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L’embrouille chinoise de Nicolas Anelka

Par Antoine Mestres
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L’embrouille chinoise de Nicolas Anelka

Nicolas Anelka devait aller vivre une nouvelle expérience humaine en Chine. Une nouvelle aventure. Au Shanghai Shenhua Football Club. Loin de tout. Loin d'une Europe qui l'a encensé, puis jugé, pas compris, conspué. Pour se vider la tête, voir autre chose et entretenir son porte-monnaie. Quatre mois plus tard, après une promotion express au poste d'entraîneur-joueur en lieu et place de Jean Tigana, le voilà en train de menacer de quitter le club. Un club qui comptait beaucoup sur lui. Zoom sur une drôle histoire qui ne va pas clarifier son image dite "complexe".

« S’il n’y a toujours personne pour me soutenir et qu’ils continuent de faire des petites manigances derrière mon dos… alors je déciderai rapidement d’abandonner ou pas » , a déclaré Nicolas Anelka hier au Xinmin Evening News. « Ou pas » . Un message punchy mais flou donc, quant à ses envies d’ailleurs. Ce à quoi le Shangai Shenhua Football Club a répondu dans la foulée sur Twitter : « Le club cherche activement un candidat au poste d’entraîneur en chef et attend de lui qu’il accepte le poste et en prenne les commandes bientôt. Le club espère qu’Anelka aidera le nouvel encadrement à prendre très rapidement connaissance de l’état de l’équipe » . En management, on appelle ça un gros recadrage. Ou une subtile mise à l’écart pour faire comprendre à Nico, soit de se se calmer, soit de prendre ses cliques et ses claques. Le club avait pourtant demandé il y a peu à l’ancien joueur de Chelsea de reprendre l’équipe en tant qu’entraîneur-joueur avec ses adjoints, ses potes, dont Alioune Touré. Un cadre qu’il tient lui-même à rappeler : « En substance, j’ai le pouvoir d’un entraîneur en chef, je décide de la liste des joueurs, je dirige l’entraînement quotidien. » Visiblement énervé que l’équipe dirigeante tripatouille dans son dos et dans son champ de compétences, Nicolas Anelka a lancé un rapport de force, qui vient, mardi, de franchir un cap nouveau. Et qu’il semble désormais avoir perdu. Son avenir en Chine paraît, du coup, à moyen comme à court terme, très flou.

Le Shenhua Shangai FC rêvait de titiller avec lui les sommets de la Chinese Super League. Et avait pour cela sorti l’artillerie lourde. Un salaire londonien hebdomadaire doublé (234 000 euros) et, comme source de financement, des places au prix également multiplié par deux. En l’espace d’une saison, les tickets du Hongkou Football Stadium sont passés de 350 yuans (42 euros) à 800 yuans (96 euros). Oui, cette Chinese Super League a des ambitions. Et les moyens qui vont avec. Le hic, c’est que le quatorzième joueur de football le mieux payé au monde se retrouve actuellement à la quatorzième place d’un championnat de troisième zone qui n’en compte que seize. Et n’a planté que deux buts en onze parties. Ajoutez-y en fond sonore des tensions entre le financier du club qui souhaitait sa venue et des dirigeants moins convaincus par la pertinence de la chose, et vous obtenez un joli foutoir. Un beau bordel, même. Auquel Nicolas, il est vrai, n’est pas non plus étranger, lui qui aurait soi-disant œuvré pour l’éviction de Jean Tigana en mettant le vestiaire à ses cotés, quelques semaines après son arrivée.

Nico entraîneur, vraiment ?

Au vrai, on se demande surtout comment l’équipe dirigeante a pu voir en Anelka un coach en puissance. Peut-être son image, sa carrière, la différence de niveau avec ses partenaires… Mais qu’Anelka ne devienne pas un as du coaching de suite n’est pas vraiment une grosse surprise. Sans entretenir cette caricature maladroite qui ne l’a que trop desservi et qui lui colle à la peau depuis ses débuts, Anelka n’a jamais eu les attributs du potentiel entraîneur de haut niveau. Sa timidité, mal perçue, mal comprise, n’a jamais fait de lui un bon communiquant. Pire, c’est un attaquant au profil dit « égoïste ». Un type qui aime planter et qui aime qu’on joue pour lui. S’il a terminé sa carrière sur un côté à Chelsea, à jouer les polyvalents distributeurs, il n’en a jamais vraiment eu l’identité. Ces joueurs-là font rarement les meilleurs coachs. Vous imaginez Zlatan entraîneur ? Ou Super Pipo supporter au quotidien un attaquant un peu moyen, un peu gauche ? Non, cette caste-là ne s’est jamais renouvelée dans le coaching. Contrairement aux défenseurs ou aux milieux qui ont passé leur carrière face au jeu. En leader. Anelka n’a jamais été un leader.

S’il décidait toutefois de rester et de se ranger, il pourrait se voir contraint à cohabiter avec l’Argentin Sergio Batista, ex de l’Albiceleste, et pressenti pour reprendre l’équipe. « Le contrat n’est pas encore signé. Les deux parties sont encore en négociation » , avance un membre du club. Quoi qu’il en soit, l’expérience, qui ne ressemble déjà à rien, pourrait vite tourner court. Evoqué au début comme un voyage sincère, une démarche personnelle, cette aventure n’aura finalement servi qu’à une chose : renforcer le degré déjà élevé d’incompréhension entre Anelka et le reste du monde.

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