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La frappe de loin, l’autre arme des Bleus avant France-Espagne

Par Julien Faure
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La frappe de loin, l’autre arme des Bleus avant France-Espagne

Auteurs de plusieurs buts depuis l’extérieur de la surface depuis le début du Mondial, les Bleus se sont offert une nouvelle arme offensive, qui colle à leur style de jeu mais aussi aux oppositions rencontrées jusqu’ici. Si tout cela donne un air de France 2018 à cette équipe de France, qu’en faire face à l’Espagne ?

Le vintage est décidément à la mode de l’autre côté de l’Atlantique. Pendant que les buteurs se lancent dans une course effrénée vers le pichichi mondial ou que les quatre demi-finalistes se donnent rendez-vous pour des remakes mondiaux qui ont chacun 20 ans ou plus, l’équipe de France ne déroge pas à la règle. En cet été 2026, l’attaque tricolore marche dans les pas du Brésil 2002, la France dépoussière le numéro 10 et Michael Olise rafraîchit le souvenir de Michel Platini ; un ajustement tactique qui permet aux Bleus de renouer avec la profondeur, comme l’a souligné L’Équipe. Mais si les hommes de Didier Deschamps brillent autant offensivement, c’est aussi parce qu’ils ont retrouvé un certain goût pour la frappe de loin.

Une petite révolution

Avec déjà quatre buts inscrits depuis l’extérieur du rectangle depuis le début du tournoi, les Français se montrent à leur aise dans le domaine. Seule la Suède est à leur hauteur, mais celle-ci a quitté la compétition depuis belle lurette et en avait posé trois en ouverture contre la seule Tunisie. La dernière fois que les Bleus se sont montrés aussi prolifiques dans l’exercice au cours de la grande compétition internationale ? La Coupe du monde 2018, comme par hasard. Au Mondial 2022 ? Un seul but. Les deux derniers Euro ? Un seul là aussi, en cumulé. Bref le bilan est maigre ces dernières années.

En Russie, les Bleus avaient planté à quatre reprises depuis l’extérieur de la surface, à chaque fois en phase à élimination directe, par l’intermédiaire de Paul Pogba (Croatie), Antoine Griezmann (Uruguay), Benjamin Pavard (Argentine) et Kylian Mbappé (Croatie). Si les deux premiers cités étaient plutôt coutumiers du fait (la Pioche a inscrit le seul but hors de la surface à l’Euro 2020) et que Pavard a disparu du livre, Mbappé est plus que jamais présent. Il a d’ailleurs signé deux des quatre buts bleus hors de la surface aux États-Unis, les deux autres étant l’œuvre d’Ousmane Dembélé. Le total tricolore de 2026 égale donc déjà celui du dernier titre mondial des Bleus. De quoi se réjouir, alors que la bande de DD ne manque pas d’armes dans le domaine et que la gonfle du Mondial favorise l’exercice.

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En 101 frappes au Qatar, seules 28 frappes avaient été déclenchées depuis l’extérieur de la surface par l’équipe de France. En Amérique du Nord, les Français en facturent déjà 49, pour 110 frappes tentées. On est donc grossièrement passé d’un tiers à près de 45% de tentatives lointaines. Un changement radical, qui s’explique en partie par les blocs très bas auxquels a dû se frotter l’équipe de France et par les qualités des joueurs qui composent l’effectif.

Au milieu, la triplette Rabiot, Koné, Tchouaméni n’a pas encore réglé la mire dans l’exercice, mais elle a déjà su se montrer menaçante. C’est d’ailleurs le Romain qui n’est pas passé loin de débloquer la situation contre le Paraguay sur une de ces tentatives quand, dans un autre registre, Lucas Digne a fracassé a barre de la sorte face au Maroc. Du côté du Madrilène, peu de chance qu’il oublie son but face à l’Angleterre il y a quatre ans, le seul but hors de la surface de la France au Qatar.

Devant eux, les quatre fantastiques ont tous cette corde à leur arc. Dembélé et Mbappé l’ont déjà montré, mais Olise et Doué n’ont plus vraiment à faire leurs preuves dans l’exercice. Avec des joueurs en confiance dans le domaine, il est donc plus simple d’oser de loin, plutôt que de s’imposer une longue ronde autour de la défense adverse. Surtout que tout cela oblige l’arrière-garde à s’adapter.

Une arme pour les blocs bas, mais pas que

Si l’on dissèque les quatre buts des Bleus dans cette configuration, on remarquera que celui de Kylian Mbappé face à l’Irak est arrivé sur attaque placée, quand les trois autres l’ont été… en transition ou après une récupération (pour quelques centimètres, on pourrait même ajouter à ce total l’ouverture du score de Mbappé face au Maroc). Et c’est peut-être là le plus intéressant pour ces Bleus. Car ces derniers, s’ils ont une indéniable capacité à jouer dans les petits espaces, sont très attendus dans ce domaine et donc surveillés de près par les défenses adverses, qui laissent fatalement plus de marge à distance.

Sur leurs phases de transition ou de contre-attaque, les Français ont donc l’avantage d’avoir leur vis-à-vis sur les talons. Face au porteur de balle évidemment, mais aussi face aux appels profonds de ceux qui se proposent en solution. Dans cette configuration, cela devient plus compliqué pour le défenseur de renvoyer son corps vers l’avant pour ressortir sur une frappe, surtout s’il s’attend à devoir couvrir une passe et un autre joueur. De l’autre côté, tirer plus tôt, c’est aussi anticiper le retour sur sa ligne du gardien. Bounou aurait-il fait sa faute de main sur le deuxième but français en étant sur sa ligne ? Mendy s’attendait-il à voir Mbappé déclencher des 30 mètres ?

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Face à une équipe espagnole que l’on attend avec le ballon dans les pieds à Dallas, c’est une option supplémentaire pour des Bleus qui devraient attaquer à fond les espaces sur leurs transitions rapides. Une problématique de plus pour l’Espagne, qui joue déjà très haut pour installer le piège du hors-jeu, alors que cela pourrait obliger ses défenseurs à serrer d’encore plus près les offensifs tricolores, ce qui comporte des risques en cas de prise de vitesse et réduit les possibilités de contrôle.

Et si les Bleus obtiennent de temps à autre de longues séquences de possession, il y a fort à parier qu’ils ne chercheront pas à garder à tout prix la gonfle pour en priver leurs adversaires. Les milieux pourraient donc légitimement envoyer quelques pralines sur des mouvements plus statiques, comme peut le faire Michael Olise, déjà décisif de la sorte face à l’Irlande. Alors que les tentatives de loin sont souvent l’apanage des premiers tours, les Bleus avaient su en faire une force lors de la phase finale en 2018. Ousmane Dembélé a relancé la machine face à la Norvège, aux Bleus de la faire tourner à plein régime, elle pourrait les emmener très loin.

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Par Julien Faure

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