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Antoine Rabillard : « Sur le but de la montée, j’ai chialé comme un gamin  »

Propos recueillis par Clément Gavard
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Antoine Rabillard : «<span style="font-size:50%">&nbsp;</span>Sur le but de la montée, j’ai chialé comme un gamin  »

Au Mans depuis 2023, Antoine Rabillard fait partie de la joyeuse troupe qui a emmené le club sarthois en Ligue 1 au bout d’une saison extraordinaire pour l’équipe qui a enchaîné deux montées. La dernière fois que l’attaquant de 30 ans a joué dans l’élite, c’était il y a quasiment une décennie, avec l’OM. Entretien avec un homme heureux.

Première question après la cérémonie des trophées UNFP : vous êtes promus dans l’élite, mais aucun joueur du Mans ne figure dans l’équipe type de Ligue 2. Comment tu l’expliques ?

On en rigolait sur la fin de saison avec l’équipe parce qu’on savait qu’aucun joueur n’était nommé. C’est là qu’on s’est dit que le coach était très fort ! Avec zéro joueur nommé dans l’équipe type, il arrive à nous faire monter en Ligue 1, ça montre tout le travail qu’il y a eu de chaque personne du club pour arriver à ce niveau. On a toujours su qu’on n’avait pas les meilleurs joueurs individuellement, mais on avait une force collective tout au long de la saison qui nous a permis de gagner des matchs. À choisir, je préfère monter en Ligue 1 plutôt que de recevoir un trophée individuel. On était plutôt tous très déçus pour le coach parce qu’il le méritait vraiment (Stéphane Dumont, l’entraîneur de Troyes, a été sacré meilleur entraîneur de L2, NDLR).

Un peu moins de 72 heures après cette folle soirée de samedi à Bastia et la (presque) officialisation de la montée, est-ce que tu réalises ? 

On va s’en rendre compte petit à petit, c’est demain (mercredi) qu’on va célébrer ça à la mairie et au stade, où plus de 18 000 personnes ont déjà pris leurs billets. Tout le monde pensait qu’on allait jouer le maintien et on enchaîne sur une double montée. C’est surtout le fait de rentrer dans l’histoire du club, ça marque notre carrière, ce sont des moments uniques. Tout ce groupe, on aura notre nom à jamais dans l’histoire du club, c’est super beau.

On avait cette image en tête de la balle de la montée ratée par Martin Rossignol contre Reims le week-end précédent, c’est quelque chose qu’il a fallu digérer dans la semaine ?

Oui, forcément. On avait tous les images des célébrations de la montée à domicile la saison dernière dans la tête, on avait envie de revivre ça au Mans. On avait envie d’aborder ce dernier match en étant sûrs de monter en L1, mais c’est là aussi qu’on voit que le nul à l’extérieur contre Grenoble, ce n’était pas un bon résultat. Finalement, on a quand même abordé cette dernière journée avec deux points d’avance sur Saint-Étienne, on a essayé de se concentrer sur nous-mêmes, en se mettant dans notre bulle. On a tellement donné physiquement et psychologiquement cette saison que jouer des barrages, ça faisait un peu peur à tout le monde.

Je suis sorti à la 83e, le match est arrêté à la 91e, ça a été les huit minutes les plus longues de ma vie.

Antoine Rabillard

À Bastia, tu sors à la 83e minute et tu assistes depuis le banc au but du 2-0 de Milan Robin. Qu’est-ce qui se passe dans ta tête à ce moment-là ? 

C’est là qu’on voit que le temps peut être long. Quand on est sur le terrain, on est pris dans le match, ça passe vite. Là, je suis sorti à la 83e, le match est arrêté à la 91e, ça a été les huit minutes les plus longues de ma vie. Sur le but de Milan (Robin), j’ai chialé comme un gamin, tout simplement. Toute la pression s’est relâchée, on était en Ligue 1. Pleurer, ça m’était déjà arrivé sur des précédentes montées, mais à ce point… C’est une de mes plus grandes émotions. Je sais tous les sacrifices qu’on a pu faire cette année, on a volé notre place à personne, on a été la chercher. Il y a ce mélange de fierté, de devoir accompli et toute la sueur laissée sur le terrain pour valider cette montée. C’était un moment hors du temps.

Comment avez-vous géré le moment de flottement causé par l’interruption et l’arrêt définitif du match après ce deuxième but ?

On aurait préféré que le match aille au bout, il restait 1 minute 30. Tout le monde était dans le flou, on ne savait pas trop comment faire. En rentrant aux vestiaires, on savait qu’on aurait match gagné, on a pu célébrer entre nous et avec le staff. Encore une fois, par respect, on ne pouvait pas non plus exploser de joie. Bastia, c’est une histoire particulière au sein du club : le coach a entraîné six ans là-bas (coach de l’AS Furiani de 2018 à 2024, NDLR), une partie du staff a passé plusieurs années au SCB. On sait aussi tout l’enjeu derrière pour les joueurs, les salariés, c’est un très gros choc, une descente. Le plus important, c’était de rester humbles, respectueux et de ne pas faire n’importe quoi.

 

Pour une fois, le président avait booké un avion privé pour la rencontre. À quoi ça ressemble une fête pour la montée là-dedans ?

Beaucoup de musique, un peu de champagne. (Rires.) On était tous très excités, on avait hâte d’arriver, surtout qu’on n’a pas pu atterrir au Mans. On a dû se taper une heure de route depuis Angers à la Pincenardière, il y en a même deux ou trois qui en ont profité pour se reposer parce qu’on était bien fatigués. Quand on a vu le nombre de supporters présents à 4 heures du matin, c’était assez bluffant.

Qui sont les gros fêtards du groupe ? Il paraît qu’Anthony Ribelin était chaud… 

Sincèrement, on a un bon groupe cette année, avec une entente exceptionnelle. Il n’y en a pas un qui se détache, on a une belle brochette, c’est cool. On s’est dit que ce serait peut-être la seule et unique fois qu’on pourrait jouer une montée en Ligue 1, on ne pouvait pas passer à côté.

On passe énormément de temps ensemble, nos femmes gueulent un peu…

Antoine Rabillard

Tu as des souvenirs marquants avec le groupe en dehors du terrain cette saison ? 

Sans mentir, ça arrivait vraiment toutes les semaines. On passe énormément de temps ensemble, nos femmes gueulent un peu d’ailleurs… (Rires.) On passe réellement plus de temps entre joueurs qu’avec nos familles. C’est tout bête, mais on mange souvent ensemble le midi, le soir on va boire un petit verre. Quand on a 2-3 jours de week-end, on va toujours aller chez les uns ou les autres, on va se faire un barbeuc, ça se ressent sur le terrain. Ce n’est pas anodin si on a réussi à monter. On n’était pas la meilleure équipe, mais on était l’équipe qui faisait le plus d’efforts ensemble.

Tu en parlais un peu toute à l’heure, quel a été le rôle du coach Patrick Videira dans cette aventure ? 

C’est un architecte. Quand il est arrivé, ça a été dur dans les premiers mois, mais il a réussi à construire un groupe et à nous transmettre sa passion. Il est toujours à fond, exigeant avec ses joueurs, c’est même parfois compliqué parce qu’il y a très peu de place pour la fatigue. C’est quelqu’un d’incroyable humainement, il est droit, il ne va pas faire un coup à l’envers, dans le foot actuel ce sont des valeurs qui se perdent. Il est tout le temps disponible pour ses joueurs. Il a d’abord recruté des hommes qui adhéraient à son projet, c’est hyper important. On pouvait lui parler de tout et n’importe quoi, on peut aussi énormément rigoler avec lui. C’est un coach qui me marquera et ce sera très compliqué le jour où je serai amené à travailler avec quelqu’un d’autre.

Quand ma femme était enceinte, le coach est venu me voir avant un déplacement à Aubagne pour me dire qu’il comprendrait que je reste auprès d’elle. C’était hyper important pour moi qu’il vienne me dire ça.

Antoine Rabillard

Quel problème a-t-il pu t’aider à gérer en dehors du terrain par exemple ? 

J’ai le souvenir de la période où ma femme était enceinte et qu’elle approchait du terme. Il était venu me voir, avant un long déplacement à Aubagne, et il avait été très compréhensif en me disant qu’il ne m’en porterait pas préjudice si je souhaitais rester avec elle, qu’il fallait profiter de ce moment incroyable à vivre. Je ne voulais surtout pas rater la naissance de mon fils, c’était hyper important pour moi qu’il vienne me dire ça. La saison dernière avait été compliquée pour moi, entre l’arrivée de mon fils et les cours que je suivais en vue d’une reconversion. C’est compliqué de s’entraîner, de rentrer et de devoir bosser, alors qu’on a le petit à la maison. Cette année, c’était plus facile à gérer et c’était la deuxième saison avec le staff, on a pris énormément de plaisir.

 

Pour en revenir au terrain, quel serait le moment de bascule de votre saison ? Le match où vous avez commencé à vous dire que la montée était possible. 

C’est arrivé tard dans la saison, on a eu plusieurs déclics. On est rentrés avec un petit complexe d’infériorité dans ce championnat. J’ai le souvenir de la semaine à trois matchs où on enchaîne Grenoble, Dunkerque et Clermont. On joue deux fois à 10 contre 11 pendant une bonne partie du match et on arrive à gagner et à faire deux nuls. Ça a été une première bascule de l’état d’esprit du groupe, on s’est dit qu’on était capables de le faire en infériorité numérique. On a pris conscience qu’on était une équipe de Ligue 2 et qu’on n’avait pas à rougir. Il y a aussi la victoire à Saint-Étienne : aller gagner au Chaudron, c’était très fort, sur le papier c’était une équipe de Ligue 1. On s’est ensuite laissé guider en gagnant les matchs, notre objectif c’était d’obtenir le maintien le plus rapidement possible et c’est arrivé vers janvier. Sur la fin, quand on est passé deuxième, c’est là qu’on s’est dit : « Ok, on va peut-être le faire. »

On est arrivés avec un petit complexe d’infériorité dans ce championnat. C’est plus tard qu’on a pris conscience qu’on était une équipe de Ligue 2.

Antoine Rabillard

Votre tout premier match, à Guingamp, où vous faites 3-3 dans un scénario fou, symbolise un peu votre saison, non ? 

On a beaucoup mûri entre le début du championnat et la fin, mais c’est vrai que si on devait faire un résumé de notre saison, ce match était assez révélateur. On était capable d’imposer des choses pour mener 2-0 à la pause, puis de se faire passer devant avant d’égaliser à la dernière seconde. On l’a fait souvent, dans le temps additionnel. La Ligue 2 avait même repris l’expression « Le Mans time ». Pour les adversaires, c’est compliqué parce qu’ils savent qu’on pouvait marquer à tout moment en fin de match, on avait un avantage psychologique.

En février, on a surtout parlé du club pour l’arrivée d’un nouvel actionnaire brésilien et de l’implication de certaines stars du sport comme Thibaut Courtois, Novak Djokovic, etc. Quel impact cela a pu avoir sur le groupe ? 

Sincèrement, aucun. On avait rencontré une partie du nouveau board en octobre, mais au quotidien, ça n’avait rien changé dans notre façon de travailler. Sur les derniers matchs, ça a été cool parce qu’ils ont pu nous faire des petites vidéos personnalisées pour nous envoyer des messages d’encouragements. On en a un peu discuté entre nous quand on a vu des grands noms du sport s’impliquer dans le club, ça voulait dire qu’il y avait un projet ambitieux. On a fait un Facetime avec Courtois après la montée, ça gueulait tellement que je n’ai pas entendu grand-chose. (Rires.) Puis, on a eu des vidéos de Kevin Magnussen, Djoko, Aryna Sabalenka, c’est toujours agréable. Le dimanche, on a aussi eu cette petite surprise d’avoir une petite parade de présentation avant le GP Moto, c’était marrant.

Votre victoire, c’est aussi d’avoir ramené un élan populaire autour du club. Comment avez-vous ressenti cette montée en puissance ? 

Il n’y a qu’à voir le nombre de personnes qu’il y avait au début du championnat, et là on a fait guichets fermés contre Reims à domicile. Voir autant de monde, les entendre chanter, ça donne une force exceptionnelle, je ne sais pas si les gens s’en rendent compte. On joue au foot pour ça, pour vivre ces émotions et les partager avec les gens. Il n’y a rien de plus beau. Ces dernières semaines, il y avait des pancartes partout dans la ville pour inciter à venir au stade. Après Bastia, on a vu que c’était déjà un sacré bordel en ville place de la République, on avait envie d’y être. Je ne pensais pas qu’il y aurait autant de monde au centre d’entraînement en pleine nuit… C’était tellement cool à vivre.

 

Dans un entretien donné à So Foot récemment, le coach Videira se demandait pourquoi on n’avait jamais donné durablement sa chance à un joueur comme toi en Ligue 1. C’est une question que tu te poses en regardant ta carrière ? 

Non, je suis très fier de mon parcours, ce n’était pas programmé. Je n’ai aucun regret. Je suis parti tôt de Marseille parce que je savais que je n’aurais pas ma chance. Quand on a 20-21 ans, on a besoin de jouer et ça ne sert à rien de rester dans un club de Ligue 1 pour ne pas jouer. Aujourd’hui, quand je regarde ma carrière, j’ai quand même eu la chance de faire cinq ou six montées, ce sont des moments incroyables. C’est pareil sur mon choix du Mans après Concarneau : en fait, la proposition des dirigeants de Concarneau ne m’allait pas, je n’avais aucune garantie sur le fait de jouer. J’ai pris la décision de retrouver un nouveau projet en National et je ne me suis pas trompé.

Je suis arrivé à Marseille avec des étoiles plein les yeux, comme un gamin qui réalisait son rêve et je me suis retrouvé face à des jeunes joueurs qui avaient l’air blasés.

Antoine Rabillard

C’est plus facile pour plus difficile quand on est un joueur formé dans un club comme l’OM ? 

J’ai eu la chance d’avoir mes parents qui ont été là et m’ont transmis des valeurs pour me permettre de toujours garder les pieds sur terre. Je suis arrivé à Marseille avec des étoiles plein les yeux, comme un gamin qui réalisait son rêve, et je me suis retrouvé face à des jeunes joueurs du centre de formation qui avaient l’air blasés. Il y avait un écart entre leur façon d’être et la mienne, j’ai toujours su que c’était une réelle chance d’être là. Je ne peux que remercier mes parents pour tout ce qu’ils m’ont apporté.

Quand tu dis qu’ils étaient blasés, ça se manifestait comment ?

Pour eux, tout leur était dû. C’est tout con, mais on avait quelqu’un qui s’occupait de notre linge. Chaque matin, notre package était prêt, on le remettait dans les bacs après l’entraînement et on revenait le lendemain. Tout était fait pour nous. Ce sont des petites choses, mais ils ne s’en rendaient pas compte, c’était banal. Je le voyais d’un autre œil parce que je venais du monde amateur, où ça ne se passe pas du tout comme ça. L’important, c’est d’être bien entouré, car c’est normal que ça puisse faire tourner la tête. Un joueur de 18 ans qui commence à gagner beaucoup d’argent, s’il est mal conseillé, peut vite partir en cacahuètes. Mes parents, ma femme, ça a toujours été mes piliers dans ma carrière, c’est pour ça que je rejoins les valeurs familiales du coach.

Tu te souviens de la dernière fois que t’as joué en Ligue 1 ? 

(Il réfléchit.) Honnêtement, je ne m’en souviens plus… Je crois que la dernière fois, c’était un Montpellier-Marseille, sous Rudi Garcia, vers 2017.

Tu entres en jeu pour un quart d’heure à Montpellier en novembre 2016, mais ta dernière apparition c’est deux semaines plus tard pour quelques minutes au Vélodrome contre Caen. 

C’est dingue, je suis passé de 20 ans à 30 piges, ce n’est pas la même. (Rires.)

 

Ton contrat prend fin en juin au Mans, est-ce qu’il y a déjà eu des discussions pour continuer l’aventure ensemble et quel est ton souhait ? 

Il y avait déjà des négociations en cours pendant la saison pour prolonger mon contrat avec le club, j’ai laissé ça avec mes agents. On a mis ça de côté avec cette fin de saison. Aujourd’hui, on a surtout envie de célébrer, profiter tous ensemble, puis on aura nos rendez-vous individuels pour en parler avec le staff et le président. Je ne me prends pas trop la tête, j’ai envie de savourer, une montée en Ligue 1, ce n’est pas tous les jours. On a envie de faire la fête tous ensemble, les contrats, on verra plus tard.

Comment tu vois cette saison en Ligue 1 ? Tu penses que vous pouvez arriver sans complexe d’infériorité, cette fois ? 

On ne peut pas savoir comment une saison va se passer, beaucoup nous prédisaient des galères cette année en Ligue 2. Il ne faut pas se projeter et il va falloir beaucoup travailler. La Ligue 1, c’est encore un autre niveau, avec des joueurs avec encore plus de qualités techniques, athlétiques et tactiques.

Le déplacement au Vélodrome, ce serait la première date à cocher ? 

C’est le club de la ville de ma femme et un club qui comptera toujours pour moi. J’étais parti en très bons termes. L’ambiance du Vélodrome, il n’y a pas plus beau en France. Ce sont des matchs qui vont compter. J’aimerais bien être de la partie, c’est sûr. (Sourire.)

Le Mans officiellement promu en Ligue 1, direction la Ligue 3 pour Bastia

Propos recueillis par Clément Gavard

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