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Le milieu de terrain, le dernier casse-tête de Deschamps

Par Adel Bentaha
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Le milieu de terrain, le dernier casse-tête de Deschamps

Si l’équipe de France semble parée pour la Coupe du monde, reste à résoudre la problématique du milieu de terrain, bien pourvu mais sans qu’une évidence se dessine. Deschamps a encore un bon mois et demi pour trancher.

Quand il rappelle N’Golo Kanté en équipe de France au mois de juin 2024, Didier Deschamps a rouvert une boîte de Pandore toujours pas fermée deux ans plus tard : celle du milieu de terrain. En effet, si le joueur de 35 ans a réintégré la sélection malgré une pige en Arabie saoudite, il illustre bien les tâtonnements encore visibles dans l’entrejeu français, alors que les autres secteurs de jeu semblent être verrouillés, et plutôt bien. Entre des choix de joueurs encore à roder d’ici la Coupe du monde et une animation à trouver, ce milieu de terrain semble donc être l’ultime casse-tête de Deschamps avant de dire au revoir. Car oui, il fallait bien trouver un sac de nœuds à nos Bleus.

Cinq places à attribuer

Qu’on se le dise : l’équipe de France dispose de toute la qualité nécessaire au milieu. En effet, la question n’est pas de savoir qui aurait sa place dans l’avion pour les États-Unis, mais plutôt qui ne l’aurait pas. Partant de ce postulat, les titulaires sont déjà clairs. Adrien Rabiot, Aurélien Tchouaméni et – a priori – Manu Koné sont tous trois assurés d’être dans les 26, et peut-être même dans le onze qui ouvrira le bal mondialiste face au Sénégal. Derrière, Kanté tient aussi la corde, lui qui a réintégré la rotation depuis l’automne dernier, sans pour autant être indiscutable. « Lui, il en a déjà beaucoup (de l’expérience), narrait Didier Deschamps devant les médias dimanche dernier. La qualité est là, dans un secteur où on est un peu plus en déficit par rapport à la dernière Coupe du monde. » Mais alors, qui sauterait ?

Lors de cette trêve de mars, Eduardo Camavinga paraît être le plus en retrait. Contre le Brésil (1-2) et la Colombie (1-3), le relayeur n’a disputé que 26 minutes, face aux Cafeteros. Un écho à ses difficultés au Real Madrid, avec qui il peine à retrouver la forme depuis plusieurs mois maintenant. « Je dois faire beaucoup plus au Real Madrid, montrer davantage. Les supporters n’ont pas encore vu ce que Camavinga peut faire. Je peux être bien meilleur, j’en suis conscient », posait-il avec recul en conférence de presse début février. À ses côtés, Warren Zaïre-Emery, auteur d’une prestation convaincante face aux Colombiens, constitue la deuxième interrogation. Car si le joueur du PSG – également trimbalé dans le couloir droit par Luis Enrique – revient bien en club après une saison délicate, sa place dans le groupe Deschamps n’a jamais été garantie (trois apparitions en 2025). Sa jeunesse (20 ans) pourrait donc être l’un des arguments invoqués au moment d’ignorer son nom pendant le JT de TF1, sans que cela ne soit un scandale absolu.

Les hommes sont là, et le système ?

Dans ce contexte, Didier Deschamps se heurte donc à un nouveau problème de riche. Les options sont nombreuses, à tel point que le technicien a vite fait de changer ses plans en quelques mois. Dans un passé pas si lointain, Youssouf Fofana ou Mattéo Guendouzi étaient des appelés réguliers. De même que Corentin Tolisso a un temps était plébiscité pour un potentiel retour, dans le sillage de la bonne dynamique du début de saison de l’OL, avant de rentrer dans le rang. Dans un entretien accordé à L’Équipe, Fofana reconnaissait lui-même la concurrence du secteur : « Au début, je le vivais un peu mal, je me demandais pourquoi je n’étais pas appelé. Et finalement, je regardais les matchs et je me disais : “OK Youssouf, il y a d’autres milieux et ils sont aussi forts. Que tu sois là ou pas, l’équipe de France a les mêmes résultats. Donc tu dois travailler.” Et patienter. » Lucide.

Tout cela dit et analysé, vient alors le système. Dans la tradition DD, le 4-2-3-1 est de mise, avec deux récupérateurs ancrés et un relayeur placé assez haut. En 2016 et 2018, Moussa Sissoko et Blaise Matuidi remplissaient ainsi une fonction de faux ailier, avant tout chargés de bloquer leur couloir, devant Kanté et Pogba. Trois milieux à vocation défensive étaient donc alignés. Durant l’Euro 2024, Deschamps avait également opté pour cette animation. Si le match d’ouverture face à l’Autriche avait une visée offensive, avec la titularisation du quatuor Griezmann – Dembélé – Mbappé – Marcus Thuram, la suite du tournoi a été un retour à la raison. Griezmann et Dembélé ont ainsi été alternativement sacrifiés dès le troisième match contre la Pologne, pour laisser place à un milieu supplémentaire (Rabiot ou Camavinga) chargé d’accompagner Kanté et Tchouaméni. Enfin, la dernière rencontre à enjeu des Bleus – devant l’Espagne en Ligue des nations au mois de juin dernier – a fini de mettre fin à ces velléités d’ouverture. Ce soir-là étaient alignés Mbappé, Dembélé, Doué et Olise, et les Français se sont écroulés défensivement, avec cinq buts encaissés. Inutile donc de dire qu’en Coupe du monde, le pragmatisme du milieu primera. Ne reste plus qu’à en trouver les bons hommes.

La France est officiellement la meilleure nation du monde !

Par Adel Bentaha

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