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David Pagou, le nouveau dompteur

Par Jonas Emrich
4 minutes

À l’approche de la CAN, un bras de fer s’est achevé au sein de la Fédération camerounaise de football : en sa qualité de président de la Fédération, Samuel Eto’o a limogé le Belge Marc Brys seulement trois semaines avant le début du tournoi et l’a remplacé par son ancien adjoint David Pagou. Mais qui est réellement ce nouveau sélectionneur, qui a qualifié les Lions indomptables en huitièmes de finale avec sept points en trois matchs ?

David Pagou, le nouveau dompteur

Pour les amateurs de contraste entre coulisses et terrain, les voilà servis avec les Lions indomptables 2025. Particulièrement remarquables lors de la deuxième journée contre le tenant du titre, la Côte d’Ivoire, les Camerounais ont montré qu’ils pouvaient rivaliser avec l’élite du foot africain en décrochant un match nul séduisant. Pourtant, peu avant le début du tournoi, un conflit de pouvoir faisait encore rage : Marc Brys s’était opposé de toutes ses forces à son limogeage et avait, en outre, accusé Samuel Eto’o de ne pas avoir l’autorité nécessaire pour prendre une telle décision. Par la suite, le Belge comme David Pagou avaient chacun convoqué une liste de joueurs. Mais entre-temps, le chaos a laissé place à l’euphorie, et Pagou en est désormais au centre.

Dieu et Eto’o

Néanmoins, les turbulences du début de son mandat n’ont pas été sans conséquence pour lui et pour l’équipe. Face à la presse, après la victoire inaugurale du Cameroun face au Gabon, il déclarait lui-même avoir « subi des frustrations pas possibles ». C’est que Pagou a une botte secrète pour lutter contre toutes ces résistances, à savoir Dieu et sa foi : « J’ai tenu bon, je me suis dit gloire à Dieu et je pense que c’est d’abord le Seigneur Tout-Puissant. Parce que si lui m’avait lâché, j’aurais craqué et j’aurais abandonné. » Le président de la Fédération camerounaise, Samuel Eto’o, a également été un soutien essentiel pour Pagou : « Dès le début, il m’a fait confiance. Il a insisté, même quand c’était dur et que j’ai failli baisser les bras. »

Jusqu’ici, ce Camerounais de 56 ans entraînait uniquement des clubs camerounais. Ses plus grands succès, à ce jour ? Le titre de champion avec le PWD Bamenda en 2020, et la victoire en Coupe du Cameroun en 2021. Moins de trois mois avant sa nomination à la tête de la sélection nationale, il avait été présenté comme entraîneur principal du club le plus titré du pays, Coton Sport FC. Sa désignation comme sélectionneur national a donc été une surprise, même pour lui. « Il y a deux mois, si on m’avait dit que j’allais conduire cette équipe à la CAN, j’aurais parié feu mon père que ça n’arriverait pas », déclarait-il fin décembre, toujours devant les médias.

Rupture assumée

Mais qu’est-ce qui caractérise l’entraîneur Pagou, et dans quelle mesure reste-t-il fidèle à son prédécesseur Brys ? Avant même le premier match de groupe contre le Gabon, les questions sur sa préférence entre la continuité ou le nouveau départ ont enchaîné. Sa réponse ? Claire et limpide : « Quand on voit le nombre de joueurs que nous avons appelés et les noms qui figurent, on ne peut pas parler de continuité. Je pense qu’il s’agit d’une rupture, et tant qu’il y a de nouveaux joueurs, il y a forcément un nouvel état d’esprit. » Pagou a ainsi clairement pris ses distances avec son ancien supérieur, la politique sportive des deux hommes différant fondamentalement.

Le nouveau sélectionneur a par exemple renoncé à des cadres établis, comme Andre Onana dans le but et Vincent Aboubakar en attaque. Des décisions si sensibles qu’au Cameroun, des rumeurs ont circulé selon lesquelles la non-convocation d’Aboubakar ne serait pas liée à des raisons sportives, mais viserait plutôt à empêcher ce dernier (auteur de 45 buts en sélection) de se rapprocher du record d’Eto’o (56 réalisations). Pagou a évidemment démenti ces accusations, affirmant vouloir « faire les choses autrement » afin de « créer un autre état d’esprit dans l’équipe ». Bingo : jusqu’à présent, le déroulement du tournoi donne raison à Pagou et à son choix d’un effectif moins vieux. Après la qualification réussie pour les huitièmes de finale, il n’a d’ailleurs pas manqué de souligner l’importance des nouvelles pousses au sein de son équipe : « Les jeunes joueurs sont le futur du football camerounais, ils ont beaucoup de qualités et un énorme potentiel. » Pour aller au bout, carrément ?

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