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Gabriel, celui qui bloque et qui débloque

Par Julien Faure
5 minutes
Gabriel, celui qui bloque et qui débloque

Déjà deux fois décisif et ultra influent depuis son retour de blessure, Gabriel démontre match après match qu’il est le catalyseur d’une équipe d’Arsenal qui marche plus que jamais vers le titre. Après une absence prolongée à l’automne, les Gunners ne peuvent plus se permettre de le perdre.

Gabriel Dos Santos Magalhães, dit Gabriel, bientôt dit Gabigol. Qui eut cru, lorsqu’il passait trois ans dans l’Hexagone, entre Troyes et Lille, que Gabriel serait un jour l’un des tout meilleurs défenseurs centraux de Premier League, pilier d’une équipe d’Arsenal en quête de titre et de couronne nationale ? À 28 ans, il est enfin venu le temps de la consécration pour le natif de São Paulo. À 28 ans, il est surtout venu le temps d’étoffer un palmarès qui compte plus de places de vice-champion (Lille 2019, Arsenal 2023, 2024, 2025) que de trophées (champion de Croatie 2018 avec le Dinamo Zagreb, Community Shield 2023). Chez les Gunners, et avant d’affronter Liverpool (21h), on compte en tout cas largement sur lui.

Défense d’entrer

Pour poser les bases d’entrée, il convient d’avancer quelques chiffres, qui témoignent de l’influence du Brésilien sur les résultats de son équipe. Depuis son arrivée à Londres à l’été 2020, il a disputé 174 rencontres avec les Gunners en championnat, pour 64% de victoires, 19% de défaites, 2,1 points pris par rencontre et 0,9 but encaissé par match en moyenne. Sur cette période, le central a manqué 36 rencontres de PL, voyant le taux de victoires d’Arsenal chuter à 44%, pour 25% de défaites et 1,6 point pris par match seulement. Derrière, les hommes d’Arteta encaissent 1,1 but par rencontre sans leur roc auriverde. Comprenez, il y a donc un Arsenal avec et un Arsenal sans Gabriel.

Avec un peu plus de six duels aériens disputés par match et un pourcentage de réussite surpassant les 60%, Gabriel est avant tout gage d’engagement pour son technicien basque. Surtout cette saison, où il domine certaines catégories statistiques de la tête et des épaules. Depuis la reprise, et avec seulement 14 matchs de championnat dans les pattes donc, il a déjà contré 16 tirs, loin devant Rice (7). Personne ne fait mieux en matière de dégagements avec 75 occurrences (Saliba est deuxième avec 58). Tout ça en sachant rester propre et dur sur l’homme, lui qui n’a plus vu rouge en championnat depuis sa deuxième saison dans le Royaume.

Dans un secteur défensif où une grande majorité des éléments ont été touchés par les blessures cette saison (Saliba, Calafiori, White, Hincapie, Mosquera), Gabriel n’a pas dérogé à la règle. Sorti à cause d’un pépin à la cuisse avec le Brésil en amical mi-novembre, le défenseur a mis six semaines à retrouver les terrains. À son entrée à l’infirmerie, les Gunners n’avaient concédé que cinq buts en Premier League. Le chiffre a presque triplé désormais (14).

Avec lui cette saison en championnat, les hommes de Mikel Arteta réalisent un clean sheet un match sur deux (14 matchs). Sans lui, le ratio tombe à un match sur trois (6 matchs). Si on pinaillait, ces chiffres pourraient être encore plus parlants, puisqu’il n’était pas encore entré au moment du but encaissé face à Brighton et avait déjà quitté le terrain lorsqu’Aston Villa a réduit la marque lors des deux matchs disputés après son retour. On peut même se demander si lors de la défaite à Villa Park début décembre, il n’aurait pas pu sortir la frappe victorieuse d’Emiliano Buendia en taclant au devant de l’Argentin, un ballon qui traînait dans la surface. Depuis sa reprise, il n’y a finalement que contre Bournemouth qu’il a vu son équipe encaisser un but depuis la pelouse, sa responsabilité étant même pleinement engagée sur l’ouverture du score.

Laurent Koscielny dans le viseur

Mais l’ancien Lillois n’est pas qu’une bête défensive. Son dada ? Les buts, sur coups de pied arrêtés évidemment, et les corners tout spécifiquement, du haut de son 1,90 m et d’un certain goût pour le contact. D’ailleurs, toutes ses réalisations cette saison proviennent de ces phases de jeu ou en découlent indirectement – et pour débloquer ou renverser un match si possible. Sa bévue contre Bournemouth par exemple ? Vite corrigée, puisque le Brésilien s’est offert l’égalisation moins de 10 minutes plus tard. Un but salvateur pour les Gunners, embarqués dans un mauvais bourbier au Vitality Stadium, qui a impressionné son coach.

Encore une fois, le mec qui débloque la situation, c’est le défenseur central.

Thierry Henry

« Je pense que ce qu’il a fait après sa grosse erreur qui nous a coûté un but, la façon dont il a réagi, dont il a joué ensuite, dont il a transmis son énergie après ça, c’était remarquable. Je suis très, très impressionné par ce qu’il a fait », a ainsi lâché Arteta, tout aussi bluffé quelques jours plus tôt après la claque infligée à Aston Villa : « Il revient de blessure plus rapidement que prévu, il joue contre l’équipe qui est peut-être la plus dure à contrôler et il impacte le match d’une façon incroyable, en défense, mais aussi dans la surface adverse. »

D’un but sur corner bien sûr, libérateur et déclencheur d’une belle avalanche ensuite. Désormais à deux buts de Laurent Koscielny et de son record de 22 buts en Premier League pour un défenseur d’Arsenal, le Brésilien voit certainement plus loin. Mais son influence offensive va bien au-delà : en son absence, les Gunners n’ont planté qu’une seule fois sur corner dans le Royaume, grâce à un but contre son camp du gardien de Wolverhampton. Signe qu’il concentre l’attention lorsqu’il est présent. Après un succès à l’Emirates face à l’Atlético où le défenseur a ouvert le score fin octobre (4-0), Thierry Henry, pour CBS, n’avait d’ailleurs pas manqué de noter que c’était souvent lui qui changeait la donne pour Arsenal : « Encore une fois, le mec qui débloque la situation, c’est le défenseur central. »

Mais au-delà des stats et des buts, Gabriel a surtout une bonne gueule de garant de l’âme de cet Arsenal. Lorsqu’il est sur le pré, il est le premier à haranguer la foule comme ses partenaires, à crier, à encourager, à râler aussi et à venir emmerder les adversaires. Sa présence seule semble rassurer tout un collectif, dont il est un des premiers maillons. Homme de base d’Arteta, aux côtés de Declan Rice ou de Bukayo Saka, il est l’heure de s’affirmer encore un peu plus dans la course au titre. D’un but sur corner face au champion en titre et Virgil van Dijk ? Why not.

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