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All-in sur Abline : l'énième pari de Monaco en attaque

En misant sur Matthis Abline, l'AS Monaco tient la recrue la plus chère de l'été en Ligue 1 pour l'instant et son septième avant-centre acheté en cinq ans. Aucun n'a fait l'unanimité très longtemps, ça tombe bien : le Nantais a encore tout à prouver et se retrouve pour la première fois dans une équipe compétitive. Un pari logique ?
Si l’OM multiplie les coups depuis plusieurs années pour trouver son « grantatakan », l’AS Monaco procède sur la Côte d’Azur à un roulement entre gros achats et grosses ventes pour retrouver son Radamel Falcao. Depuis le départ du Colombien en 2019, le club de la Principauté a dépensé plus de 160 millions, hors bonus, sur des avants-centres. Le dernier en date, c’est Matthis Abline, pour 25 millions d’euros, plus 5 de bonus à verser au FC Nantes, soit le transfert le plus onéreux de Ligue 1 à un mois de la fin du mercato estival. Le changement, c’est maintenant et surtout tout le temps.
Le paradis des attaquants déçus
Car en 2019, il y a eu Wissam Ben Yedder pour 40 millions d’euros, le dernier à avoir été indiscutable sur le terrain (152 contributions décisives en 201 matchs), dernier aussi à ne pas l’avoir été en dehors. En 2021, le club du Rocher lâche 17 patates sur Myron Boadu, sans jamais lui donner assez de temps de jeu : il est renvoyé pour 800 000 euros à son envoyeur quatre ans plus tard. En 2022, c’est 12,5 millions d’euros qui sont investis sur Breel Embolo, auteur d’une bonne première saison (12 buts, 2 passes décisives) avant de se faire les croisés et de revenir avec moins d’impact (6 buts, 5 passes décisives), revendu sensiblement au même prix d’achat au concurrent rennais. L’année suivante, l’AS Monaco casse sa tirelire pour s’offrir Folarin Balogun (30 millions d’euros, plus 10 de bonus), qui sortait d’une saison à 21 buts avec Reims, niveau qu’il n’a pas effleuré depuis (13 la saison dernière).
Pour l’exercice 2024-2025, le club de Dimitri Rybolovlev opte pour une nouvelle stratégie : acheter trois attaquants de pointe. Le club opte d’abord pour de l’achat-revente avec le jeune George Ilenikhena : +12 millions d’euros en un an et demi et 1300 minutes de jeu. Puis tente le coup Paris Brunner, 4 millions d’euros pour 127 minutes sur le terrain la saison dernière. À l’hiver, il jette son dévolu sur Mika Biereth pour 13 briques. Fracassant d’abord, avec des triplés dans tous les sens et 13 pions en 16 matchs de Ligue 1 et puis… plus rien (deux petits buts en 2025-2026). Après une 7e place en Ligue 1, le pire classement depuis 2019-2020, et la pire moyenne de buts par matchs depuis 4 ans, Monaco et son irrégularité chronique font bon ménage, la faute notamment à son tâtonnement en attaque.
Monaco et Abline, pari et tâtonnement
Ça tombe bien, Matthis Abline tâtonne lui aussi. L’impression de faire du surplace au FC Nantes – qui a foncé droit dans le mur et en Ligue 2 – sans parvenir à tirer vers le haut une équipe en crise, après une carrière commencée sur la pointe des pieds à Rennes et Auxerre : en arrivant en Principauté, le Bleuet (10 sélections en Espoirs) prend le premier vrai tremplin de sa carrière. À la différence des deux autres titulaires recrutés par l’ASM (Embolo et Balogun), lui a encore tout à prouver.
Il n’a pas l’étiquette de star, même si son prix obtenu par les Kita peut la lui donner, et arrive à un endroit et à un moment où les projecteurs ne sont pas braqués, alors que la masse salariale de son nouveau club est encadrée par la DNCG et qu’un départ de Balogun est envisagé, selon L’Équipe. Ce qui pourrait laisser la place et le temps à Abline de s’acclimater à son premier rôle d’attaquant au sein d’une équipe qui ne joue pas le maintien et peut-être l’Europe à l’issue des barrages de Ligue Conférence qui auront lieu fin août. Filipe Luís, nouvel entraîneur en Principauté; est séduit par le profil de l’avant-centre, qu’il a convaincu de venir d’après le quotidien.
Habitué aux exploits individuels, il s’était enfermé dans ce rôle de seul joueur capable d’étincelles au FC Nantes, où les supporters lui étaient tombés dessus après le match de la descente contre le RC Lens lors duquel il n’avait pas passé le ballon à Ignatius Ganago, seul devant le but vide. Il appréciera de pouvoir compter sur un bloc qui n’est pas coupé en deux, sur une équipe qui ne l’envoie pas seul au charbon. Il n’aura aussi plus l’excuse du collectif moins fort et d’une équipe en perdition : à Monaco, les ambitions sont différentes. L’environnement l’est tout autant, il lui faudra l’appréhender, lui qui n’a pas non plus été irréprochable à Nantes. Avant son aventure chez les Canaris, il lui était parfois reproché de ne pas en faire assez et de manquer de constance. C’est un défi à 25 millions d’euros pour Monaco et un challenge pour lancer une carrière pour Abline (15 buts, 7 passes décisives sur les deux dernières saisons de Ligue 1). Après tout, il n’a que 23 ans.
L'AS Monaco casse sa tirelire pour l'attaquant d'un club reléguéPar Nathan Beaufils























































