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Équipe de France et foot amateur : on sourit juste pour la photo ?

Par Nicolas Kssis-Martov
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Équipe de France et foot amateur : on sourit juste pour la photo ?

L’équipe de France a finalement fait un geste symbolique. Une photo éclairant le rôle des clubs amateurs dont sont issus les joueurs de la sélection nationale. Un succès garanti sur les réseaux sociaux et une opération de communication bienvenue pour des Bleus qui n’ont guère brillé sur le terrain des valeurs. Une manière, aussi, d’essayer de retisser le lien entre ce Mondial si critiqué et le football populaire ?

La photo est belle. Les Bleus y portent joyeusement le maillot de leur club formateur. De leur premier club formateur. Ce tissu sportif associatif qui fait la fierté de la République et fonde la force de notre foot tricolore. Car l’Hexagone reste d’abord un pays de footballeurs avant d’être un pays de football. Donc le cliché, largement partagé sur les réseaux sociaux, propose une tout autre vision et panorama de l’équipe de France. L’AS Bondy de Kylian Mbappé côtoie l’Évreux Football Club 27 d’Ousmane Dembélé. Le PFC d’Ibrahima Konaté s’impose aux côtés de l’Espérance de Paris XIX de Youssouf Fofana. Au passage, ce défilé de sigles rend compte de l’importance, voire de la domination de la région parisienne (elle est d’ailleurs, au passage, le territoire le mieux représenté au Mondial en matière de lieu de naissance). De la sorte, petit paradoxe amusant, Guendouzi manque à l’appel, puisqu’il a fait ses armes au PSG. L’OM et ses supporters auraient sûrement moyennement apprécié de le voir endosser les couleurs de l’ennemi juré. Les limites de l’exercice face au mur de la L1.

Un storytelling parfait

Une telle démarche relevait du service minimum. Une reconnaissance nécessaire du sacerdoce des animateurs, éducateurs et entraîneurs du quotidien et des stades municipaux. Cet échelon séminal vers la réussite construit, avant même le centre de formation du club pro, la richesse de l’élite du ballon rond. Ce puissant et vaste réseau d’associations locales ou de quartiers, largement subventionnées et aidées (installations sportives, etc.) par les fonds publics, aura donc eu droit à ses cinq minutes de gloire lors de ce Mondial. Ce shooting constituait aussi, par ailleurs, un moyen pour la FFF de rappeler l’unité du football. De Bondy à Doha, une seule et même Fédération. De même, ces maillots illustrent la place du ballon rond dans la vie de la nation et de ses divers territoires (ou districts). Le storytelling est parfait et recouvre une part évidente de vérité, celle des deux millions de licencié-es et des dizaines de milliers de vestiaires qui les accueillent à travers le pays, sans oublier naturellement l’Outre-mer.

Est-ce suffisant ? Car la crise que traverse la FFF se cristallise aussi via un fossé grandissant avec le foot amateur. Au même moment, par exemple, la lettre envoyée à ces mêmes clubs leur demandant de porter le brassard « One Love » que les Bleus ont refusé d’enfiler a laissé un goût amer, et pas seulement parmi les structures LGBT, comme les Dégommeuses ou le Paris Arc-en-ciel.

Un système de redistribution plus équitable

À l’évidence, le malaise est profond. Tout d’abord avec un bénévolat en recul, un mouvement accentué depuis la pandémie et les divers confinements. Des difficultés économiques grandissantes, aussi bien pour les familles des gamin-es, ou les communes. Et évidemment, la violence lors des matchs, encore récemment dans le Calvados, ou envers les arbitres, qui se font de plus en plus rares. Le foot amateur attend notamment un système de redistribution plus équitable, et pas seulement pour les chanceux qui récoltent un pourcentage à la signature du premier contrat pro puis à l’étranger de leur ancienne pépite. De même, la question des primes des Bleus, qui devrait alimenter un fonds général de soutien davantage que de laisser chacun décider comment l’utiliser (et beaucoup reversent effectivement à leur club d’origine). Oui, le foot amateur méritait une belle photo. Mais aussi un peu plus de considération de la part de la Fédé et de ruissellement financier du foot pro.

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Par Nicolas Kssis-Martov

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