- C1
- Finale
- PSG-Arsenal (1-1, 4-3 TAB)
Tout le monde aime Marquinhos

Marquinhos n'est pas seulement le capitaine à avoir soulevé la Ligue des champions pour la deuxième fois avec le PSG, il est aussi celui qui a préféré consoler son compatriote brésilien Gabriel avant de basculer dans l'euphorie. Comment ne pas aimer ce type ?
La scène donnerait envie de verser une larme ou deux : Gabriel seul au monde, au milieu des joueurs parisiens courant vers une nouvelle gloire européenne après avoir vu le Brésilien envoyer son tir au but au-dessus, jusqu’à l’arrivée de Marquinhos. Le capitaine du PSG n’est pas encore dans la même euphorie incontrôlable que ses coéquipiers. Il est champion d’Europe pour la deuxième fois d’affilée, mais il remet la folie à plus tard et s’arrête pour faire un gros câlin au héros malheureux d’Arsenal.
Un peu de douceur.pic.twitter.com/bmQESAOmbT
— SO FOOT (@sofoot) May 30, 2026
Les deux hommes ont les visages collés, ils se glissent des mots qui n’appartiennent qu’à eux, dans un moment d’affection de 20 petites secondes. Ce ne sont pas des étrangers, les compatriotes adversaires d’un soir se connaissent bien, ils ont joué 16 matchs ensemble avec le Brésil et ils seront dans le même camp dans quelques jours pour préparer la Coupe du monde. Quand il faudra se retrouver la semaine prochaine, l’un avec son bonheur et l’autre avec sa peine, ils se souviendront de cette image qui résume ce que peut être le foot et ce qu’est Marquinhos : un vrai chic type.
Gabriel bon clivant, Marquinhos bon client
L’année dernière, les larmes du capitaine parisien sur la pelouse de Munich avant même le coup de sifflet final de la démonstration du PSG contre l’Inter (5-0) avait déjà marqué les esprits. Dans un autre style, Marqui a offert un moment fort de cette nouvelle finale, moins spectaculaire et emballante que la précédente. Son abraço avec Gabriel peut faire le tour de la planète et des internets, ce sera tant mieux. Le foot en a bien besoin. Gabriel aurait préféré ne pas avoir à vivre cet instant de compassion, après une rencontre qu’il a dominé comme un roc dans sa surface, éteignant les mèches parisiennes et convoquant l’esprit de John Terry en 2008 en ratant son tir au but en conclusion d’une prestation remarquable. À la différence de celui qui sera peut-être son partenaire de charnière au Mondial, l’ancien du LOSC est du genre clivant. Demandez aux amateurs de Premier League : il met des coups, il trashtalk, il a du vice et son malheur a donc fait le bonheur de ses détracteurs, ravis de le voir devenir le premier jouer à botter sa tentative au-dessus dans une séance de TAB en finale de C1 depuis Serginho avec le Milan en 2005.

Pour trouver un hater de Marquinhos, il faudrait se lever à l’heure de publication de cet article. Et encore. Depuis son arrivée en 2013, l’homme aux bouclettes s’est fait plus d’amis que d’ennemis, même chez les adversaires. Quand il faut citer un gars classe sur le terrain, son nom finit par sortir. Quand les Marseillais doivent nommer le Parisien qu’ils détestent le moins, c’est souvent Marquinhos. Le défenseur brésilien est pourtant le joueur le plus capé de l’histoire du PSG, désormais loin devant Jean-Marc Pilorget, et il sera à jamais le capitaine à avoir soulevé les deux premières Ligues des champions du club de la capitale. Il est toujours plus facile d’être élégant dans la victoire, mais le joueur de 32 ans n’a jamais manqué de respect à personne dans les nombreuses défaites qu’il a connues sous le maillot du PSG.
L’indéboulonnable Marqui
C’est tout cela à la fois qui le rend attachant et qui en fait le parfait capitaine d’une équipe qu’il est difficile de haïr, parce qu’elle joue bien et parce qu’elle est composée d’une majorité de types qu’on devine sympathiques. Marquinhos n’est pas qu’un symbole, un chouchou ou une mascotte, c’est un champion. Le Brésilien était arrivé au bout du tunnel en embrassant enfin la coupe aux grandes oreilles et il était de bon ton de l’imaginer se retirer sur ce moment de grâce. Le recrutement d’Illya Zabarnyi devait l’envoyer tout doucement sur le banc, mais l’Ukrainien ne s’est jamais imposé comme un concurrent sérieux cette saison. La preuve, Marquinhos a débuté 15 des 17 matchs de Ligue des champions, là où ça compte pour Paris, enchaînant 14 titularisations d’affilée depuis la défaite contre le Bayern Munich cet automne.
« Le secret, ça a été de ne rien changer, lâchait-il dans son sourire colgate en zone mixte avec sa médaille d’or. On a été prêts pour tous les moments et toutes les circonstances de ce match. Dès qu’on est rentrés de vacances, le coach parlait de ce titre. On a un entraîneur qui nous a montré le chemin. C’est une saveur différente, je vais être sincère. La première était très émouvante, très spéciale parce qu’on a souffert pendant des années. Celle-ci est très belle, elle a été plus difficile. » Comptez sur lui cet été à la Coupe du monde et la saison prochaine au PSG : Marquinhos n’a pas fini de gagner ni d’être aimé.
Le PSG dans la grande histoire du footPar Clément Gavard









































