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Coup de foudre à Philadelphie : après l’éclair, tout est clair

Par Tristan Claeyssen
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Coup de foudre à Philadelphie : après l’éclair, tout est clair

Lundi, c’était son jour. La foudre n’a pas simplement connecté les neurones du trio Mbappé, Dembélé, Olise, elle s’est surtout abattue aux alentours du stade Lincoln Financial Field de Philadelphie. Cette situation a poussé les acteurs de la rencontre à ronger leur frein, et les spectateurs à s’accorder une pause légèrement plus longue qu’un hydration break. Cette situation pourrait être amenée à se répéter dans ce Mondial.

C’est assez rapidement que la foudre a fait son apparition entre les Bleus et l’Irak, plus spécifiquement à la 14e minute lorsque Mbappé a, d’une frappe du pied gauche, transpercé les filets d’Ahmed Basil. Un éclair dans l’après-midi américaine qui n’a pas plu à Zeus, dieu de la foudre, qui s’est empressé de balancer quelques minutes plus tard une pluie torrentielle sur la pelouse de Philadelphie, puis de vrais éclairs quelques kilomètres plus loin. Une situation difficilement compréhensible pour les 4,9 millions de personnes devant M6, mais banale pour des Américains habitués à ce genre de situation.

Des conditions bien précises

Dès l’annonce de la suspension du match, les 67 000 spectateurs n’ont pas fait de vieux os en tribune, allant se retrancher dans les coins protégés de l’enceinte. Raymond Piccoli, directeur du laboratoire de recherche sur la foudre, comprend facilement cette situation. « Ça arrive des centaines de fois par an aux États-Unis dans plein de sports différents. Ils s’en fichent des conséquences financières mais ils insistent vraiment sur la sécurité. Il faut savoir qu’aux États-Unis, il y a des règles qui sont infiniment plus strictes qu’en France concernant les orages », résume celui qui dirige l’unité de recherche Pégase, même si sa dernière allégation ne sera pas validée par la FIFA.

Le paratonnerre, c’est comme un gilet pare-balles : ce n’est pas parce qu’on en a un qu’il faut se faire tirer dessus.

C’est en même temps difficile de faire pire que dans notre bonne vieille France, puisque les règles de précaution n’existent pas vraiment. « En France, il y a une méconnaissance de ces problèmes-là. Je vois à quel point c’est difficile dans le sportif d’aborder ces problématiques », explique Raymond Piccoli. Au contraire, chez l’Oncle Sam, le règlement est précis : une bulle de sécurité est installée autour de l’évènement et du stade. « La règle peut varier en fonction des États, mais cette bulle de sécurité s’étend environ autour de 12 à 13 km et dès qu’un impact de foudre est détecté dans cette bulle, c’est un arrêt minimal d’une demi-heure. Si dans ce laps de temps de 30 minutes vous avez un éclair qui est détecté dans cette bulle, tout est arrêté instantanément », nous explique le chercheur du Cantal. « Ce n’est pas uniquement pour le match et les joueurs, puisque la règle est appliquée même s’il n’y a que trois personnes. Même si au bout de dix minutes il n’y a pas de nouveaux éclairs, le match ne peut pas reprendre. Il faut attendre 30 minutes », conclut-il.

Pour le temps d’arrêt, il s’agit simplement « d’une preuve que l’orage s’évacue géographiquement, ou qu’il est en train de mourir. C’est un temps qui évite énormément d’accidents. » Raymond Piccoli lui fixerait même la distance à 20 km plutôt que 13 km, considérant que l’espacement avec la zone principale de l’orage permet la sécurité de tous. Et même si les torrents de pluie ont pu mettre la puce à l’oreille concernant l’arrêt probable de la rencontre, l’expert assure que la rencontre aurait pu être arrêtée dans des circonstances très différentes pour l’œil humain : « Vous pouvez avoir des décharges déportées en dehors de la cellule, en dehors de la zone de pluie, y compris avec le ciel bleu au-dessus. »

Pas au bout de nos surprises

La prévention est donc primordiale pour éviter tout incident dans les stades, des grands bâtiments qui font de l’œil à la foudre et qui nécessitent une attention particulière. Certes, ils sont généralement dotés de paratonnerre, mais c’est « comme un gilet pare-balles, ce n’est pas parce qu’on en a un qu’il faut se faire tirer dessus », image-t-il. La vigilance est d’autant plus importante que l’on ne sait jamais où ni comment la foudre va surgir. « Elle peut arriver au milieu du terrain et mettre quelques joueurs à terre (comme au Pérou l’année dernière), mais elle peut frapper dans les tribunes et faire plusieurs morts. Les coups de foudre n’ont d’ailleurs pas la même intensité, ils peuvent varier et être beaucoup plus puissants que ceux entendus lors du match des Bleus », décrit le scientifique.

Raymond Piccoli ne serait d’ailleurs pas surpris de voir plusieurs matchs de ce Mondial stoppés voire carrément arrêtés en raison de risques. « Tout le territoire continental des États-Unis, hormis l’Alaska, peut être soumis à des orages puissants et dangereux. La Coupe du monde est dans une période intensément orageuse, surtout sur ces périodes-là, explique-t-il. Par rapport aux États-Unis, il y a des raisons majeures de penser que statistiquement, les stades peuvent être soumis à de gros orages, et voir des suspensions plus longues, voire carrément la fin du match. » Coup de foudre à Notting Hill pourrait avoir de la concurrence dans les prochains jours, au grand désespoir des veilleurs de nuit qui enchaînent les soirées football nocturne.

Mateta fait comme Wemby

Par Tristan Claeyssen

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