Ricardo Pereira, à l'aise en toute circonstance

Prêté à Nice pour deux saisons par le FC Porto, Ricardo Pereira est l'une des révélations de cette première partie de championnat. Ailier de formation, mais attaquant de pointe avec les Espoirs du Portugal, le Lisboète a depuis été repositionné au poste de latéral. Pour un rendement tout aussi impeccable. Portrait du couteau portugais.

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À la mi-saison, l'OGC Nice est incontestablement l'une des belles surprises de la saison. Avec un effectif jeune et talentueux qui semble prendre un réel plaisir à pratiquer un beau football, difficile de ne pas être séduit par les Aiglons version 2015-2016. Et parmi les nombreux jeunes qui cartonnent du côté de l'Allianz Riviera, le petit dernier, Ricardo Pereira, arrivé du FC Porto dans les dernières heures du mercato estival après d'âpres négociations avec les Dragões. Sur son dos une étiquette, celle de la polyvalence. Formé à la pouponnière du Sporting Portugal, c'est d'abord au poste d'ailier droit que le jeune d'origine capverdienne va faire ses gammes. Mais comme de très nombreux jeunes talents locaux avant lui, le joueur décide de s'envoler vers des clubs moins huppés dans l'idée de trouver un vrai temps de jeu, de la reconnaissance et une visibilité plus importante.

Passé d'abord par Naval, c'est finalement au Vitória Guimarães que le Portugais fera ses premiers pas en pro. Après une première saison principalement passée avec les jeunes (3 apparitions seulement en Liga Sagres en 2011-2012), Ricardo Domingos Barbosa Pereira de son nom complet s'imposera rapidement comme un élément essentiel de l'équipe dirigée par Julio Mendes. Lors de la saison 2012-2013, il prouve toute l'étendue de ses qualités offensives et termine même meilleur buteur de la Coupe du Portugal (avec 8 buts en 9 matchs) remportée par le Vitória. Des performances qui, loin de passer inaperçu, le conduisent rapidement à intégrer les Espoirs du Portugal au poste... d'attaquant central ! Lors du dernier Euro Espoirs disputé en République tchèque et perdu en finale contre la Suède aux tirs au but, le futur Niçois est aligné en pointe de l'attaque avec son compatriote Ivan Cavaleiro, aujourd'hui à l'AS Monaco.

Reconversion chez les Dragões


Le FC Porto ne reste pas longtemps insensible face aux prestations XXL du gamin du côté de Guimarães. Un chèque d'un million d'euros plus tard et voilà donc Pereira dans le club phare du Portugal. Rodé en tant qu'ailier, très intéressant également au poste d'attaquant, le jeune garçon est sur le point de changer de registre en enfilant la tunique bleu et blanc des Dragões. En effet, déjà conscient de son fort impact sur le plan offensif, le staff de Porto décèle aussi en lui de nouvelles qualités, défensives cette fois-ci. Et voilà comment en quelques années, Ricardo Pereira s'est construit un CV frappé du sceau de la polyvalence. Sa vitesse folle, ses qualités techniques, sa capacité à jouer des deux pieds et son coffre incroyable font de lui un joueur taillé pour le poste de latéral. Et même s'il devra travailler encore et encore pour acquérir toute la panoplie du vrai défenseur que réclame son nouveau poste, tout laisse à penser que cette nouvelle reconversion sera très vite couronnée de succès.


Malgré cela, à Porto, le Lisboète doit faire face à une concurrence autrement plus rude qu'au Vitória. En deux saisons chez les Dragons, il ne disputera au total que 19 matchs dans le championnat portugais (et 18 avec la réserve), mais s'offrira tout de même le luxe de faire trois apparitions en Ligue des champions dont un quart de finale retour ô combien compliqué face au Bayern Munich (défaite 6-1). Mais Ricardo en veut plus. Suivi par les Aiglons depuis sa dernière saison à Guimarães, celui-ci avait déjà failli rejoindre le Gym avant de voir les portes azuréennes se fermer du fait de l'intransigeance des dirigeants Tripeiros. La deuxième fois fut la bonne. Pourtant peu enclin à le laisser filer lors du dernier mercato, Julien Lopetegui, le coach portista, a dû se résoudre à voir son joueur plier bagage direction l'Hexagone.

À Nice, tu seras latéral mon fils


Prêté pour deux saisons à l'OGC Nice, le néo-latéral ne regrette pas son choix : «  J'avais besoin de me sentir important, de me sentir joueur, avoue-t-il au site Mais Futebol. Ça fait toute la différence de s'entraîner toute la semaine et de savoir qu'on a la possibilité d'être aligné le week-end. J'ai appris beaucoup de choses et j'ai grandi durant ces deux années passées à Porto, mais c'était suffisant. (…) J'avais besoin de jouer plus pour ne pas stagner. Ici, je me sens important.  » Comme pour la plupart des entraîneurs qui l'ont eu sous leur aile, ce qui a séduit Claude Puel, au-delà du talent évident du bonhomme, c'est sa polyvalence. Débarqué dans le Sud, il passera de nouveau par un poste de latéral. Ayant déjà reconverti Jérémy Pied en tant qu'arrière droit en début de saison, le père Puel décide alors de lancer Pereira côté gauche. Après tout, ce n'est que son quatrième changement de position sur un terrain...

Or, le joueur est doué des deux pieds, cette idée est donc loin d'être dénuée de sens. « Reconvertir des attaquants ou des ailiers au poste de latéral, je l'ai fait pas mal de fois au cours de ma carrière, explique Puel dans les colonnes de Nice-Matin. Les latéraux sont importants dans le système et le jeu pratiqué par notre équipe. C'est un poste qui réclame un gros volume de jeu avec des joueurs qui ont un pied, de bonnes qualités de centre et de percussion pour participer au jeu offensif.  » Ricardo Pereira, lui, ne fait pas le difficile. « Je fais le boulot là où on me le demande » , se contente-t-il de dire, diplomate, lors de sa présentation officielle. Ce nouveau déménagement n'a rien de contraignant, au contraire. « Ça ne me gène pas du tout, confirme l'intéressé à Direct Matin. Je vois même ça de manière très positive. Ça me permet d'avoir la capacité de jouer sur deux registres (…) ce qui n'est pas donné à tout le monde. »

La Côte d'Azur aux airs de Portugal


Bien que droitier, le Lisboète reste très habile du gauche, comme le démontrent ses deux passes décisives délivrées cette saison contre Bastia et Saint-Étienne. Incité par son nouveau coach à utiliser régulièrement son « mauvais » panard depuis son arrivée sur les bords de la Méditerranée, il faut croire que le message a été reçu cinq sur cinq. Titularisé pour la première fois sous le maillot des Aiglons face à Guingamp lors de la 5e journée de championnat, le pote de Rúben Neves à Porto et en sélection n'a plus jamais quitté le 11 de départ de Claude Puel tout en disputant l'intégralité de ses rencontres. Et si le grand public n'a pas immédiatement fait connaissance avec ce joueur de 22 ans, c'était chose faite après la superbe victoire niçoise dans le Chaudron de Saint-Étienne face à des Verts totalement dépassés ce soir-là (victoire 4-1 du Gym).

Auteur d'un match incroyable tant sur le plan défensif (il a parfaitement muselé Hamouma) qu'offensif (Kevin Malcuit a pris le bouillon face à lui pendant 90 minutes), Pereira a marqué les esprits. Parfaitement intégré dans son nouveau club, celui qui avait dû quitter sa ville natale sous les sanglots de sa maman pour intégrer le club de Naval a trouvé à Nice une sacrée colonie lusophone. Avec Wallyson, Seri et Correia, Pereira n'avance pas en terre inconnue à Nice. D'autant qu'à quelques kilomètres de là, dans la principauté monégasque, d'autres compatriotes (Bernardo Silva, Cavaleiro, Costa, Moutinho, Carvalho et Coentrão, rien que ça !) ont élu domicile. Pour le plus grand plaisir du couteau portugais : « On se retrouve parfois à Monaco, dans les restaurants portugais. (…) C'est super de les avoir tous ici. On se soutient mutuellement, même s'il est très facile de s'adapter à un club et une ville comme Nice. » L'adaptation, décidément le maître mot dans la vie de Ricardo.


Par Aymeric Le Gall
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