ACTU MERCATO
Lacroix, un mauvais sort à conjurer à Chelsea

Après deux saisons passées à Crystal Palace, Maxence Lacroix plie bagage pour filer chez le voisin londonien : Chelsea. Le défenseur tricolore a une mission bien précise en arrivant chez les Blues : conjurer le mauvais sort qui s’y acharne sur les centraux français depuis 2022.
Harry Potter, Merlin, Gandalf ou Circé, on ne sait pas trop qui a lancé la malédiction mais ce qui est sûr, c’est que les défenseurs centraux français qui ont débarqué à Chelsea ces dernières années n’ont clairement pas laissé un souvenir impérissable, bien que toujours dans l’effectif à ce jour. Wesley Fofana, Benoît Badiashile et Axel Disasi n’ont jamais vraiment réussi à s’installer chez le champion d’Europe 2021. Heureusement, Maxence Lacroix, lui, arrive dans un contexte bien différent, et a toutes les cartes en main pour conjurer le mauvais sort.
À l’état solide
Après un Mondial américain où il a grillé la politesse à Ibrahima Konaté dans la hiérarchie des centraux tricolores, après avoir ramassé une Ligue Conférence, Maxence Lacroix sort d’une saison énorme qui l’a fait passer dans une autre dimension, notamment après sa première sélection chez les Bleus contre le Brésil en mars dernier. À 26 piges, il doit débarquer à Chelsea en pleine bourre, contre un beau chèque de 60 millions d’euros et après deux exercices convaincants en Premier League sous les couleurs de Crystal Palace. Le douzième défenseur à avoir gagné le plus de duels en PL la saison dernière (197 d’après Statmuse) sait où il met les pieds.

Ce n’est pas Wesley Fofana, arrivé à 21 ans à Chelsea dans le cadre d’un transfert délirant estimé à plus de 82 millions d’euros. La pression des millions et surtout son physique délicat ne lui ont pas permis de s’imposer chez les Blues. En quatre ans, il n’a disputé que 72 matchs, plombé par une blessure aux ischios en 2025 et la fameuse rupture du ligament croisé en 2023, qui l’a privé de 319 jours de compétition.
Tous les deux passés par Monaco avant de rejoindre l’ouest londonien, Benoît Badiashile (arrivé à l’hiver 2023 pour 38 millions d’euros) et Axel Disasi (débarqué à l’été 2023 pour 45 millions d’euros) ont vécu des galères similaires à leur compatriote : un mal fou à se faire une place dans le onze de Chelsea, malgré les grosses sommes lâchées pour les faire traverser la Manche. À vue de nez, les deux anciens Monégasques ont souffert d’un manque flagrant d’expérience à haut niveau après avoir seulement connu la Ligue 1 (71 matchs joués pour le premier, 61 pour le second, avec des prêts à Aston Villa et à West Ham au passage).
Aux bons souvenirs de Lebœuf, Desailly et Gallas
Autre point qui a son importance : Lacroix débarque dans un effectif « resserré » à 38 joueurs sous contrat pro, avec pour concurrence directe à son poste les trois clients cités plus haut (dont un voire plus devrait sans doute plier bagage), en plus de Mamadou Sarr, Tosin Adarabioyo et Levi Colwill. Ajoutez à cela l’arrivée d’un nouveau coach en la personne de Xabi Alonso, et voilà toutes les cartes rebattues du côté de Cobham pour cette nouvelle saison. C’est un peu plus confortable qu’une arrivée dans un vestiaire où tout le monde n’a pas de place et où le projet autour de l’entraîneur semble plus flou que jamais.

Chelsea n’a pas toujours été un terrain empoisonné pour les défenseurs centraux français. Au début du siècle, la tradition tricolore à ce poste était appréciée du côté de Stamford Bridge. Frank Lebœuf avait été le premier frenchie à s’imposer dans l’arrière-garde londonienne (204 matchs) avant de devenir célèbre comme vendeur de voiture sur Youtube. Il avait été rejoint par « The Rock » Marcel Desailly (non, pas Dwayne Johnson), capitaine en 2001-2002 après avoir pris ses aises et au moment de voir débarquer un autre Français, William Gallas, qui aura laissé quelques bons souvenirs entre 2001 et 2006 avant d’aller voir ailleurs, c’est-à-dire à Arsenal. Lacroix pourrait s’inspirer de ces glorieux anciens plutôt que des derniers déceptions. C’est ce qu’il faudra pour retrouver les Bleus, où il pourrait avoir un coup à jouer en l’absence de William Saliba ces prochains mois. Il sait ce qu’il lui reste à faire et à ne pas faire.
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