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Cassano, l’absence fatale ?

Eric Maggiori
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Cassano, l’absence fatale ?

De retour depuis quelques matches après son AVC à la fin du mois d’octobre, Antonio Cassano a déjà régalé avec un but et deux passes décisives. Une vraie question se pose : s’il avait été là toute la saison, le Milan AC serait-il deuxième ?

L’interrogation. La peur. L’incompréhension. Le doute. Le soulagement. L’attente. L’espoir. Le renouveau. Voilà, en quelques mots et quelques états d’âme, l’année d’Antonio Cassano. Fantantonio est de retour, et c’est tant mieux. Tant mieux pour le Milan AC. Tant mieux pour la Serie A. Tant mieux pour la Squadra Azzurra. Le joueur, que l’on pensait ne pas revoir avant la saison prochaine, a brûlé les étapes pour venir filer un coup de main à ses potes dans le sprint final vers le Scudetto. Un but contre Sienne, et deux passes décisives pour son compère Zlatan : merci pour la contribution. Malheureusement, pour le titre, il est semble-t-il trop tard.

La Juve a trois points d’avance, quatre si l’on prend en compte le fait qu’elle est également devant lors des confrontations directes, et file vers un titre qui lui est désormais promis. Or, tous les tifosi rossoneri se posent actuellement la même question : et si Cassano avait fait toute la saison ? Oui, peut-être que le cours de l’histoire en aurait été altéré. Car depuis son arrivée, en janvier 2011, il y a incontestablement un Milan sans et un Milan avec Cassano. Ses stats : 7 buts et 16 passes décisives en 30 matches de Serie A, en plus d’un feeling incroyable avec Ibrahimovic. Le Suédois, au moment où le Milan AC pensait à faire venir Carlos Tevez pour pallier l’absence de Cassano, résumait d’ailleurs parfaitement la situation : « Personne ne peut remplacer Cassano » . Voilà qui devait être dit.

« Je ne comprenais plus rien »

Revoir Cassano aussi rapidement, personne ne l’aurait imaginé. Lorsqu’il fait un malaise, au retour d’un déplacement à Rome à la fin du mois d’octobre, c’est l’inquiétude. On apprend quelques heures plus tard que le joueur a été victime d’un AVC, et que sa carrière est donc menacée. Une opération au cœur plus tard, le joueur admet qu’il a réellement flippé ( « Pendant 36 heures, je ne comprenais plus rien, je ne me rappelais de rien et j’avais du mal à parler » affirme-t-il dans une interview à Studio Sport), mais promet d’être de retour la saison prochaine. Commence alors une convalescence où le joueur reprend tout doucement l’exercice physique, puis l’entraînement, en assistant à la chevauchée de son Milan AC vers son deuxième Scudetto d’affilée. A la fin du mois de mars, Cassano fait sourire tout le clan milanais, en annonçant qu’il sera disponible pour les derniers matches de la saison.

Manque de bol, au lieu d’être galvanisés par cette bonne nouvelle, les Milanais se déconcentrent et dilapident en quelques matches leur avance sur la Juve, se faisant même doubler puis distancer par la Vieille Dame. Un moment de flottement de quelques matches qui va visiblement leur être fatal. Un moment de flottement qui, d’ailleurs, correspond à une véritable difficulté des attaquants à marquer des buts : ces derniers temps, Milan marque peu, et lorsqu’il le fait, c’est souvent grâce à Ibra. Un problème qui ne se posait pas la saison dernière, lorsque Cassano offrait caviar sur caviar à Robinho, Pato et ce même Ibra. Confirmation sur le terrain : dimanche, à Sienne, Anto’ est titularisé pour la première fois depuis son AVC. Bilan : un but qui débloque la situation, puis deux passes décisives pour Zlatan. Score final, 4-1. Personne ne croira qu’il s’agit là d’un hasard.

Peter Pan et Supermario

Difficile, donc, de répondre à la question. Selon le vieil adage « avec des si, on refait le monde » , on peut en effet imaginer que si Cassano n’avait pas subi ce foutu AVC, Milan serait peut-être en tête du championnat, à l’heure actuelle. Mais peut-être aussi nous aurait-il gratifié en cours d’année d’une fameuse « cassanade », qui lui aurait valu des matches de suspension et une brouille avec son entraîneur. Impossible de le savoir. En revanche, ce que l’on sait, c’est que ce joueur est devenu, en peu de temps, indispensable au Milan AC. Le temps où l’on parlait plus de lui pour ses frasques que pour ses prestations semble loin derrière. Les deux épisodes marquants que sont la naissance de son fils Christopher et son AVC ont fait grandir cet éternel enfant, surnommé à raison Peter Pan. Certes, cela ne l’empêchera pas d’aller mettre un coup de pied au cul de Zlatan au terme du match contre Sienne, mais Cassano a gagné en maturité, c’est indéniable. Son AVC aura même eu « l’avantage » (si l’on peut le qualifier ainsi) de le rendre sympathique aux yeux de ceux qui ne pouvaient pas le piffrer.

Si le Milan AC ne pourra vraisemblablement pas profiter cette saison du retour de Cassano pour aller décrocher le titre (rendez-vous l’année prochaine), il y en a un qui se frotte les mains. Il s’appelle Cesare Prandelli. Lorsque Cassano avait subi son AVC, le sélectionneur italien avait promis qu’il l’attendrait, et qu’il serait même prêt à l’emmener à l’Euro en tant que 23ème homme. Il n’en aura pas besoin. Cassano sera prêt pour la compétition, pour le plus grand bonheur de Prandelli et des tifosi italiens, qui imaginent déjà la possible association avec Mario Balotelli. A 30 ans, et après être passé à côté de la Coupe du Monde 2006 à cause de ses prestations déplorables avec le Real Madrid, le fantasista se dit que, forcément, cet Euro 2012 doit être le sien. Après la drôle de saison qu’il vient de vivre, ce serait tout de même une sacrée conclusion.

Un Panichelli vous manque, et tout est dépeuplé

Eric Maggiori

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