S’abonner au mag
  • France

Stéphane Samson : « Ce qui me plaît dans les darts, c’est que t’es tout seul »

Propos recueillis par Ethan Ameloot
8' 8 minutes
1 Réaction
Stéphane Samson : « Ce qui me plaît dans les darts, c’est que t’es tout seul<span style="font-size:50%">&nbsp;</span>»

Il a joué avec Drogba, dîné avec Papin, mis un but à Barthez... Ce mec, c’est Stéphane Samson. Aujourd’hui, le Normand aurait pu être jeune retraité et se la couler douce sous un soleil brûlant, reposant ses jambes qui ont tant galopé sur les pelouses de Ligue 2 quand le monde découvrait Facebook, Santiago Muñez et la Tecktonik. En 2026, le ciel azur, il l’a. Basé à Marseille, l’ancien attaquant du Havre, du Mans, de Clermont, de Caen et de Reims bosse toujours et s’entraîne aux darts quand il peut. À l’horizon : la Coupe de France à Écully, début avril.

Un Normand à Marseille… Tu t’es perdu ?

J’ai habité au Mans après ma carrière, mais après mon divorce, j’ai décidé de rejoindre mon ami, Matthieu Louis-Jean, qui travaillait à l’OM à l’époque. Sauf qu’une fois que je me suis installé, il est parti à Lyon. On essaie de se voir quand c’est possible, parce qu’on se connaît depuis qu’on a 10 ans.

Tu t’es mis aux darts. C’est ce qui t’anime maintenant ? 

Oui, depuis trois, allez quatre mois. Je suis devenu le parrain d’un club de darts : le Darts Comedie Club, à Allauch. J’ai des copains qui m’ont passé une cible pour pouvoir m’entraîner chez moi. Tous les jours, je joue 20-30 minutes. Ce qui me plaît, c’est que t’es tout seul : si tu rates, tu ne peux en vouloir qu’à toi-même. Et puis, c’est un sport très festif… Bon, aux tournois, il y en a qui se prennent au sérieux, mais c’est agréable de rencontrer de nouvelles personnes. On peut se boire une petite bière après le match, celui qui perd paye un coup. L’esprit de compétition est là mais, en général, les joueurs sont des personnes très accessibles.

Tu n’es pas encore meilleur aux darts qu’au foot…

Je suis né avec le foot ! Pour les darts, avant je jouais une partie tous les six mois ! On va participer à la Coupe de France. L’objectif, c’est de passer quelques tours, aller le plus loin possible. Allez, passer deux tours, ça serait bien !

En foot comme aux darts, ce sont qui tes idoles ? 

Le jeune champion du monde… Luke Littler ! C’est la coqueluche des fléchettes, il est jeune mais incroyable. Et en foot… Chris Waddle ! J’avais des posters de lui, des drapeaux de l’OM. Marseille, c’était mon club de cœur quand j’étais tout petit.

 

Post Instagram Voir sur instagram.com

Waddle arrive à Marseille en 1989, à une époque où tu n’es qu’un jeune joueur à côté du Havre, où tu finis par intégrer le centre de formation.

J’ai fait les sélections et ils ont vite vu que j’étais un peu plus doué que les autres. Je me suis fait repérer par Auxerre et Le Havre. J’avais choisi Auxerre parce que quelqu’un de mon petit club (La Neuve-Lyre, NDLR) était parti là-bas. Malheureusement, ça ne s’est pas fait, j’ai raté mon tournoi d’essais… J’ai pas été bon. Donc j’arrive au Havre et, pendant un mois, ça ne va pas. J’ai appelé mon père pour lui dire : « Je veux rentrer, je ne sais plus jouer au foot. » Le coach lui a dit que ça allait passer, il a eu raison.

C’est avec Le Havre que tu joues ton premier match pro, contre Strasbourg en juillet 1995. Tu t’en souviens ? 

On se prend 3-0 là-bas. Il me fait entrer et je suis mauvais. Mais, plus tard, on fait un stage commando et là, c’est tellement dur que plein de joueurs se pètent. On devait jouer Nice après le stage et, sur la feuille de match, on est 15. Je suis le 15e sur la liste… (Rires.) On est mené 1-0, et le coach me dit d’aller m’échauffer. Je rentre, première action : un coup franc, la balle arrive dans mes pieds, je frappe du gauche et je mets un but. Finalement, on gagne 2-1.

Tous les joueurs avaient une Peugeot 406, sauf moi. J’ai été voir le mec de chez Peugeot et je lui ai dit : “Si demain je marque et qu’on gagne, j’ai une voiture ?”

Stéphane Samson, en voiture

En 2012, on disait que « tu sais que t’es un supporter du Havre quand ta sœur est tombée amoureuse de Stéphane Samson ». T’étais le beau gosse de l’équipe ? 

J’étais pas trop mal. (Rires.) On se débrouillait pas trop mal avec les filles…

C’est quoi ton meilleur souvenir de cette période ? 

Un but face au Monaco de Thuram, Boli et Barthez : je fais un exploit individuel et je marque (victoire 2-1 le 8 novembre 1995, NDLR). Je gagne une voiture, en plus.

Une voiture ? 

C’était le lancement de la Peugeot 406. Tous les joueurs en avaient une, sauf moi parce que je n’étais pas encore totalement dans le groupe pro. J’ai été voir le mec de chez Peugeot et je lui ai dit : « Si demain je marque et qu’on gagne, j’ai une voiture ? » Il me dit : « Bien sûr ! » J’entre à 1-1, Monaco rate un penalty puis je marque. J’ai eu ma voiture.

En 1999, tu signes au Mans. C’est vrai que t’as mis Didier Drogba sur le banc là-bas ? 

Il était jeune ! Devant, on jouait avec Daniel Cousin et moi. Mais si le coach avait dû changer un de nous deux, ça aurait été Cousin. J’avais un profil complémentaire à Drogba.

C’est le meilleur joueur avec qui t’as joué ?

Non, le meilleur, sans hésiter, c’était Vikash Dhorasoo ! Tu ne savais pas lui prendre la balle sans faire faute. Didier (Drogba) était hors normes, mais trop jeune quand j’ai joué avec lui.

 

T’étais doué, beau, jeune, français et fan de l’OM. Tu cochais toutes les cases pour y signer, non ?

L’OM ? Non. Je pense que je n’aurais pas eu le cran de jouer là-bas. C’est trop intense. Après, ils ne m’ont jamais contacté, donc bon (Rires.)

Tu atterris finalement à Clermont en 2002, c’était moins intense ? 

Je ne pensais pas me retrouver à Clermont pour être honnête. Je devais aller à Guingamp rejoindre Drogba. Ils ont finalement pris Pierre-Yves André. Puis Lyon a voulu de moi. Mais ça s’est pas fait parce que Tony Vairelles n’a pas voulu partir… Et là, Clermont arrive et me dit que j’ai deux jours pour accepter. Le contrat était sympa, mais moins qu’à Lyon. Donc j’y vais quand même, mais j’étais trop déçu. Mes débuts sont catastrophiques.

Trois ans plus tard, tu retournes finalement en Normandie, à Caen. 

J’étais sur un terrain de golf, tout seul, pas très bien… J’ai un appel de mon agent qui me demande si je peux être à Caen le lendemain. Je lui dis : « Je pars tout de suite, je peux y aller à pied si tu veux ! » J’étais sur le cul. Caen, c’était incroyable : le stade, ses supporters, la ferveur. Presque chaque match était à guichets fermés.

Deux ans plus tard, vous montez en Ligue 1. Ça a été la gueule de bois ? 

Mon meilleur souvenir ! On est allés sur le parvis du stade, c’était bondé. On a fait la fête toute la nuit, le lendemain aussi. J’ai réveillé tous mes voisins très tard. Enfin, tôt… Mais ils étaient contents. Au matin, ils ont bu une petite coupette avec moi.

Je suis tombé sur des brigands qui m’ont tout volé, les mêmes personnes qui ont travaillé avec Cédric Hengbart. Ils nous ont niqués.

Stéphane Samson

Ta dernière saison en 2008-2009, c’est à Reims et ça se passe mal. Pourquoi ?

Déjà, à Reims, je ne voulais pas y aller. Je n’avais pas eu de bons échos du club. Ça a été compliqué là-bas. Je ne marque pas de la saison, la seule dans ma carrière où ça arrive. Le public m’avait pris en grippe, je me suis fait insulter copieusement. C’est mon pire souvenir dans le football… Quand tu fais une saison pareille, à 34 ans, t’as aucune chance de retrouver un club derrière. En décembre, il y a (Jean-Pierre) Papin qui m’appelle pour faire un essai à Châteauroux. Je fais le stage d’hiver et il me dit que c’est OK, qu’il me prend. Putain, j’étais content ! Mais le soir, on mange dans la cantine et les dirigeants arrivent. Et je sens un truc, un truc pas net. Ils mangent avec Papin, puis il me convoque et me dit que le club ne va pas donner suite à mon stage, parce qu’ils ont un jeune de Rennes qui arrive en prêt… (Félix Katongo, NDLR.) Un véritable coup de couteau.

T’avais préparé ton après-carrière ? 

Je l’avais préparée, oui… Mais je suis tombé sur des brigands qui m’ont tout volé. Ce sont les mêmes personnes qui ont travaillé avec Cédric Hengbart. Ils nous ont niqués. (Il reste vague.) Je me suis retrouvé sans rien, ils ont pris 15 ans de ma vie, mais je suis résilient. Pour ma famille, j’ai fait un peu de tout. J’ai été commercial, livreur, j’ai travaillé dans le bâtiment, j’ai vendu des panneaux solaires… Aujourd’hui, je suis conducteur de ligne à la Fermière. Tu vois, les yaourts un peu plus chers, mais un peu meilleurs que les autres que tu trouves partout ?

Et avec les darts, tu ne gagnes pas un peu d’argent ? 

Souvent, les lots pour les vainqueurs, ce sont des paniers garnis ou des bouteilles de rosé… Mais je t’avoue que je ne regarde pas trop parce que, pour l’instant, je ne me sens pas trop concerné par la victoire. (Rires.) L’argent des darts, c’est pas une chose à laquelle je pense. Mais j’ai hâte d’être bon. Je te remettrai un petit message d’ici un an !

Un ancien international français prêt à coacher au plus haut niveau

Propos recueillis par Ethan Ameloot

À lire aussi
Les grands récits de Society: Qui a tué Tupac Shakur?
  • Grand Récit
Les grands récits de Society: Qui a tué Tupac Shakur?

Les grands récits de Society: Qui a tué Tupac Shakur?

Le 7 septembre 1996, à Las Vegas, une Cadillac blanche avec quatre hommes à bord s'arrêtait à hauteur de la BMW de Tupac et tirait sur le rappeur star. Vingt-huit ans plus tard, alors que l'aura du musicien n'a jamais été aussi grande et que les théories les plus folles sur son meurtre continuent de tourner, qu'en reste-t-il? Pour le savoir, enquête sur le destin tragique des quatre suspects, à quelques mois du procès de l'un d'entre eux.

Les grands récits de Society: Qui a tué Tupac Shakur?
Articles en tendances

Votre avis sur cet article

Les avis de nos lecteurs:

C'est une putain de bonne question !

L'Italie doit-elle arrêter le foot ?

Oui
Non
Fin Dans 3j
146
15

Nos partenaires

  • #Trashtalk: les vrais coulisses de la NBA.
  • Maillots, équipement, lifestyle - Degaine.
  • Magazine trimestriel de Mode, Culture et Société pour les vrais parents sur les vrais enfants.