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Marseille : la cerise sur le fiasco
Après la désillusion européenne en Belgique, l’Olympique de Marseille a de nouveau été rattrapé par ses démons ce samedi face au Paris FC en concédant le nul dans les derniers instants du match. Encore trahi par ses joueurs cadres ou son entraîneur, l’OM se montre incapable de gérer correctement les fins de rencontres et se retrouve au bord du précipice sportif.

L’heure des regrets n’a pas encore sonné, du côté de la maison ciel et blanc. Pourtant, les contre-performances continuent de s’enchaîner. À l’instar de ce (nouveau) nul face au Paris FC (2-2) en toute fin de rencontre, sur un penalty concédé par Gerónimo Rulli après une sortie au poing mal maîtrisée et transformé par Ilan Kebbal (l’enfant de Saint-Marcel, quartier bien connu du 11e arrondissement marseillais). Le destin n’a pas manqué d’ironie cette semaine pour les Marseillais, même si Timothy Weah a tenté de rassurer à l’issue de la rencontre : « C’est dur, je le sais. Il y a beaucoup de négatif, mais on doit rester positif et continuer à travailler sans lâcher. J’espère que les supporters vont voir ça, sur le terrain. C’est ça d’être à Marseille, il faut garder le mental. »
Mental en berne
Le mental, justement, parlons-en. Malgré les contre-performances récurrentes depuis le début de l’année 2026, l’OM n’a lâché que quatre matchs nuls toutes compétitions confondues cette saison : face à Angers (2-2), à Toulouse (2-2) et donc au Paris FC en Ligue 1 (2-2) ainsi que contre le Paris Saint-Germain lors du Trophées des champions (2-2) avant une séance de tirs au but fatidique pour les protégés de Roberto De Zerbi. Pour autant, un point commun relie toutes ces rencontres : l’OM menait lors de chacune des parties citées, et s’est fait rattraper dans le temps additionnel. Au total, ce sont donc dix buts encaissés après la 85e pour huit points perdus en Ligue 1 (dont six rien que dans le temps additionnel en championnat, record à battre). Une faillite psychologique collective, qui apparaît lorsque le coup de sifflet final se rapproche.
L'@OM_Officiel a concédé 4 matchs nuls en compétition officielle cette saison : - OM 2-2 Angers en L1 (égalisé par Ousmane Camara à 90+6') - OM 2-2 Toulouse en L1 (égalisé par Santiago Hidalgo à 90+2') - PSG 2-2 OM au TDC (égalisé par Gonçalo Ramos à 90+5') - Paris FC 2-2 OM en…
— Stats Foot (@Statsdufoot) January 31, 2026
« Je le vis mal, très mal. C’est difficile de l’expliquer, on a dominé 80 minutes et tout s’est éteint lors des 10 dernières… Certains ont joué au hasard, ont glissé et ont perdu la balle facilement… Les matchs durent 100 minutes, pas 80. Mais au-delà de ça, il faut avoir faim. C’est la première qualité à avoir, je l’ai aussi dit aux joueurs », a maugréé Roberto De Zerbi, en conférence de presse. Si le tacticien italien a toujours plaidé pour le partage des responsabilités entre ses joueurs et lui au moment d’analyser les contre-performances, l’ancien coach de Brighton a surtout évoqué « le manque de constance » de ses ouailles avant le match de ce samedi. Difficile de lui donner tort après coup, tant les Marseillais ont dominé leurs adversaires pendant 80 minutes avant de s’effondrer.
La faillite des cadres
La rengaine « il faut continuer de travailler » risque de devenir culte d’ici la fin de ce cru 2025-2026, les joueurs olympiens la répétant en long, en large et en travers. « On ne peut pas tout mettre sur le dos du coach, à nous de continuer à jouer. À Marseille, quand tu vis des moments durs, ils le sont encore plus. Il faut garder la tête haute, on a besoin de temps : il y a beaucoup de nouveaux joueurs, le coach a un plan pour nous », a assuré Timothy Weah devant les journalistes, après la rencontre. Un vœu pieux que l’ensemble des joueurs devra appliquer face à Rennes en 8es de finale de Coupe de France, pour ne pas avoir à vivre une 14e saison blanche.
L'@OM_Officiel a encaissé au moins 2 buts lors 6 de ses 7 matchs officiels contre une équipe professionnelle en 2026. #PFCOM
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À commencer par Rulli, passé de héros à paria en à peine quelques mois : devant le club de la capitale, le portier argentin s’est de nouveau rendu coupable d’une faute qui a pénalisé son équipe avec une sortie kamikaze sur Marshall Munetsi (ce qui a donc offert le penalty de l’égalisation à Ilan Kebbal). Conforté dans son rôle par Roberto De Zerbi malgré ses treize buts encaissés depuis le début de l’année 2026, avant les deux de ce samedi, le portier argentin ne s’est pas spécialement attiré les foudres de son coach à la suite de sa bévue : « Il a commis deux erreurs, comme tout le monde peut en faire. » Coupe de France oblige, ce sera en revanche Jeffrey De Lange qui gardera les buts marseillais contre les Bretons.
Une attaque optimale… qui manque d’efficacité
L’OM a beau être la meilleure attaque du championnat avec 46 buts inscrits, l’efficacité reste cependant un problème majeur pour l’effectif phocéen. Pierre-Emerick Aubameyang a souvent été pointé du doigt à ce sujet, notamment après son loupé en toute fin de match face à Bruges ou au Koweït. Mais c’est bien Mason Greenwood, juste avant l’égalisation parisienne, qui avait la balle du 3-1 au bout du crampon (tout comme Amine Gouiri). Si l’ensemble des joueurs offensifs ne parviennent pas encore à obtenir le rendement espéré, à l’image de Hamed Junior Traoré une nouvelle fois auteur d’une partie insipide, l’effectif phocéen demeure « une grande équipe, qui joue avec des joueurs évoluant ensemble depuis trop peu de temps. L’équipe a besoin de temps, de connaissance des joueurs pour progresser », dixit Roberto De Zerbi. Si la patience est mère de toutes les vertus, l’Olympique de Marseille devra toutefois vite réagir s’il ne veut pas voir sa saison déjà manquée dès le mois de février. Et s’acheter un mental, enfin.
« Elle parlait lingerie » : le dérapage sexiste d'un commentateur pendant Paris FC-OMPar Léna Bernard, à Jean-Bouin
Tous propos recueillis par LB.






















































