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Donyell Malen, l’étalon offensif des Pays-Bas

Par Mathis Blineau-Choëmet
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Donyell Malen, l’étalon offensif des Pays-Bas

Auteur d’une fin de saison en boulet de canon à la Roma, Donyell Malen arrive dans une forme étincelante à cette Coupe du monde. Suffisant pour séduire une nation à la recherche d’un grand numéro 9 depuis la retraite de Robin van Persie ?

Aux Pays-Bas, les moulins à vent continuent de tourner. Le temps file à grande vitesse et les Oranje n’ont toujours pas trouvé un grand numéro 9. Pendant plusieurs décennies, les avants-centres néerlandais étaient pourtant l’une des attractions des Coupes du monde. La terre entière se souvient de la tête plongeante de Robin van Persie contre l’Espagne en 2014, des frappes de mules de Ruud van Nistelrooy en 2006 et, dans un style plus fin, du but de Dennis Bergkamp contre l’Argentine en 1998. Depuis la retraite de ces fous furieux, Klaas-Jan Huntelaar et Memphis Depay ont essayé de reprendre le flambeau. Sans grand succès. Pour cette Coupe du monde 2026, c’est au tour de Donyell Malen de s’y coller, ou du moins, d’essayer.

Malin chez les Romains

Considéré comme l’un des grands espoirs du foot néerlandais à ses débuts au PSV Eindhoven, le natif de la ville imprononçable d’Hippolytushoef a galéré pendant plusieurs saisons avant d’arriver à maturité. La preuve : le joueur de 27 ans a perdu ses cheveux avant de participer à sa première Coupe du monde. Le chauve n’a pas confirmé au Borussia Dortmund, pourtant un repère de grand attaquant, et ne s’est pas imposé à Aston Villa. Prêté à l’AS Rome par les Villans en deuxième partie de saison pour gagner du temps de jeu en vue du Mondial, Malen s’est réveillé : le Giallorossi a inscrit 14 pions en 18 matchs de Serie A. Des statistiques solides et surtout suffisantes pour le propulser au rang de titulaire sur le front de l’attaque des Oranje cet été.

Malgré sa fin de saison en boulet de canon, ce choix illustre les limites structurelles des Pays-Bas. Ce pays adepte des buteurs en série se retrouve cantonné à titulariser un type seulement auteur d’une belle demi-saison en Serie A, le championnat pas le plus réputé du moment. Certes, Donyell Malen débarque au Mondial en forme et peut très bien briller dès ce dimanche soir contre le Japon ou lors des rencontres suivantes contre la Suède et la Tunisie, deux adversaires à la portée des Pays-Bas que l’on pourrait comparer à Parme et Bologne. Pour autant, il n’y a aucune confirmation que l’oiseau fasse son nid lors des matchs à élimination directe contre des nations d’un autre standing. En somme, Malen reste un joueur modeste qui n’a pas le calibre de ses aînés. Pour une sélection toujours en quête d’une première étoile, c’est sur ce point-là que le bât blesse.

L’espoir peut venir des vieux empereurs

Les 18 millions de Néerlandais restent cependant optimistes et la présence de Ruud Van Nistlerooy dans le staff technique de Ronald Koeman est une des rares sources d’espoir. En janvier dernier, l’ancien avant-centre de Manchester United a rejoint la sélection, notamment pour épauler les attaquants, comme Donyell Malen, dans le dernier geste.

Nous ne pouvons que créer les meilleures conditions pour qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes.

Ronald Koeman

En conférence de presse avant le match face au Japon ce dimanche à 22 h, Koeman a rappelé l’importance de son adjoint : « ll se promène toujours avec son ordinateur portable pour parler aux attaquants et discuter des choix qu’ils font, de ce qu’ils peuvent changer dans leurs courses et leurs décisions. Avec son expérience et ses connaissances de grand attaquant, il essaie d’apporter de l’attention et de la confiance aux joueurs. » Van Nistelrooy a beau connaître son métier, ce travail tactico-technique de quelques semaines ne peut pas complètement métamorphoser un joueur et le transformer en Robin van Persie du jour au lendemain.

Trop limité pour sauver l’empire

Ronald Koeman lui-même en a exposé les limites : « Finalement, tout repose sur le joueur, car c’est lui qui doit concrétiser l’occasion. Nous ne pouvons que créer les meilleures conditions pour qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes. » Après des saisons en dents de scie, Donyell Malen semble déjà avoir atteint cette meilleure version de lui-même à la Roma. Il peut en être fier : commencer une Coupe du monde comme titulaire avec son pays est une sacrée performance en soi.

Néanmoins, ce n’est pas suffisant pour que les favoris de cette Coupe du monde aient peur de l’attaquant néerlandais. Malen est devenu un attaquant international de qualité, sans pour autant franchir le cap qui sépare les bons joueurs des grands buteurs. Ce plafond de verre résume à merveille les Pays-Bas dans les grands tournois depuis plus d’une décennie : une équipe séduisante sur le papier, capable de produire du jeu, mais privée de cet attaquant clinique capable de faire basculer les matchs du bon côté. Les Néerlandais attendront donc encore un peu pour trouver CE grand attaquant qui leur permettra de redevenir un grand favori à la victoire finale. Peut-être que d’ici-là, les éoliennes auront définitivement remplacé les moulins.

Par Mathis Blineau-Choëmet


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