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Le Sud-Ouest est-il fâché avec le football ?

Olivier Sadran en a marre. Le président du TFC n’a jamais vu les tribunes du Stadium aussi vides que cette saison. À Bordeaux, le problème est le même. Ces trois dernières années, les Girondins ont perdu 10 000 spectateurs en moyenne. Alors, malaise régional ou malaise footballistique ? Décryptage.

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Dimanche 26 mai. Dernière journée de Ligue 1 de la saison, Toulouse reçoit Montpellier à la maison. La rencontre est sans enjeu, mais les hommes d'Alain Casanova ont à cœur de partir en vacances sur une bonne note : Rabiot est à la passe, Ben Yedder à la finition, le TFC plie la partie en 15 minutes et peut regagner son vestiaire sous les applaudissements de ses supporters. Sous de maigres applaudissements, en fait. Car ce soir-là, avec seulement 12.000 spectateurs et quelques pelés dans ses travées, le Stadium sonne creux. Comme bien trop souvent cette saison. Et pour cause, pour la toute première fois, le taux de remplissage du Stadium est passé sous les 50 % (49,9%) cette saison. Un chiffre qui le place en queue de peloton de toute la Ligue 1. Certes, le Stadium est assez grand – 35 000 places – et les statistiques sont encore loin de la Série A et des 24 % du Chievo. Mais il y a quelques années, alors que ses résultats étaient beaucoup plus irréguliers, le Tef' attirait (un peu) plus de monde. Ce constat, Olivier Sadran l'a fait. Et pas plus tard que la semaine dernière, le président du TFC a poussé une gueulante : « La baisse de la fréquentation et du sponsoring, qui touche la grande majorité des clubs, est massive et cause d'une mort lente et désastreuse, expliquait le président du TFC à la Dépêche du Midi. Que ce soit au début de cette saison, ou de la dernière, on jouait le haut du tableau, et ça n'a pas rempli plus le stade. Notre billetterie aujourd'hui, c'est deux fois moins qu'en 2003-2004, alors que nous sommes bien plus constants et qualitatifs. »

À 200 kilomètres de là, la situation est similaire. Les Bordelais ont eu beau fêter la victoire en Coupe de France sur les bords de la Garonne, ils n'enlèvent pas pour autant l'image d'un stade Chaban-Delmas au public très parsemé le reste de la saison. 19 000 spectateurs en moyenne, et un taux de remplissage de 55,9 % (le 17e de L1), contre 72 % en 2010-2011 et 85 % en 2009-2010, saison post-titre. Avec 10 000 bonhommes de moins dans une enceinte qui peut en accueillir elle aussi 35 000, ça laisse un vide. Et ça soulève une interrogation : le public du Sud-Ouest serait-il fâché avec le football ?


« On s'est fait chier »


À Toulouse, de l'avis d'Alain Groslier, le président des Supporters des Violets, deux problèmes sont à l'origine de ce syndrome de la tribune vide. « Le premier, c'est qu'on ne peut pas dire que cette année, on s'est vraiment amusés au stade, regrette celui qui suit le Téfécé depuis 30 berges. On a vu un paquet de matches tristes. Très très tristes, même. Pour que ça change, pour que les gens reviennent au Stadium, il faudrait qu'on fasse une bonne saison. Je ne parle pas forcément de finir premier ou deuxième, mais il faut que les gens se régalent. Parce que vous savez, quand l'arbitre siffle la fin du match, on en entend des ''on s'est fait chier'' dans les travées. Alors en plus avec la crise...  » Il est vrai qu'avec une 10e place au général, la 9e attaque et la 9e défense, le Tef' n'a pas trop vendu de rêve à son public au cours du dernier exercice. « En fait si, il y a quand même eu des bons matches, nuance Nicolas Stival, supporter depuis 1986 et correspondant pour 20 minutes depuis 2004. Le truc, c'est que Toulouse a vraiment l'image d'un club moyen et ennuyeux qui lui colle à la peau. Alors qu'au vu de la saison, ce côté ''soporifique'' n'est pas forcément mérité. Olivier Sadran multiplie les opérations, comme pour la Journée de la femme, ou avec des places offertes lors de chaque journée, mais ça ne prend pas. Le TFC, dans l'esprit des gens, reste un club chiant et pas spectaculaire. Au Stadium, c'est plus l'adversaire qui attire le public que le Tef'. » Mais cette image, le club l'a un peu mérité, il faut bien l'avouer. « Cette équipe a du mal à passer un pallier, elle ne répond que très rarement présent lors des matches importants, poursuit Stival. Il n'y a pas eu d'épopée en coupe, non plus, qui pourrait créer une dynamique. En 2009, on pensait aller au Stade de France, et on perd contre Guingamp en demi-finale de la Coupe de France. C'est toujours pareil avec Toulouse. »

Une terre de rugby, vraiment ?


L'autre problème, sur lequel les deux hommes s'accordent, c'est qu'à Toulouse le football souffre de la comparaison avec un autre sport : le tir à l'arc. Non, plus sérieusement, dans la ville d’Airbus, celui qui dicte la loi, c'est bien entendu le rugby. Avec quelques délocalisations au Stadium et un Ernest-Wallon plein à plus de 85 %, le Stade Toulousain présente lui une moyenne de spectateurs à domicile plus élevée que celle du TFC. « Cette concurrence est réelle, concède Alain Groslier. Dans mon groupe de supporters, il y a aussi des abonnés du Stade Toulousain, et on sent quand ils en parlent que l'engouement n'est pas le même  » . « C'est sûr que le TFC vit dans l'ombre du Stade, confirme Nicolas STival. Quand le Stade gagne la Coupe d'Europe en 2010, et qu'en foot on finit 14e du championnat, le comparatif est un peu cruel... »

À Bordeaux, le rugby refait parler de lui après un long passage en PRO D2. L'Union Bordeaux Bègles cumule la deuxième meilleure affluence du Top 14 – derrière Toulouse –, et quand elle se déplace à Chaban, c'est pour y faire le plein. Pour autant, d'après Laurent Perpigna, le responsable des Ultramarines, l'argument de la « terre de rugby » ne tient pas la route : « L'UBB et les Girondins sont vraiment deux entités différentes, il n'y a pas de rivalité. L'UBB, ça fait très peu de temps qu'elle est dans l'élite, alors forcément il y a un enthousiasme qui se crée derrière et tant mieux, nous on est les premiers à aller les soutenir. Après, la fidélité à un club, ça se juge sur le long terme, après des années passées au plus haut niveau. » Bordeaux n'est donc pas une ville de rugby, soit. Mais visiblement, ce n'est pas une ville de football non plus... « C'est sûr qu'avec une moyenne d'à peine 20.000 spectateurs, c'est assez décevant, reconnaît Laurent Perpigna. Maintenant, il faut comprendre les gens. Au vu du jeu produit par les Girondins cette année, en championnat notamment, il n'y a pas à crier au scandale. On a vécu des rencontres calamiteuses, mais vraiment horribles, quoi. Les gens n'ont plus forcément envie de se déplacer quand ils voient depuis 2-3 saisons des rencontres aussi laides. Le pire, c'est que ce n'est pas tant les résultats que le niveau de jeu qui énerve. Gagner la Coupe de France, aller en huitièmes de la Ligue Europa... on ne peut pas dire que ça soit une saison noire. »


Un problème pas récent


Comme chez les Toulousains, l'argument du manque de beau jeu ressort donc du discours des Girondins. Mais observons ce qui se fait ailleurs. À Nancy, par exemple, où l'ASNL n'est pas forcément réputée pour son football très léché – c'est de la faute de Jean Fernandez – les spectateurs ont pourtant rempli le stade Marcel-Picot aux trois quarts toute la saison. Même chose à Reims. Le public du Nord-Est serait-il plus fidèle ? Le vrai footix, celui qui ne se déplace que quand ça va bien, parlerait-il avec l'accent de Francis Cabrel ? « Ça ne date pas d'aujourd'hui, il faut démystifier la chose, explique Laurent Perpigna. On aime à le répéter, il y avait peut-être 80 000 personnes pour fêter un titre aux Quinconces, mais on n'était que 15.000 fidèles au stade pour le gagner. Ça a toujours été une constante dans l'histoire du club. Durant les grandes époques, pour les Bordeaux-Milan, les Bordeaux-Prague ou les Bordeaux-Munich, d'accord il y avait 120 000 demandes. Mais le Bordeaux-Martigues une semaine avant, il y avait 10 000 mecs au stade, hein. Bordeaux a un public fidèle, un public de passionnés – je remercie d'ailleurs tous les gars qui font les déplacements avec nous – mais un public peu nombreux. » Supporter de football dans le Sud-Ouest, une activité pour les braves.

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Par Clément Chaillou
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