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L’Inter jusqu’à la mort

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L’Inter jusqu’à la mort

Le Milan AC vient de se prendre la rage de sa saison. A la 91ème minute du match entre Cesena et l'Inter, les rossoneri étaient virtuellement champions d'Italie. Mais l'Inter n'abdique jamais. Encore moins le jour de son enterrement annoncé.

Cesena-Inter-1-2. Buts : Budan 56′, Pazzini 91′ et 94
Dingue. Folle. Cinglée. Incroyable. Démente. Merveilleuse. Cette Inter-là est inqualifiable. Non, l’équipe de Leonardo n’est plus le rouleau-compresseur construit par Mourinho l’an passé. Mais quel courage. Quel cœur. Quelle abnégation. À Cesena, les Interistes n’avaient pas le choix : gagner, ou offrir la possibilité à l’ennemi milanais d’aller remporter le Scudetto, demain après-midi. Or, à la 91ème minute, le peuple nerazzurro avait fini par se résigner. Ils allaient abandonner leur couronne de champion d’Italie au stade Manuzzi de Cesena. La fin d’un magnifique cycle de cinq Scudetti consécutifs, dont quatre sur le terrain. Pourtant, des folies, les tifosi de l’Inter en avaient déjà vécu un paquet cette saison. Le but de Pandev contre le Bayern Muncih à la dernière minute, la victoire contre Palerme (de 0-2 à 3-2) ou encore celle contre la Lazio la semaine dernière (de 0-1 à 2-1 avec un homme en moins). Mais cette fois-ci, non. C’était impossible. Le petit promu Cesena avait dominé toute la rencontre, inscrit un magnifique but par Budan, et était en train d’entrevoir sérieusement le maintien. Les joueurs du Milan AC avaient déjà débouché le champagne. Tout était prêt. Tout était écrit. Et puis, Pazzini. Encore Pazzini.
L’ancien buteur de la Sampdoria, entré à l’heure de jeu, gâche la fête annoncée. À la 91ème minute, Eto’o dépose une feuille morte dans la surface de réparation, « il Pazzo » se jette, frappe le ballon de volée, de l’extérieur du pied. Il est comme en lévitation. Le cuir gonfle les filets. 1-1. Leonardo se relève d’un bond. Poings serrés, il harangue les siens. Tout le monde se met à y croire. Le stade ne chante plus. On n’entend plus que les supporters de l’Inter. 94ème minute. Un dernier assaut. Milito défend un bon ballon et le redonne à Maicon. Le Brésilien enroule un centre parfait. Pazzini est encore là. Il lévite toujours. De la tête, il reprend victorieusement l’invitation de son coéquipier et fait exploser le secteur occupé par les tifosi interistes. Deux éclairs pour y croire encore. Deux éclairs pour crier haut et fort : « non, nous ne sommes pas morts ». L’Inter s’impose 2-1 en renversant une situation invraisemblable et revient à 5 points du leader milanais. Probablement que ce succès fou ne servira qu’à repousser le sacre du Milan AC d’une semaine. Oui. Mais peu importe. L’Inter veut être vaillante jusqu’au bout, pour n’avoir aucun regret, et pour assister au passage de pouvoir la tête haute. Au moins aussi haute que celle de Pazzini, ce soir, à Cesena.

Naples tout proche de la C1
Naples non plus, ne lâche rien. Les Napolitains, qui restaient sur deux défaites consécutives (face à l’Udinese et Palerme, ndlr) sont parvenus à venir à bout d’un valeureux Genoa (1-0). Pas vraiment brillants, les joueurs de Mazzarri s’en sont remis, comme souvent, à un coup de génie. Une fois n’est pas coutume, Cavani n’a pas scoré. Cette fois-ci, c’est Marek Hamsik qui sauve les siens, à 10 minutes du coup de sifflet final. Une superbe frappe à l’entrée de la surface, histoire de réajuster dignement sa crête. Un résultat juste si l’on en croit la physionomie du match : le Napoli a dominé, le Genoa a attendu. Mais à force d’attendre, on s’endort. Le but du Slovaque a eu le mérite de réveiller les Génois, mais le réveil est trop tardif. Floro Flores a bien failli geler le stadio San Paolo dans les arrêts de jeu. Mais n’est pas Pazzini qui veut. Naples s’impose 1-0 et fait un pas de géant vers la qualification directe à la Ligue des Champions. Les fous de Mazzarri ont désormais 8 points d’avance sur la Lazio, 4ème, et 9 sur l’Udinese, 5ème. Ils pourraient même assister à la qualification mathématique devant leur téléviseur : si demain, l’Udinese s’incline face à la Fiorentina, et que lundi, la Juventus bat la Lazio, les Napolitains poinçonneront leur ticket pour la C1. Un rêve attendu depuis plus de 20 ans. Maradona a de quoi écraser une petite larme.
Par Eric Maggiori

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