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Paris, les titres sans la fête

Par Julien Faure
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Paris, les titres sans la fête

Auréolé d'un nouveau titre de champion de France, le cinquième consécutif, le PSG ne célébrera une nouvelle fois pas son titre en ville. Depuis les débordements survenus au Trocadéro pour la célébration du titre de champion de France de 2013, c'est devenu une habitude, mais jusqu'à quand ?

Ils ont cru pouvoir célébrer leur titre dans le stade voisin du Paris FC mais il n’en sera rien. Le trophée de champion de France sera remis au PSG à 20 heures, avant l’échauffement, à Jean Bouin, comme si de rien n’était. Officiellement sacrés champions de France mercredi dernier face à Lens, les joueurs du PSG doivent encore se demander où ils pourront fêter cette nouvelle couronne hexagonale avec leurs supporters. Ou pas.

En effet, aucun joueur de l’effectif actuel n’était présent en 2013 et aucun n’a jamais fêté en ville un titre de champion de France. Alors bien sûr, l’immense majorité du club était sur le bus à impériale qui a défilé sur les Champs-Élysées au lendemain de la victoire parisienne en Ligue des champions, mais cela relevait de l’exceptionnel. Même une nouvelle victoire continentale ne changerait rien à ce constat : le PSG ne célèbre plus ses titres qu’au Parc des Princes, quand c’est possible et quand le public ne boude pas ce plaisir, comme il l’avait fait en 2023 après une défaite contre Clermont et une fin de saison en roue libre. Un titre, ça se fête. Toujours.

Préfète privée

Personne n’a oublié les graves incidents qui avaient émaillé les célébrations du titre il y a 13 ans de cela au Trocadéro, après 19 ans de disette, et personne n’a non plus oublié que depuis le lendemain, Paris n’a plus pu s’offrir de scènes de liesse officielles. La préfecture interdit désormais tout rassemblement pour une quelconque célébration parisienne. Seuls les quelque milliers de privilégiés à pouvoir se trouver dans les tribunes du Parc des Princes au bon moment peuvent se targuer de communier avec les joueurs le Jour-J.

Cette alternative ne sera même pas possible cette saison, alors que le club n’a pas été autorisé à organiser de célébrations dans son stade à la suite du match face au PFC. Les champions de France auront simplement droit à une petite cérémonie avant de disputer la 34e journée à Jean-Bouin. Tristoune. Pas de célébrations populaires, comme on en voit dans tous les pays, à l’image de Barcelone, et même dans les autres villes de France lorsque de rares titres échappent au PSG. Interdites par la préfecture de police de Paris, ces manifestations censées être festives et joyeuses gardent toujours avec elles le souvenirs des violences de 2013, et les dernières célébrations improvisées ont souvent conforté les pouvoirs publics dans leur position.

Même faire la fête sur la plus belle avenue du monde est devenue une problématique majeure pour la police et ses décideurs. Il était par exemple interdit de se rassembler avant, pendant et après la demi-finale retour de Ligue des champions des Rouge et Bleu face au Bayern Munich.

La Ligue des champions comme seule ouverture

Les pouvoirs publics ne semblent pas ouverts pour un sou à un retour de ce genre d’événements dans la rue. Paris est-il donc condamné à célébrer cloitré entre les murs d’enceinte du Parc ? Il semble qu’il n’y ait qu’une ouverture, une fenêtre de tir, assez fine toutefois : être sacré champion d’Europe. L’an dernier, il avait fallu attendre le dernier moment pour savoir si les Parisiens seraient autorisés à défiler sur les Champs à bord d’un bus à impériale. La victoire acquise, la descente avait pu être autorisée, avec des mesures de sécurité qui n’étaient pas sans rappeler la parade de champion du monde des Bleus en 2018.

Une parade où les barrières et les distances de sécurité étaient presque aussi importantes que la foule réunie pour fêter ses champions, les pouvoirs publics étant certainement échaudés par les célébrations improvisés de la veille. De quoi célébrer l’ensemble des titres parisiens de la saison en express, le temps d’arriver en bas des pavés, avant une véritable fête au Parc des Princes dans la soirée.

Voilà donc ce qu’il faudrait aux supporters parisiens pour espérer communier en plein rue : à nouveau monter sur le toit de l’Europe. Une deuxième couronne continentale serait certainement synonyme de parade dans le 8e arrondissement. Mais derrière tout ça, le PSG ne sera pas sacré champion d’Europe tous les ans (c’est un scoop !). Le mirage d’un défilé urbain se réduit donc à des années sensationnelles, et le pain quotidien de la Ligue 1, lui, n’a droit qu’à des célébrations emmurées, en cas de titre acquis avant la dernière journée ou au bénéfice d’un dernier match à domicile. Si l’on parle parfois de la perte d’appréciation d’un titre de champion de France de la part des supporters parisiens, pas totalement galvaudé non plus, l’absence de célébration collective, notamment pour les plus jeunes supporters, en est peut-être à l’origine.

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Par Julien Faure

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