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Garcia, une première en béton

Par Nicolas Jucha, au Parc des Princes
3' 3 minutes
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Garcia, une première en béton

Il a pris l'équipe deux jours avant le choc. Alors forcément, tout laissait à penser que son OM ne serait pas prêt et prendrait une valise à Paris. Sauf qu'on a découvert un Rudi Garcia méconnu, qui n'a pas hésité à renier ses principes de beau jeu pour réussir ses débuts marseillais.

Sa nomination à deux jours du choc au Parc des Princes avait tout de la prise de risques comme les Américains les aiment. Bien désespérée, bien à l’arrache, bien couillue. Rudi Garcia a accepté le rôle, et que ses nouveaux patrons rajoutent une couche de pression avec sa prétendue première phrase des négociations : « Je veux gagner la Ligue des champions. » Heureusement pour lui, l’ancien coach de la Roma n’est pas simplement fort en gueule, il est aussi pragmatique. Alors la consécration européenne, ce sera pour plus tard, il le sait. Tout comme les idéaux de beau jeu qu’il a toujours véhiculés à Lille ou Rome. Pour aller faire un coup à Paris, coach Garcia n’opte pas pour un schéma Barça 2009, mais plutôt PSG-OM 2006. Sur la pelouse, cela donne trois centraux – dont le revenant Rolando, premier gagnant (provisoire ?) du changement de direction – deux latéraux et deux milieux défensifs. Florian Thauvin, Bafé Gomis et Clinton Njie n’auront qu’à se débrouiller comme ils l’entendent.

Garcia à la chasse au Pokémon ?

Le message est clair : Rudi Garcia vient chercher le 0-0. Une bonne vieille approche Ligue 1, que personne ne viendrait lui reprocher tant le rapport de force est déséquilibré. Et vu que son onze est censé se faire marcher dessus par celui de son homologue Unai Emery, Rudi Garcia sort rapidement de son banc. Doudoune à capuche aux couleurs de son nouveau club par-dessus son beau costume cravate et ses chaussures méticuleusement cirées, il enchaîne les allers-retours et arpente l’ensemble de sa zone technique. Au point que l’on pourrait le suspecter de jouer à Pokémon Go. À sa droite, Emery a beau être dans son registre habituel, il paraît beaucoup plus calme qu’à l’accoutumée tant le technicien français parle et recadre ses joueurs. Ou les applaudit, quand Thauvin réussit deux bons pressings de suite sur Marco Verratti pendant le premier acte. D’ailleurs, s’il a clairement intégré l’idée que c’était à Paris de faire le jeu, l’ancien technicien du LOSC n’entend pas forcément laisser Lucas, Rabiot et consorts à leurs aises. C’est pressing pour tout le monde, y compris pour Gomis et Njie. Et quand Thauvin gâche l’une des rares opportunités offensives d’une passe trop profonde pour Henri Bedimo (23e), il s’agace. Puis s’énerve complètement quand une relance ratée de Dória place son OM à deux doigts de la correctionnelle (27e). Les occasions parisiennes se succèdent, tête de Cavani, frappe écrasée d’Aurier, ou penalty refusé à l’Uruguayen, Rudi Garcia reste stoïque, même s’il bout sûrement à l’intérieur.

Le béton selon Rudi Garcia

À la pause, il a réussi son coup, Marseille tient le choc, mais au retour des vestiaires, il décide de rajouter une couche de ciment avec la sortie de Njie pour Zinédine Machach. Le bus devant le but, et ce n’est pas loin de payer quand un centre en retrait de Thauvin manque Gomis pour quelques centimètres en pleine surface. Jesé et Ben Arfa entrent. La tension est sûrement intense pour Rudi Garcia, si bien que pendant plusieurs minutes, c’est son fidèle adjoint Claude Fichaux qui vient le relayer sur le bord de la touche. Il faut dire que cela fatigue de s’énerver ou de crier à intervalles réguliers sur le 4e arbitre. Pareil lorsqu’il s’agit de mimer le mec cool quand Matuidi déborde et centre pour Cavani à dix minutes du terme, et que tout le stade voit la chique au fond. Saisissant l’avertissement au vol, il a appelé Karim Rekik pour suppléer Bedimo et solidifier encore un peu plus une équipe qui ne pouvait vraiment plus attaquer. Choix gagnant, puisqu’au bout du compte, ses joueurs ont tenu. Pas encore un grand OM, mais un OM qui ressort du Parc en bon état. Après tous les remous récents, c’est en soi un exploit héroïque.

Habib Beye admettrait-il que le jeu de l’OM est chiant à mourir ?

Par Nicolas Jucha, au Parc des Princes

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