger d’une saison l’idylle avec le Courcouronnais, lui qui pourrait peut-être aspirer à un peu de stabilité après un début de carrière aussi mouvementé.

L’OM face à ses démons

Pour Marseille, en revanche, c’est un clou de plus dans le cercueil de cette saison aux allures tragicomiques. Au-delà même de la perte de ces deux points qui éloignent peut-être définitivement la petite musique de la Ligue des champions de la Canebière, les Olympiens sont renvoyés une nouvelle fois à leur incapacité chronique à bien gérer les talents qui passent un jour le portail de la Commanderie. L’aventure de Wahi à l’OM n’était finalement qu’un vulgaire copier-coller, l’histoire de l’attaquant qui arrive avec l’étiquette du petit prodige, sifflé dès sa première au Vel après un match compliqué et qui fait ses valises à peine six mois après les avoir posées. Marseille est une broyeuse qui préfère miser sur des CDD ridiculement courts pour juger de quel bois sont faites leurs jeunes pousses. Certaines sont peut-être effectivement des fraudes ; d’autres ont peut-être juste besoin de temps pour mûrir et trouver leurs marques. La revanche est un plat qui se mange froid, paraît-il. À Marseille, il semblerait qu’elle ait le goût d’une salade niçoise ce dimanche.

Nice déterminé à contrecarrer les plans de l’OM ?

Par François Linden

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