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Faut-il mettre fin aux confrontations nationales en barrages de coupe d'Europe ?
Une question, deux points de vue. Aujourd’hui, Tom Binet et Ulysse Llamas se prennent le chou sur cette question existentielle : en a-t-on déjà marre des matchs franco-français en barrages de Ligue des champions ? Sans mauvaise foi, bien sûr.

Non, car ce PSG-Monaco sera excitant

Tom Binet
« Pour moi, c’est positif pour le football français. On va avoir deux belles soirées. » Si le discours de Thiago Scuro pouvait difficilement sortir des sentiers battus après le tirage au sort lui offrant une double bataille contre le PSG, le directeur sportif monégasque n’a pas tort. N’en déplaise à tous les tenants de l’idée selon laquelle une confrontation entre deux clubs d’un même pays en Coupe d’Europe n’est qu’une redondance sans saveur. Mais pourquoi les rivalités nationales ne pourraient-elles pas également s’entretenir sur la scène continentale ? Tout le monde se souvient pourtant du choc entre l’OL et les Girondins de Bordeaux, deux équipes alors au sommet de leur art, en 2010. Un duel avait marqué une époque, quelques mois après avoir vu la bande à Laurent Blanc mettre fin à l’hégémonie nationale rhodanienne.
« Qui était là pour se plaindre des quatre Barça-Real en moins de trois semaines ? »
Seize ans plus tard, le rapport de forces est plus déséquilibré, mais c’est bien vite oublier que l’AS Monaco reste sur un succès face au PSG. Le « plus mauvais match de la saison » des Parisiens, dixit Luis Enrique. Sentiment de revanche d’un côté, connaissance de la recette de l’autre : voilà qui promet. Faute de mieux, cette ASM apparaît comme l’un des concurrents les plus réguliers du tout-puissant club de la capitale depuis une décennie. Nul doute que barrer la route des champions d’Europe en titre renforcerait d’office la rivalité entre les deux clubs pour les mois (et les années ?) à venir. Ajoutez à cela la certitude que le portier parisien, quel qu’il soit, a toutes les chances d’y laisser un membre et vous avez déjà hâte d’y être.
Forcément, une confrontation entre deux équipes d’un même pays signifie un énième affrontement entre deux clubs habitués à se croiser. Mais qui était là pour se plaindre des quatre Barça-Real en moins de trois semaines (dont une demi-finale de Ligue des champions) au printemps 2011 ? Personne ! Pas plus qu’il n’y en aura pour critiquer un Arsenal-Liverpool ou autre Inter-Juventus, sous prétexte que ces clubs seraient plus prestigieux. D’autant qu’à ce niveau là, les cadors européens se rencontrent tous les ans ou presque à ce stade de la compétition, même championnat d’origine ou pas. Alors pour ce qui est de l’exotisme, on repassera.
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Oui, parce la coupe d'Europe, c'est le voyage

Ulysse Llamas
Les matchs de Ligue 1 en barrages de Ligue des champions, on en a déjà marre. Des PSG-Monaco, il y en a déjà deux par an. L’Europe, c’est le voyage, la découverte, la rencontre, pas une fête des voisins. Jacques Ferran et Gabriel Hanot, la version foot de Robert Schumann et Jean Monnet, ont créé la coupe d’Europe des clubs dans ce sens. Dans les années 50, il fallait que Reims aille apprendre le foot à Madrid. Ensuite, on était bien contents d’entendre les noms du Partizan Belgrade, du Feyenoord Rotterdam et du Celtic dans nos transistors. Brest aurait dû être éliminé par ces clubs la saison dernière, pas aller à Paris la semaine du salon de l’agriculture.
« La France n’a que plus que deux représentants, c’est stupide qu’ils s’entretuent »
Le foot français en Europe, c’est des désillusions, des foirés à Székesfehérvár (la ville de Videoton, bien sûr !), à Fribourg ou à Donetsk. Dans quelques semaines, on aurait rajouté Qarabağ et Newcastle à la liste. Conclusion : laissons les chances de voir ces voyages en abolissant les confrontations nationales avant les quarts de finale.
Personne ne se souvient de la double confrontation Bayern Munich – Bayer Leverkusen en huitièmes de finale la saison dernière. Dortmund-Bayern en 2013, les Real Madrid-Atlético de 2014 et 2016 et le Bordeaux-Lyon de 2009-2010, c’était épique. Ces matchs restent en mémoire parce qu’ils atteignent des sommets de rivalité, pas parce qu’ils sont de vulgaires rampes de lancement vers le printemps. De plus, la France n’a que plus que deux représentants, contrairement à ces ogres d’Anglais. C’est stupide qu’ils s’entretuent. Et on n’a même pas abordé la question de l’indice UEFA.
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Par Tom Binet et Ulysse Llamas, avec leurs gants de boxe






















































