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Luidji : « Nicolas Anelka a incarné tout ce que je voulais être »

Propos recueillis par Suzanne Wanègue
17' 17 minutes
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Luidji : «<span style="font-size:50%">&nbsp;</span>Nicolas Anelka a incarné tout ce que je voulais être<span style="font-size:50%">&nbsp;</span>»

Du terrain aux punchlines, Luidji n’a jamais vraiment quitté le foot. Le chanteur et rappeur de 35 ans y voit aussi bien un miroir qu’une référence où s’articulent ses souvenirs, ses rêves ainsi que son amour pour l’AS Monaco et pour Haïti. Deux entités dans lesquelles il s’investirait volontiers.

Comment ton histoire avec le football a-t-elle commencé ?

Ma passion pour le foot, elle vient d’un événement très commun à beaucoup de personnes de ma génération : la victoire de la Coupe du monde 1998. À ce moment-là, j’étais en colonie de vacances. Les animateurs avaient organisé une soirée « finale de Coupe du monde » avec maquillage France-Brésil pour ceux qui le souhaitaient. Tout ça, ça m’a mis beaucoup de paillettes dans les yeux. En rentrant de cette colo, j’ai dû faire le choix déterminant de l’équipe que j’allais supporter pour le restant de mes jours.

Comment s’est fait ce choix ?

Mon père avait un ami qui jouait à Monaco à l’époque, Wagneau Eloi, qui était un attaquant aussi passé par le RC Lens et par l’EA Guingamp. Quelque temps après cette Coupe du monde, Wagneau nous a offert nos premières vacances en famille dans sa villa à Menton. On a passé deux semaines là-bas et on est repartis avec tous les équipements de l’AS Monaco, que ce soit des maillots d’entraînement, des posters dédicacés, des ensembles, des casquettes… Depuis, je supporte l’ASM.

Pourtant, tu es né en Île-de-France, à Villiers-le-Bel…

Et j’ai grandi dans le nord de Paris, à La Courneuve et Aubervilliers, avant d’arriver à Issy-les-Moulineaux, autour de 10 ou 11 ans. J’ai toujours admiré et suivi le Paris Saint-Germain parce que c’était le club de la capitale et que j’étais moi-même issu de là. Mais mon choix s’est porté vers l’AS Monaco. Déjà par rapport à la portée émotionnelle dont je te parlais précédemment. Ensuite, parce qu’à l’époque, au PSG, il y avait les histoires de la tribune Auteuil contre celle de Boulogne : j’entendais qu’il y avait des blessés tout le temps. Ça me faisait un peu peur de supporter un club pour lequel je pouvais me mettre en danger en allant au stade.

En vérité, mon job de cœur pour les dix prochaines années, ça serait d’être ambassadeur de l’AS Monaco.

Luidji

Alors, à quoi tu t’identifies en tant que supporter monégasque ? 

On parle d’un sport hyper populaire dans une ville princière : c’est intéressant. Moi, j’ai toujours aimé le modèle de la formation monégasque. On a soit signé des joueurs, soit formé des joueurs qui ont marqué le destin de leur équipe nationale, notamment l’équipe de France. On a été huit fois champions de France, avec des parcours remarquables en Ligue des champions et pas qu’en 2004, hein. Et pourtant, ça a toujours été un club discret. C’est très compliqué d’être supporter de l’AS Monaco parce qu’en fait, on est mis de côté. Quand on se fait marcher dessus par les arbitres ou par la LFP, je sens que c’est juste parce qu’en fait, on n’existe pas médiatiquement parlant. On n’a pas d’influence et, aujourd’hui dans le foot, il ne s’agit presque que de ça. C’est pour ça que j’adorerais mettre à contribution le peu de notoriété que j’ai aujourd’hui et que je peux encore cumuler dans les prochaines années au service de l’AS Monaco. En vérité, mon job de cœur pour les dix prochaines années, ça serait d’être ambassadeur de l’AS Monaco.

Justement, que voudrais-tu faire pour le club ? 

Concrètement, je n’en sais absolument rien parce que je n’ai aucune notion de ce que doit faire un ambassadeur. C’est l’émotion qui me fait penser que je serais légitime à ce poste. Ce ne serait pas pour aujourd’hui, car j’ai encore une carrière à mener, mais demain, je peux par exemple développer un réseau avec des footballeurs. Je sais qu’il y en a pas mal qui m’écoutent. Pourquoi pas aussi concevoir des programmes pour les jeunes qui sont encore en formation à l’AS Monaco pour leur offrir des activités culturelles un peu plus variées. Ou tout simplement faire du pur lobbyisme. Je sais que j’ai de l’influence sur les gens, même si je ne fais que chanter. Je ne collectionne pas les diplômes ou quoi, mais si ce ne sont pas les darons qui me connaissent, ce sont leurs enfants.

Il y a quand même déjà une image de marque forte à Monaco…

Oui, mais il y a encore énormément de choses à faire. Pour moi, on a le maillot clairement le plus beau de Ligue 1. J’adorerais qu’il y ait plus de gens dans le monde qui portent le maillot de l’AS Monaco. Ce serait génial que des marques de sportswear, de prêt-à-porter ou même de luxe s’intéressent à l’ASM. J’ai déjà eu à l’époque ces discussions avec des gens qui s’en occupaient mais bon, il y avait un écart générationnel qui a empêché que ça aboutisse. Et ce stade Louis-II, aussi petit soit-il, il pourrait être rempli si on y mettait les moyens financiers et humains pour être à la hauteur de ses ambitions. On parle quand même d’un club d’une Principauté où des personnalités publiques parmi les plus influentes du monde ont des résidences secondaires, des affaires ou des bateaux. Si tu peux amener les gens à Paris, je pense que tu peux aussi le faire à Monaco.

 

T’as déjà pensé à donner un concert à Louis-II ? 

Tous les jours ! Lors de ma dernière tournée des Zénith, on n’a malheureusement pas eu l’occasion de passer sur la Côte d’Azur. On aurait dû faire le Palais Nikaïa, à Nice. Mais en réalité, si j’avais eu le choix et si la logistique nous le permettait, symboliquement, bien sûr que j’aurais préféré faire le stade Louis-II. J’aurais aimé créer un merch’ spécifique directement inspiré de l’AS Monaco en plus du merch’ classique. Ça aurait été un truc de fou et surtout, ça aurait permis à énormément de petits jeunes de repartir avec un tout petit bout de l’histoire du club. C’est exactement comme ça qu’on forme, pour moi, une identité de club.

Les footballeurs de l’époque n’étaient pas forcément incroyables en matière de stats, mais ils avaient tous une personnalité marquante. Les joueurs d’aujourd’hui sont très mécaniques.

Luidji

Tu vas souvent voir l’ASM au stade ?

Ça m’arrive très souvent. Bon, le hasard a voulu que mon petit cousin, Yoann Étienne, ait fait toute sa formation à l’AS Monaco. D’ailleurs, c’est lui qui jouait arrière gauche derrière Kylian Mbappé à l’époque où il était ailier. Il avait signé pro mais n’a pas disputé une seule minute à Monaco, il a dû bouger à Lorient, à Guingamp puis dans des divisions inférieures… Aujourd’hui, il est en pleine reconversion. On essaye de monter des affaires ensemble, mais il n’a plus vraiment grand-chose à voir avec le monde du foot professionnel. À l’époque, tous les membres de ma famille travaillaient, alors que moi, je séchais beaucoup la fac. J’en profitais pour aller voir mon petit cousin à Monaco. Je me suis même pris d’attache pour toute cette région à force d’y retourner. À un moment donné, ma carrière a pris forme et un jour, le club m’a contacté pour m’inviter à certains matchs en tribune d’honneur. Je n’ai jamais lâché ce lien avec le club et dès que j’ai l’occasion d’aller voir un match, j’y vais sans réfléchir.

Le foot a quelle place dans ta vie d’artiste ? 

Aujourd’hui de moins en moins. On tape des fives avec des potes, avec ce qui me reste de niveau. Mais le foot d’aujourd’hui me parle moins que le foot de mon époque. J’ai l’impression d’avoir 90 ans quand j’en parle. (Rires.) Je regardais le foot à l’époque où les équipes avaient vraiment des joueurs à forte personnalité. Ce n’étaient pas forcément des footballeurs incroyables en matière de stats, mais ils avaient tous une personnalité marquante. Les joueurs d’aujourd’hui sont très mécaniques. Et puis il y a tellement de matchs… j’ai du mal à les valoriser. Je me rappelle Jules Koundé qui en parlait et qui se faisait allumer pour ça. J’étais vraiment d’accord avec lui. Lors d’une soirée de Ligue des champions à l’époque, le monde s’arrêtait. C’était vraiment un rendez-vous qu’on avait entre amis ou avec la famille. Et là, si je me connecte à Internet, j’ai un match par jour du lundi au lundi. C’est ce qui fait aussi que je sacralise un peu moins le foot aujourd’hui, même si j’en serai toujours fan. J’y ai joué pendant 13 ans, donc ça ne s’efface pas comme ça.

Tu étais comment sur le terrain ? 

J’ai toujours joué à des postes bien mis en lumière, donc numéro 9, numéro 7… Je pense que ça répondait à certaines de mes aptitudes, parce que j’étais très rapide et assez technique, mais aussi du fait que je voulais qu’on me remarque.

Pourquoi ça ?

Je voulais percer, comme tous les petits, et j’y ai cru jusqu’à mes 18-19 ans. Mais il y a certains week-ends où tu rencontres des mecs qui te font clairement capter qu’il y a déjà pas mal de ligues d’écart entre eux et toi. Eux-mêmes ne sont même pas sûrs d’y arriver parce qu’ils jouent dans des divisions qui ne sont pas les plus en vue dans le district français. Et à partir de 20 ans, je me suis fait une raison. Enfin… j’ai quand même étudié tous les cas de figure où les mecs perçaient après 20 ans, pour te dire à quel point j’étais borné ! (Rires.) Là, je m’entretiens parce que je me dis qu’il y a les matchs sur Twitch avec les influenceurs et tout ce monde-là et c’est peut-être ma dernière chance de prouver que je suis un bon joueur. Mais je ne vais pas te mytho : le monde pro, c’est un peu loin…

Dans le morceau « Téléfoot », tu parles de vouloir devenir Nicolas Anelka.

Nicolas Anelka a incarné tout ce que je voulais être quand j’étais petit. Physiquement, on se ressemblait, on jouait au même poste et ses choix de crampons m’ont toujours marqué. Il avait souvent des couleurs de crampons assez étonnantes. Un peu comme R9 aussi, qui est mon joueur préféré de tous les temps. S’il y a une paire à retenir, c’est les Mercurial Vapor. Des paires mythiques qui m’ont matrixé et qui ont eu un fort impact psychologique. Quand t’es petit, il y a une incarnation à laquelle tu ne peux pas échapper. T’es automatiquement meilleur quand t’as des Nike que quand t’as des Umbro. Le marketing marchait hyper bien sur moi, parce quand j’ai réussi à m’acheter ma première paire de Vapor, je jouais mieux. À partir du moment où je les ai eues, j’ai eu l’impression de me rapprocher du niveau des mecs que j’admirais. Ça me fait repenser à toutes les pubs Nike de l’époque avec Thierry Henry, Luís Figo, etc. Le jogo bonito, c’était dans mon sang. Je m’identifiais aussi à Robinho, mais le type est tellement plus technique… Et aussi à Thierry Henry. Lui, c’est plus culturel car il est originaire des îles, comme moi.

 

Toi, tu es haïtien par ton père. Quel regard portes-tu sur Haïti qui s’est qualifié pour la prochaine Coupe du monde, ce qui n’est pas arrivé depuis 1974 ?

C’est exceptionnel. Malheureusement, je n’étais pas devant le match de la qualification parce que je suis très mauvais avec les horaires… Mais j’ai prévu de voyager cet été en Amérique pour les matchs d’Haïti en Coupe du monde. Et si je peux en voir aussi deux ou trois autres, de l’équipe de France ou peut-être du Brésil, j’irai mais en tout cas, Haïti c’est historique. Peut-être que je ne reverrai jamais ça de ma vie. Je veux y aller avec mon père, car c’est le seul homme sur Terre qui m’a parlé du football haïtien et d’Haïti. Le but d’Emmanuel Sanon face à Dino Zoff pendant la Coupe du monde 1974 signifie beaucoup pour lui. J’ai 35 ans, j’en ai entendu parler pendant autant d’années, tu vois ? Alors même si c’est pour voir trois défaites, on va y aller !

Tu as quel rapport à tes origines ?

J’ai toujours été proche de mon pays, même si je n’ai jamais pu m’y rendre pour les raisons qu’on connaît : chaos politique, crises climatiques, beaucoup d’insécurité, etc. Chaque fois qu’on a essayé d’y aller, ça a été avorté à cause de ces raisons-là. J’ai pu découvrir ce pays à travers les récits de mes parents avec leurs histoires et leurs anecdotes. C’est la première république noire de l’histoire, avec une indépendance acquise par la guerre face à la France (la défaite française lors de l’expédition de Saint-Domingue conduit, à l’issue de la révolution haïtienne, à la création de la République d’Haïti en 1804, première république moderne à majorité noire et deuxième État indépendant du continent américain après les États-Unis, NDLR). C’est un pays et une culture que je défendrai toujours. Il y avait énormément de références à la culture vaudou dans mes deux premiers albums et aussi dans les vidéos que j’ai tournées pour Saison 00. Avec ma petite sœur, on a aussi un catering qui sert essentiellement de la nourriture franco-haïtienne. Là, on vient de gérer la tournée de Théodora. J’adorerais pouvoir initier à la culture haïtienne à travers la gastronomie, car c’est très riche, très varié et très nutritif.

Le seul problème, si je dois écrire l’hymne de l’équipe d’Haïti, c’est que mon créole est tellement francisé que n’importe quel Haïtien qui m’entendrait rigolerait fort.

Luidji

On peut en déduire que tu serais partant pour écrire l’hymne de l’équipe d’Haïti pour cet été ?

Ce serait un sacré défi ! Tu es en train de me donner une idée de fou ! Je vais peut-être y réfléchir, mais c’est une suggestion que je ne vais pas prendre à la légère, sache-le. Le seul problème, c’est que mon créole est tellement francisé que n’importe quel Haïtien qui m’entendrait rigolerait fort. (Rires) Il faut que j’investisse mon père dans cette mission parce que je ne connais pas plus chevronné que lui en créole. Et si ça se fait, il va péter un câble !

 

Qu’est-ce que tu aimerais raconter d’Haïti ?

Je voudrais parler de notre indépendance, de nos valeurs et de nos combats, mais aussi du rayonnement qu’on a pu avoir sur le monde entier. Il y a une anecdote que j’adore raconter : s’il y a autant de drapeaux sud-américains avec du bleu et du rouge, c’est parce que ça fait directement référence à celui d’Haïti. C’est pour rappeler l’influence de l’indépendance d’Haïti auprès de chacun des pays qui l’a ensuite acquise. Je m’appuierais aussi sur les héritages de langage : on parle le français mais aussi l’espagnol, en plus du créole. Je tiendrais compte de tous ces paramètres pour faire la chanson la plus internationale possible et surtout la plus lisible possible même en dehors d’Haïti.

Téléfoot, c’était l’une des seules émissions qui nous permettait d’avoir accès à l’intimité des joueurs qu’on admirait tous les jours. C’était un truc de fou.

Luidji

On a un peu parlé de ton morceau « Téléfoot » tout à l’heure. L’émission ne sera plus diffusée en clair sur les antennes de TF1 à partir de la saison prochaine. Qu’est-ce que ça te fait ? 

C’est une partie de ma jeunesse qui part presque en fumée. Je n’avais pas toujours accès à Téléfoot parce que comme le dit le morceau, il y avait ce problème de l’église qui était aussi à 11 heures. (Il sourit.) Les seules fois où je regardais Téléfoot, c’était un rendez-vous. J’étais trop curieux d’avoir le ressenti des joueurs avec les interviews. J’y ai vu je ne sais pas combien de documentaires sur l’équipe de France, sur Didier Drogba qui arrête la guerre en Côte d’Ivoire, sur Samuel Eto’o… Il y a tant de souvenirs. C’était l’une des seules émissions qui nous permettait d’avoir accès à l’intimité des joueurs qu’on admirait tous les jours. C’était un truc de fou. Et puis, c’était en clair. C’est une partie de ma jeunesse et je regrette que mes potentiels enfants ne puissent pas la connaître.

Il y a un rapport très affectif avec le foot quand tu en parles.

Quand je suis arrivé à Issy-les-Moulineaux, j’étais un enfant très seul. C’est via le foot que je me suis créé mes vrais premiers amis. Pratiquer un sport collectif, ça tue la solitude d’un petit enfant un peu exclu socialement. J’étais le seul renoi de l’école ou du centre aéré, comme je l’explique dans l’album Saison 00. Arriver au foot et voir d’autres mecs qui me ressemblent, c’était un truc de fou. Commencer à échanger avec eux, que ce soit avec une passe, un centre ou un but. Cela t’ouvre un peu plus au monde. Ça change la chimie du corps et du cerveau. C’est comme ça que j’ai fait la rencontre de mon meilleur pote d’enfance, Alexis, dont je parle aussi dans l’album. Pour le coup, lui, je l’admirais de fou parce que non seulement il avait du succès avec les filles, mais il était surclassé dans toutes les équipes. C’était le petit numéro 10 qui était tout le temps en équipe A, le nom qu’on donnait tout le temps quand il fallait surclasser quelqu’un. Là tu vois, je suis en Chine, il est en Thaïlande. Quand je vais prendre l’avion, ce sera pour le rejoindre avant de rentrer à Paris. C’est un peu ça mon lien entre le foot et la musique : ça a tellement marqué mon enfance que c’était tout naturel que ça se retrouve aujourd’hui dans ma fonction première.

 

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Quel parallèle peux-tu faire entre la scène et le terrain de foot ?

C’est une très bonne question parce que je crois qu’il n’y a pas un seul match que j’ai commencé sans stress. Si on te met numéro 9, c’est pour que tu marques tes buts. J’ai très vite eu ce sens des responsabilités, parfois trop, car c’était un peu pesant. Si je ne marque pas dans ce match et si mon équipe perd, c’est encore pire. À l’école, c’était pareil : si je n’avais pas au moins ce résultat-là, ça voulait dire que je n’étais pas bon. Et dans la musique, c’est la même chose. Même si c’est le domaine dans lequel j’ai le plus réussi, il n’y a pas un moment où je n’arrive pas au studio avec ce petit stress de me dire : « Si je n’arrive pas à faire aujourd’hui le morceau de l’année, c’est que je ne suis pas bon. » Alors que factuellement, un footballeur ne fait pas à chaque fois le match de l’année et un artiste ne fait pas à chaque session studio le morceau de l’année. Mais on va dire que le foot a contribué à cultiver mon rapport à la performance. Malheureusement et heureusement.

Avec le recul, la vie de footballeur m’aurait fait un peu chier. Je préfère mon train de vie d’artiste. J’ai le sentiment d’avoir accès à beaucoup plus d’expériences qu’un footballeur.

Luidji

Ce rapport à la performance, comment a-t-il évolué ?

En réalité, je suis content d’en être sorti grâce à Saison 00, album paru au moment où j’ai subi le plus de pression dans ma vie. Je devais confirmer un succès qui a presque métamorphosé ma vie et celle de mes proches. La pression s’est transformée en légèreté et en lâcher prise.

En matière de train de vie, est-ce que tu penses que la vie de footballeur et la vie d’artiste, c’est plus ou moins la même chose ?

Pas du tout. Avec le recul, la vie de footballeur m’aurait fait un peu chier. Me lever, devoir courir tous les jours, m’entraîner deux fois par jour, faire de la rééducation à la moindre blessure… Bon, je ne suis pas le mec le plus cupide de la Terre, mais j’adore l’argent. Je préfère mon train de vie d’artiste. J’ai le sentiment d’avoir accès à beaucoup plus d’expériences qu’un footballeur. Pour en avoir beaucoup discuté avec mon petit cousin et avoir beaucoup constaté ça chez lui, quand tu rentres dans une école de foot, tu axes toute ta vie sur ça. Si tu n’as pas des proches autour de toi qui viennent t’ouvrir l’esprit, c’est même très compliqué de connaître ta propre personnalité, de connaître tes goûts et ton identité en dehors du foot. Là où, en tant qu’artiste, le travail que tu fais sur ta quête d’identité est perpétuel et surtout, tu as le temps de le faire. Je trouve que ça te donne une liberté et une conscience un peu plus grandes.

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