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Claude Puel, source d’énergie renouvelable

Par Mathieu Rollinger
Claude Puel, source d’énergie renouvelable

Il y a une semaine encore, Claude Puel était sur le point de se faire éjecter de l’appareil Leicester City. Mais après avoir accroché les scalps de Maurizio Sarri et Pep Guardiola au-dessus de sa cheminée, le coach français a renversé l’opinion de manière spectaculaire. La moindre des politesses, après une année 2018 éprouvante.

Il ne faut jamais enterrer Claude Puel et ses Foxes. La preuve mercredi dernier. Quand au bout d’un quart d’heure de jeu, Bernardo Silva ouvrait le score pour Manchester City et laissait penser qu’aucun cadeau ne serait fait à Leicester en ce Boxing Day. Mais non, trois minutes plus tard, Marc Abrighton s’est chargé de remettre les siens dans le coup. « On a eu cette bonne réaction comme on le fait depuis le début de la saison, se réjouissait Puel. Quand on encaisse un but, on sait revenir dans le match. » Mais cette science du rebond ne se cantonne pas uniquement à l’échelle d’un match.

Il y a encore une dizaine de jours, le technicien était lui-même en pole de la « Sack Race » , la liste officieuse des entraîneurs sur la sellette, établie par les bookmakers anglais. Avant de se rendre à Stamford Bridge samedi dernier, le Daily Mail assurait que le Français avait perdu le soutien du vestiaire, quand Jamie Vardy étalait ses états d’âme sur Sky Sports à propos du jeu de possession prôné par son coach. « C’est un peu frustrant » , bougonnait l’attaquant anglais, en admettant dans la foulée que c’était aussi à lui de s’adapter.

Du Puel plein les réserves

Depuis, Vardy a offert la victoire face à Chelsea (0-1) et les Foxes ont fait tomber les champions d’Angleterre en titre à la maison (2-1). Alors que Claude Puel retrouvait du crédit, c’est José Mourinho qui faisait ses bagages, donnant tort aux bookmakers, et permettant au Castrais de faire valoir son nouveau leitmotiv : « Quand on encaisse, on sait revenir. »

Pendant les turbulences, celui-ci est resté serein. « Vous m’avez déjà vu avoir peur quelque part ? Non, défiait-il au micro de France Info. C’est la Premier League, il y a toujours des spéculations autour des entraîneurs. Quand il y a deux défaites, il y a toujours beaucoup de remise en question. Mais il ne faut pas faire attention à tout ça, il faut suivre son chemin. » Et de la même manière qu’il ne s’affole pas après deux revers (il n’en a d’ailleurs jamais enchaîné plus de deux cette saison), Puel ne s’enflammera pas après une série de deux victoires (puisqu’il n’en a jamais enchaîné plus de deux non plus), aussi prestigieuses soient-elles.

L’essentiel est bien ailleurs. Car si Leicester a fait un bond de la douzième à la septième place du championnat – une position plus concordante avec ses ambitions européennes –, ce qui doit rassurer les fans est de voir que leur club a survécu à un traumatisme qui aurait pu le plomber sur le long terme. Le 27 octobre dernier, le propriétaire Vichai Srivaddhanaprabha trouvait la mort lorsque son hélicoptère s’écrasait sur le parking du King Power Stadium, après un match face à West Ham (1-1). Un vrai choc pour le club et pour ses membres. Mais une fois l’onde passée, les coéquipiers de Wes Morgan ont su trouver l’énergie pour faire honneur à leur boss thaïlandais disparu.

L’énergie du désespoir

« Quand les épreuves de la vie frappent, il y a deux façons de les appréhender, analysait Claude Puel pour L’Équipe. Soit on baisse pavillon et on sombre, soit on avance, on regarde devant et on en sort plus fort. » Pour lui, il allait de soi d’aider ses joueurs à choisir la seconde option : « J’ai essayé de m’adapter à la personnalité de chacun d’entre eux, de proposer des choses différentes pour rassembler leurs énergies. Dans des moments aussi douloureux, on apprend beaucoup sur soi-même.[…]On aurait bien sûr préféré ne pas avoir à vivre ces événements tragiques. Mais puisque c’est le cas, ils doivent être capables de s’en servir pour grandir et pour se forger mentalement. »

Face à d’autres situations funestes, la Fiorentina et Le Havre avaient trouvé la force pour briller (5 victoires de rang pour la Fio, 8 matchs sans défaite pour le HAC et une place de barragiste) après les pertes de Davide Astori en mars et de Samba Diop en avril, et ainsi faire honneur à ceux qui étaient tombés. Pourtant, par une correction évidente, Claude Puel se refusait de surfer sur ce drame. « On ne peut pas faire toute une saison sur l’émotion, assurait-il à L’Équipe. Cet événement restera toujours ancré en eux(les joueurs, N.D.L.R.)et les accompagnera pendant tout leur cheminement. Mais je ne veux pas utiliser ce ressort, car c’est à double tranchant. Il faut revenir à une certaine normalité dans le travail. » Et aujourd’hui, la normalité serait d’engranger une troisième victoire de suite ce samedi contre Cardiff.

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Par Mathieu Rollinger

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