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Les ultras polonais « niquent l'Euro 2012 »

Alors que les féministes ukrainiennes se déshabillent contre l'événement, les ultras polonais enfilent des tee-shirts... Et certains des cagoules.

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« Fuck Euro » . Les touristes arrivant à Varsovie risquent de s’étonner des messages de bienvenue sur les voies de chemin de fer, et ailleurs. Les ultras polonais accueillent la compétition à leur manière : à coups de tifos, banderoles, affiches, graffitis et tee-shirts hostiles. Quelques sélections nationales étrangères ont déjà été reçues : à l'entraînement public des Hollandais, mercredi à Cracovie, plusieurs milliers de supporters du Wisła ont scandé : « Ole, Euro pierdolę » ( « Ole, baise l'Euro » ). À Gdynia, pour l'Irlande, une banderole « Fuck Euro » a été déployée par les supporters d'Arka.

Adversaires toute la saison, les partisans des différents clubs se rallient désormais autour d’un slogan commun : « Fuck Euro 2012 » . Le mot d'ordre du mouvement : « Against modern football » . Kuba, ultra du Legia Varsovie, dénonce le prix des places et la marchandisation du football : « Les vrais supporters qui vont aux matchs de championnat ne vont pas voir l’équipe nationale. De toute façon, le gouvernement a tout fait pour les empêcher d’assister à l’Euro. Ils veulent un public familial bien assis, qui achète du pop-corn et les produits dérivés avec les mascottes débiles et qui applaudit bien sagement. »

Or, les ultras polonais ne sont pas des enfants de chœur et leur mouvement est solidement enraciné et structuré. Certains groupes imposent leurs règles en tribunes. Par exemple en Żyleta , la tribune populaire du Legia Varsovie, un code strict prévaut : obligation de « se casser la voix » , de se tenir debout, d’adopter le code vestimentaire (tee-shirt blanc + écharpe), et comme « Żyleta n'est pas Hollywood ou un défilé de mode parisien : il n'est pas bien vu de tourner au téléphone portable des films improductifs » (sic). Soit un léger décalage avec le football spectacle des compétitions internationales.

« Il devait y avoir des aéroports, des lignes de chemins de fer, les stades sont à peine prêts »

Les ultras dénoncent par ailleurs l'organisation jugée catastrophique de la compétition. Deux supporters/rappeurs viennent d'ailleurs de publier un clip contre l'Euro. Sur l'image qui illustre le morceau sur Youtube figurent le premier ministre Donald Tusk et la mention : « Il devait y avoir des aéroports, des chemins de fer, les stades sont à peine prêts, bande de putain de voleurs ! » Entre retards et malfaçons, les stades ont coûté cher. Le gouvernement devait aussi moderniser des routes dans un état calamiteux. Le chantier de l'autoroute Poznań-Varsovie a été confié à une firme chinoise qui aurait dû le livrer avant juin. L'entreprise ne payant pas ses sous-traitants polonais, elle a été révoquée : l’autoroute n’est pas terminée. Autant de couacs aux frais du contribuable polonais que les ultras dénoncent.

Surtout, la défiance envers la compétition s'explique par les rapports tendus entre les supporters et les pouvoirs publics. Car les groupes ultras ne s'occupent pas seulement de mettre de l'ambiance lors des matchs. Leurs membres ne rechignent pas à faire le coup de poing avec d'autres groupes ou avec les forces de l'ordre. Ce qui vaut à la Pologne une solide réputation de pays de hooligans. En 2011 encore, la finale de la Coupe de Pologne a manqué partir en vrille. Avant même le dernier tir au but, les supporters du Legia envahissent le terrain. D’abord pour manifester leur joie… avant de chercher l’affrontement avec les supporters de Poznań.

« Gangs de supporters »

Pour rassurer les instances européennes du football et mettre hors d'état de nuire d'éventuels fauteurs de trouble, le gouvernement polonais a pris un train de mesures drastiques. Les hooligans recensés se verront équipés de bracelets électroniques pendant la durée de la compétition, de façon à surveiller leurs déplacements. Des commissariats de police seront installés dans les stades où il sera possible de juger en comparution immédiate les contrevenants, grâce à un système de visio-conférence avec les tribunaux. Mais la lutte s'est aussi faite en amont avec des milliers d'arrestations, d'interdictions de stade et d'amendes pour des motifs variés : violences, slogans ou banderoles racistes, craquage de fumigènes ou encore simples vulgarités ou non-respect des consignes de sécurité.

Quelques figures de proue du mouvement ont également été visées. Krzysztof Markowicz alias « Litar » , « chef » de Wiara Lecha, l’association des supporters de Lech Poznań, a été pris sur une vidéo en flagrant délit de crachat au visage sur un père de famille lors d'un match de la sélection polonaise : il a été condamné en mars dernier à six mois de prison avec sursis et trois ans d'interdiction de stade. Piotr Staruchowicz, alias « Staruch » , a, lui, été arrêté dix jours avant l'Euro. Le capo de Żyleta est accusé d'avoir pris part à un trafic de plusieurs kilos d'amphétamines. Pour Kuba, il s'agit d' « un coup politique, de propagande. Son avocat n’a même pas accès à l’acte d’accusation. Le comité d’Helsinki va s’intéresser à cette violation de droits élémentaires. »

C’est que les services de police enquêtent sur les activités de certains groupes impliqués dans des trafics de drogue. À Varsovie, Łódź, Katowice, Chorzów, les démantèlements de « gangs de pseudo-supporters » , comme titrent les médias polonais, défraient la chronique. Dans la dernière affaire en date, en même temps que Staruch, 41 personnes ont été arrêtées à Varsovie, Szczecin et Elbląg.


« Ennemis publics »

La bataille se mène aussi sur le terrain des représentations : les pouvoirs publics et de nombreux médias emploient le terme de pseudokibice, « pseudo-supporters » . L'enjeu est symbolique : la définition des manières acceptables et légitimes de supporter une équipe. Les ultras rejettent celle très pacifiée que tentent d'imposer les autorités, qui interdit notamment la « pyrotechnie » . Or sa légalisation est une vieille revendication des ultras polonais.

Hooligans ? Ultras ? Simples supporters ? La question est d'autant plus épineuse que les frontières entre les catégories ultras et hooligans sont perméables en Pologne : beaucoup de supporters revendiquent le terme d' « hooltras » , contraction de « hooligans » et d' « ultras » . Les plus radicaux s'affrontent dans des ustawki, des bastons entre un nombre équivalent de combattants dans des lieux tenus secrets. Certaines, comme entre supporters du Legia Varsovie et Arka Gdynia, finissent sur Youtube. Ces combats font parfois des morts, comme à Łódź, en janvier 2011. Mais pour la grande majorité des ultras, appartenir à un groupe, s'identifier à une tribune, un club, signifie surtout aller au stade s'égosiller pour son équipe. Or, la politique répressive, au motif de lutte contre le hooliganisme, stigmatise l’ensemble des ultras. La pluie d’interdictions de stade qu’elle engendre touche aussi ceux qui sont beaucoup plus intéressés par l'animation des stades que par les fights. Cette politique est dès lors préjudiciable à un groupe social plus large que les seuls éléments violents.

Aussi, comme l'illustre un tifo déployé à Wrocław en mars par les supporters du Śłąsk ( « Ennemi public fanatique » ), les ultras se voient comme des ennemis publics à abattre et contre-attaquent. L'Euro et sa débauche de mesures répressives, l'Euro qui sature l'espace médiatique polonais de son enthousiasme mercantile, l'Euro et ses mascottes béates, l’Euro est l'ennemi tout trouvé. Mais leur mobilisation est encore sporadique et éparpillée. Quant aux plus radicaux, ils ont bien l'intention de pourrir l'ambiance : ils attendent avec impatience le 12 juin et espèrent que le match contre la Russie finira en bataille rangée contre les dizaines de milliers de Russes attendus à Varsovie.


Par Matthieu Jarry
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