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En Espagne, quatre gardiens pour une lune de miel

Unai Simón, David Raya, Álex Remiro et Joan García : tant de remarquables gardiens sélectionnés par Luis de la Fuente à moins de trois mois de la Coupe du monde. Mais dans le football, une équipe ne peut aligner qu’un seul portier. Une règle que le technicien espagnol aimerait sans doute abroger au vu du casting prévu pour choper le premier rôle.
Dans Le Cid, Pierre Corneille pose la question du sens d’un choix, soulignant la place prépondérante de l’opposition entre la passion et la raison dans celui-ci. Voilà une pièce de théâtre que Luis de la Fuente doit sans doute avoir dans sa poche, prêt à s’inspirer des tirades de Rodrigue ou du Comte dans les prochaines semaines pour désigner son gardien titulaire ainsi que la hiérarchie attribuée au poste. Si dans tous les cas, le dernier rempart espagnol sera bien solide, reste à savoir qui de Joan García, Unai Simón, David Raya ou Álex Remiro l’incarnera.
Joan García, l’impétuosité du petit nouveau
L’acteur du moment, c’est Joan García, qui honore sa première convocation avec la Roja. Pas de gueule marquante ni de fioritures, juste un Catalan qui a franchi les étapes de l’Espanyol au grand Barça. Le portier de 24 ans défraie la chronique un peu plus de six mois après son arrivée chez les Blaugrana, déjà perçu comme le successeur de la légende Víctor Valdés. Les Culés ne sont pas les seuls à lui tresser des lauriers : même Álex Remiro, son concurrent direct, s’y met sans pour autant lui faire de fleur : « S’il dit que je suis un chat, il doit être une panthère ou quelque chose de bien meilleur, c’est incroyable. [….] Il se voit à la Coupe du monde, et moi aussi. » Plus gratifiant encore, et embarrassant pour le sélectionneur des champions d’Europe 2024, c’est même Unai Simón – titulaire dans les derniers tournois – qui s’est chargé de peaufiner sa couronne : « Thibaut Courtois est un gardien qui évolue constamment à un très haut niveau, et Joan García est celui qui s’en rapproche le plus, tant par son niveau de jeu que par le nombre de points qu’il engrange. […] Mon top 3 mondial est composé de Courtois, Joan García et (David) Raya »
🇪🇸 Unai Simón se moja en @partidazocope 🔝 "Joan García es el portero que más se acerca a @thibautcourtois en @LaLiga" 📻 #PartidazoCOPE pic.twitter.com/rBbztFN0xH
— El Partidazo de COPE (@partidazocope) March 24, 2026
La nouvelle coqueluche du Barça pourrait bien connaître son premier grand rôle et bousculer une hiérarchie bien ancrée depuis 2021 face à la Serbie ce vendredi soir. Et selon les personnes qui ont côtoyé le bonhomme, cette hypothétique mise en lumière sur la scène internationale ne serait qu’une mise en bouche au vu des tours que la muraille barcelonaise garde dans son sac : « On n’a vu qu’une infime partie de cet immense iceberg, raconte avec des étoiles dans les yeux Jesús Salvador, ex-entraîneur des gardiens du RCD Espanyol aujourd’hui en charge de ceux de la Serbie. Pour moi, Joan est actuellement le numéro un. » Si l’idée de voir Joan García faire ses premiers pas avec la sélection espagnole n’est pas délirante, des facteurs comme l’expérience et l’influence au sein du vestiaire ne sont pas à négliger : le natif de Sallent reste à 24 ans le plus jeune des quatre candidats.
Des prétendants d’expérience en coulisse
Unai Simón et David Raya ne devraient, a priori, pas s’en faire pour leur présence en Amérique l’été prochain. Mais les deux compères, respectivement âgés de 28 et 30 ans, pourraient toutefois voir leur place quelque peu bousculée dans la hiérarchie de Luis de la Fuente. Lancé par Luis Enrique pendant l’Euro en 2021 aux dépens de David de Gea, Simon s’est affirmé comme une solution fiable pour l’Espagne sans décevoir non plus du côté de l’Athletic Club de Bilbao, dont il défend la tunique chez les pros depuis 2018. Pour Raya, le parcours a été plus sinueux, mais pas moins louable pour tout sélectionneur recherchant force de caractère et capacité de résilience chez son gardien numéro un. Et pour preuve, le type a connu plusieurs rôles en Angleterre avant de s’imposer à Arsenal en 2024, qui caracole désormais en tête de Premier League tout en officiant comme l’un des favoris pour s’adjuger la Ligue des champions 2026. Avec Joan García, voici autant de profils de titulaires idéaux pour des raisons différentes qui alimentent le dilemme de Louis de la Fontaine.

Si le noyau Simon-Raya semble intouchable, Álex Remiro devra batailler d’autant plus pour répondre à la fougue de Joan García. Un défi dont le gardien de la Real Sociedad mesure la teneur : « Si je ne suis pas sélectionné, je ne m’en ferai pas, car je fais tout mon possible pour y aller. Quoi qu’il arrive, l’Espagne aura trois excellents gardiens. » Appelé pour la première fois avec l’Espagne en 2023 pour succéder à Kepa Arrizabalaga, Remiro a complètement effacé l’ancien gardien de Chelsea des radars de l’équipe nationale à la place de numéro 3. Le portier de 31 ans n’est pas taillé pour titiller Unai Simón, mais il a l’expérience de cette hiérarchie. La voilà peut-être, la carte à jouer pour le finaliste de la prochaine Coupe du Roi : et ce n’est toujours pas pour aider Luis de la Fuente qu’on dit ça.
Luis de la Fuente dithyrambique sur ses jeunes prodigesPar Suzanne Wanègue















































