Enthousiasmante en première période, beaucoup moins souveraine en seconde, l’équipe de France s’est tout de même imposée face au Brésil (1-2), dans le drôle de cadre américain qui décorera son été.
Brésil 1-2 France
Buts : Bremer (78e) pour le Brésil // Mbappé (32e) & Ekitiké (65e) pour la France
Expulsion : Upamecano (55e) pour la France
On ne sait pas vraiment s’il est bleu azurin ou vert-de-gris, on ne sait même pas si on aura la chance de le voir étrenné entre juin et juillet, mais il aura au moins porté les Bleus vers un succès que l’on dira de gala : sous un nouveau maillot ayant écrit le storytelling de sa semaine, l’équipe de France s’est payé le Brésil en amical (1-2), à Foxborough (Massachusetts), dans une partie démarrée en souriant mais progressivement devenue douloureuse. Dans ce cadre que les Tricolores découvrent, aussi, au cœur d’un pays où le soccer doit s’accommoder du football, et non l’inverse. Un pays où la distance tunnel-rond central se fait en pick-up, où les mi-temps durent vingt minutes, et où un nabot vient vous demander une dédicace dans votre zone technique, à votre sortie du pré au beau milieu de la partie. Ce cadre, c’était donc jeudi le Gillette Stadium, où les Bleus disputeront leur troisième match de poule cet été, à quelques encablures de leur camp de base, ce cinq-étoiles du centre de Boston qu’ils apprivoisent cette semaine.
Onze ans jour pour jour après la dernière opposition entre Auriverdes et Bleus, ces derniers ont d’abord fait honneur à l’affiche, même si le bal a démarré avec un Raphinha acéré – avant de rapidement s’éteindre. La première demi-heure a parfois pris des airs de boucherie, à l’image des cours de jiu-jitsu que Wesley a dispensé à Hugo Ekitiké, mais on retiendra qu’on a, aussi, presque eu du mal à reconnaître cette équipe de France, le temps de séquences chatoyantes où les permutations (Ekitiké-Mbappé, Olise-Dembélé), l’aisance à la récupération sur toutes les lignes, les combinaisons enfantines, les touches de joga bonito – même sans la présence de Rayan Cherki – et la légèreté affichée ont donné de quoi s’enflammer. Comme celles, au hasard, que Theo Hernández (33e) ou Kylian Mbappé (43e) ont décidé de placer dans la corbeille. Comme celle, surtout, au bout de laquelle le Kyks a pu compter sur ses deux genoux pour bombarder, piquer et ainsi récompenser le bon pressing à la perte d’Aurélien Tchouaméni – impérial à ce moment du match – et le bonbon d’Ousmane Dembélé, de retour en sélection (0-1, 32e).
Jiu-jitsu et noms d’oiseau
Mais ceci était évidemment trop beau, et le match a démarré après la pause avec l’entrée en matière de Luiz Henrique, barré par Maignan (50e). Jusqu’ici, la génitrice de Gonzales Junior en avait pris pour son grade à chaque coup de sifflet allant à l’encontre de la Seleção, mais ce sont bien les Bleus qui ont subi les humeurs de l’homme en rouge, le carton jaune collé à Dayot Upamecano – après une annihilation d’occasion manifeste de but – ayant viré à l’écarlate après visionnage du ralenti (55e). Cette effroyable entame de deuxième période sera balayée par une nouvelle contre-attaque de virtuoses pliée par Michael Olise et Ekitiké, auteur de son deuxième pion chez les A (0-2, 65e) avant de taper dans la main de Désiré Doué.
Forcément à sens unique, la suite de l’après-midi n’offrira rien de bien constructif. Si ce n’est que les filets de Mike Maignan ont fini par trembler sur une phase arrêtée bien mal défendue (1-2, 78e), que ce Luiz Henrique n’a rien à faire au Zénith Saint-Pétersbourg, que Maxence Lacroix a eu le droit à ses premières frayeurs avec un coq sur le cœur, et que Vinícius devra faire dix fois plus s’il veut influer sur ce Mondial, à l’image de ce ballon d’égalisation laissé filer sur ce centre tir espiègle de Bremer (90e+7). Voilà pour la première esquisse des Bleus aux USA. Amenez-nous la suite.
Brésil (4-2-3-1) : Ederson – Wesley (R. Ibañez, 71e), Bremer, L. Pereira, D. Santos – A. Santos (Danilo Santos, 71e), Casemiro (Sara, 84e) – Raphinha (L. Enrique, 46e), M. Cunha, Martinelli – Vinícius. Sélectionneur : Carlo Ancelotti.
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