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Au Bayern, l’humilité ça paye

Par Julien Duez
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Au Bayern, l’humilité ça paye

Après avoir étrillé Sankt Pauli et battu un record vieux de 54 ans en Bundesliga, le Bayern Munich reçoit ce mercredi soir le Real Madrid en ballottage favorable pour l’accession au dernier carré de la Ligue des champions. Le tout sans son arrogance habituelle et avec un vent de fraîcheur insufflé par Vincent Kompany qui ne devrait annoncer que du bon pour la suite.

S’il devait partir en fin de saison après huit ans passés en Bavière, Leon Goretzka pourra regarder dans le rétro avec la satisfaction d’avoir marqué l’histoire du Bayern. Samedi 11 avril, sur la pelouse du Millerntor de Sankt Pauli, le Rekordmeister éparpille façon puzzle un candidat tout désigné à la place de lanterne rouge en battant au passage un record qui datait de la saison 1971-1972 : celui du nombre de buts marqués en une saison de Bundesliga. Comme les dalmatiens, il stagnait à 101 depuis ce jour de juin 1972 lors duquel les Munichois avaient battu Schalke 04 sur un score quasi similaire (5-1) pour leur grande première au Stade olympique et la dernière journée du championnat.

Cinq décennies plus tard, surfant sur l’ouverture du score signée Jamal Musiala qui égalisait la marque symbolique, Leon Goretzka faisait donc tomber la barre dans la foulée. Avant que ne viennent l’imiter Michael Olise, meilleur attaquant du moment, Nicolas Jackson, remplaçant consciencieux de Harry Kane, et Raphaël Guerreiro, autre soldat discret qui quittera lui aussi les bords de l’Isar au terme de l’exercice en cours. Nouveau record à battre : 105 buts, sachant qu’il reste cinq journées à disputer et que le Bayern n’aura besoin que d’une seule victoire pour s’assurer un 35e titre de champion d’Allemagne.

Trimer sans frimer

Interrogé sur son sentiment après avoir imprimé sa patte dans le grand livre de la Bundesliga, Goretzka, exceptionnellement reparti avec le ballon du match sans avoir inscrit de triplé, a répondu qu’il n’était « pas au courant du record en question » et se félicitait du fait qu’on ne l’associera désormais plus seulement « au but contre son camp le plus rapidement inscrit dans l’histoire de la Bundesliga ». Puis, plus sérieusement, il juge que le score final « reflète l’incroyable saison que [le Bayern est] en train de disputer » avec une certaine dose de modestie devenue caractéristique du Bayern depuis que le Rekordmeister a lâché, à la surprise générale, le titre de la saison 2023-2024 au Bayer Leverkusen. Une manière de ne pas banaliser des performances de haut vol, particulièrement quand elles s’inscrivent dans la durée.

Avec 3,62 buts inscrits en moyenne par match depuis le début de la saison, le Bayern pourrait terminer avec 123 pions dans la musette s’il poursuit sur sa lancée. C’est stratosphérique, mais le plus impressionnant, c’est qu’en Allemagne, il faut remonter aux calendes grecques pour retrouver une équipe aussi sympathique aux yeux du grand public, loin de l’arrogance caractéristique des Bavarois. Et ça, Vincent Kompany y est pour beaucoup. Le Belge n’a pas oublié qu’il a été recruté avec l’étiquette d’un vague intérimaire venu combler une série de refus venus de gros noms, refroidis par l’ambiance délétère causée par le duo de directeurs sportifs Kahn-Salihamidžić, et en attendant une potentielle arrivée de Xabi Alonso.

Début de cycle ?

Aujourd’hui, ce dernier a déjà été remercié par le Real Madrid, quand le premier est en passe de sortir la Casa Blanca et, même si les Allemands refusent d’endosser le costume de favori (pour éviter de se porter l’œil ?), force est de constater qu’ils sont des candidats aussi solides que le Paris Saint-Germain pour soulever la coupe aux grandes oreilles à Budapest. Et justement, le club de la capitale française aurait-il insufflé une nouvelle tendance qui consiste à gagner après avoir mis de côté la tactique de l’empilement de stars au profit d’un collectif bien huilé et tourné vers un style de jeu pragmatique, sans être dépourvu d’élégance ?

C’est en tout cas l’image que renvoie le Bayern mouture 2026. À sa tête, Kompany n’est plus un intérimaire, plutôt l’instigateur d’un nouveau cycle qui se caractérise davantage par consolider ce qu’on a, plutôt que de continuer d’aller chiper les meilleurs éléments de la concurrence. Ainsi, l’échec des arrivées de Florian Wirtz (parti pour Liverpool) et de Nick Woltemade (Newcastle) a-t-il vite été oublié en lançant de jeunes pépites maison (Deniz Ofli, Filip Pavic, Maycon Cardozo, Bara Sapoko Ndiaye…), comme pour préparer l’avenir. De même, Kompany est le premier à avoir pris le taureau par les cornes en préparant « sérieusement » l’après-Neuer à travers la personne de Jonas Urbig.

Bref, son Bayern a de la ressource et ce n’est pas la blessure de Lennart Karl, touché à l’ischio vendredi dernier et absent pour le retour face au Real, qui servira d’excuse en cas de déconvenue. En cas de retournement de situation, la direction bavaroise serait bien inspirée de s’asseoir et de souffler un coup avant de réagir à chaud. Au-delà de la déception, elle dispose d’un noyau capable de répéter les performances de celui mené par Jupp Heynckes en 2013. À condition de lui laisser le temps.

« C’est tellement strict » : Kompany surpris de sa suspension

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