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Liverpool a un nouveau bosz

Mohamed Helti
5 minutes

Temps de jeu, volume, efficacité à distance, influence dans les grands matchs... Depuis deux saisons, Dominik Szoboszlai s’est installé au centre du projet de Liverpool. Les statistiques confirment ce que le terrain montre : pendant que Mohamed Salah voit son rôle évoluer, le Hongrois est devenu un point d’équilibre majeur. Le moment de la passation de pouvoir aurait-il sonné ?

Liverpool a un nouveau bosz

Ce samedi 31 janvier, Liverpool reçoit Newcastle à Anfield, mais le match sert surtout de révélateur. Pas tant pour l’adversaire que pour l’état actuel des Reds. Dans une équipe où les certitudes offensives se sont érodées et où Mohamed Salah n’est plus l’unique point de gravité, une autre figure s’est installée au centre du jeu. Depuis deux saisons, Dominik Szoboszlai est devenu l’un des joueurs les plus fiables de Liverpool, celui qui absorbe les temps faibles, impose le rythme et assume des responsabilités de plus en plus larges. À l’approche d’un rendez-vous exigeant sur le plan physique et mental, le Hongrois biberonné au Red Bull incarne mieux que quiconque la transformation silencieuse du pouvoir à Anfield.

Le dernier survivant

Les lendemains de titres sont souvent ceux qui permettent de faire un tri. Ce genre de saisons où les jambes sont lourdes, où les statuts se fissurent, où les leaders doivent prouver qu’ils ne l’étaient pas seulement par habitude. À Liverpool, plusieurs cadres ont connu cette érosion. Dominik Szoboszlai, lui, a tenu. Mieux : il a progressé. Celui qui est arrivé sur les bords de la Mersey en 2023 a pris le temps de se tailler un costume qui ne peut pas être porté par tout le monde : celui des joueurs sur lesquels on peut compter chaque semaine. Pas seulement parce qu’il joue beaucoup, mais parce que son niveau ne fluctue presque jamais. Là où d’autres alternent pics et creux, Szoboszlai reste dans une forme moyenne élevée, ce qui, à Liverpool, vaut parfois plus qu’un mois de feu.

Si vous voulez être un leader, tout commence par montrer l’exemple. C’est ce qu’il fait depuis un an et demi que je suis ici.

Arne Slot

Arne Slot l’a très vite compris. Sans jamais en faire un leader de façade, le Néerlandais a bâti une partie de son milieu autour de lui. « Si vous voulez être un leader, tout commence par montrer l’exemple », a-t-il expliqué en conférence de presse. « C’est ce qu’il fait depuis un an et demi que je suis ici. » Traduction : Szoboszlai n’est pas celui qui parle le plus, mais celui qui joue juste, court quand il faut, presse quand il faut, et ne se cache jamais. Ce n’est pas anodin dans une équipe historiquement dominée par de fortes personnalités offensives.

La rivière pourpre ne s’est pas calmée

Ce qui a réellement changé le regard porté sur le Hongrois, ce n’est pas seulement sa constance, mais sa capacité à peser quand le jeu se complique. Liverpool a longtemps vécu avec l’idée que, lorsque tout se bloquait, Mohamed Salah finirait par trouver la solution. Ce n’est plus toujours le cas. Et Szoboszlai a progressivement pris le relais, sans jamais le revendiquer. Ses statistiques offensives racontent cette évolution. La saison dernière, il termine avec 8 buts et 9 passes décisives toutes compétitions confondues. Cette saison, à date, il est déjà à 8 buts et 7 passes. Des chiffres solides, pas ceux d’un attaquant, mais ceux d’un milieu qui assume désormais une responsabilité directe dans le résultat. Surtout, ils sont répartis dans le temps et dans les compétitions, preuve d’un impact durable.

Il y a aussi la manière. Cette saison, aucun joueur appartenant à un club de Premier League n’a marqué plus de buts en dehors de la surface que lui, toutes compétitions confondues. Ce détail est essentiel. Szoboszlai est devenu le joueur qui tente quand le jeu est figé, celui qui ose frapper quand l’option « classique » ne fonctionne plus. Un peu par ego, mais aussi par lecture du match. Contre Arsenal, dans un choc verrouillé, il est l’un des rares à provoquer et il finit même par débloquer la situation. Contre Marseille, il marque sur coup franc et résume son geste sans emphase : « J’ai fait mes devoirs. » Szoboszlai n’est pas dans l’inspiration permanente, mais dans la préparation et l’exécution. Contre le Real Madrid, enfin, il termine latéral droit, dans un Liverpool dominé, et reste pourtant l’un des joueurs les plus propres et les plus impliqués.

Vrais reconnaissent vrais

La montée en puissance de Szoboszlai va forcément avec le recul de Mohamed Salah. L’Égyptien reste une légende du club, mais son monopole a sauté. Moins décisif, souvent critiqué, parfois brouillon dans sa communication et transparent lors de certains rendez-vous, notamment à la CAN, Salah n’est plus l’unique solution. Et Liverpool a appris à vivre sans que tout passe par lui. Pas par choix idéologique, mais par nécessité. Szoboszlai n’a pas remplacé Salah. Il a pris ce qu’il laissait. Les coups francs, les frappes de loin, les ballons à assumer quand le match devient moche. Là où Liverpool cherchait systématiquement son ailier droit, le jeu s’est mis à circuler autrement. Plus partagé, moins prévisible.

Dans ce nouveau paysage, le Hongrois s’est installé sans forcer. Même Steven Gerrard l’a validé. Interrogé sur TNT Sports sur le joueur actuel qui lui ressemblait le plus, l’ancien capitaine a répondu « Szoboszlai », sans hésiter. Le numéro 8, les frappes depuis le parking, le rapport simple au jeu. Pas besoin d’en faire des tonnes pour peser sur un match. Et puis il y a le style. Celui qui ne rentre dans aucune stat. Szoboszlai joue avec une forme de désinvolture contrôlée. Il tente sans s’excuser, il allonge sans prévenir, il frappe quand d’autres recyclent. À Liverpool, le brassard ne fait pas toujours le patron. Parfois, c’est juste la manière de jouer. Szoboszlai est devenu le nouveau patron des Reds. Et au moins, il l’est avec de la gueule.

Mamadou Sakho aimait faire des bisous à Laurent Koscielny

Mohamed Helti

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