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Kaboul vu par...

Après Mexès, c'est au tour de Younès Kaboul d'intégrer le groupe France, après une première convocation sans jouer en novembre dernier. A Auxerre, Guy Roux et Daniel Bréard, l'homme qui a amené Kaboul en Bourgogne, sont heureux et nous livrent quelques moments de vie sur le défenseur des Spurs.

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Guy Roux est fier : « Je ne peux que l'être quand je vois trois joueurs formés à Auxerre, trois Auxerrois ‘Guy Roux' dans cette liste de 24 joueurs » . Avec Bacary Sagna et Abou Diaby, Younès Kaboul s'ajoute donc à la longue liste d'anciens de l'AJA garnissant les rangs de la sélection nationale. Et cette fois-ci, le longiligne défenseur de Tottenham ne souhaite pas y tenir que le simple rôle de figurant, comme en novembre dernier, à Wembley où il était venu en qualité de voisin pour dépanner un éventuel forfait de Mexès lors d'Angleterre-France.

Couscous maison contre une soupe avec Depardieu

L'histoire entre Auxerre et Kaboul commence autour de deux plats. Daniel Bréard, décrit comme « (son) second papa » par Younès himself sur son site internet, raconte : « Kaboul, je n'ai pas eu besoin de rapport de vingt pages. Parfois, il faut savoir prendre des risques. Il s'inscrivait dans une méthode instinctive de recrutement. Je l'avais vu à Bellegarde, avec la sélection du Rhône-Alpes, puis à Clairefontaine. Il m'avait tapé dans l'œil. Plusieurs clubs étaient sur lui. On a été très vite par rapport à lui. J'ai particulièrement bien sympathisé avec sa famille. Il fallait la convaincre que Younès pouvait s'épanouir loin des siens dans l'environnement familial auxerrois. Le jour où j'ai eu son accord, je suis vite parti à Bellegarde avec tous les papiers. Il m'attendait avec sa famille autour d'un très bon couscous » . Et Auxerre lui rend illico l'expérience gastronomique. Bréard toujours : « Il y avait un rituel pour tous les nouveaux jeunes arrivant à Auxerre. Après les matches de l'équipe première, les joueurs et dirigeants se retrouvaient dans une salle, derrière une tribune de l'Abbé-Deschamps pour manger. Et là, Kaboul, pour sa première venue à Auxerre, s'est retrouvé attablé avec Gérard Bourgoin et Gérard Depardieu pour un souper » .

Un beau bébé bien éduqué

Si pour le commun des mortels, Younès Kaboul a toujours été une armoire, c'est avant tout sa technique rapportée à son gabarit qui avait impressionné Daniel Bréard : « Oui, ça a toujours été un beau bébé. Mais je me souviens, il avait une très bonne qualité de transmission de balle, malgré son gabarit. Il voyait vite et faisait jouer les autres. Il avait une certaine intelligence de jeu » . Guy Roux poursuit : « Oui, c'est un costaud, mais s'il a réussi, c'est surtout parce que c'est un très bon footballeur. On ne peut pas réussir si on est juste costaud » . Mais sans les pousser dans leurs retranchements, Roux et Bréard avancent tous deux une autre explication à l'éclosion de Kaboul. « Il a une très bonne personnalité, il est issu d'une famille admirable, une très belle famille marocaine avec un père arbitre » commence Guy Roux. « C'est un garçon très bien éduqué, très respectueux. Quand j'étais responsable de la formation auxerroise, je l'ai toujours vu à l'écoute de ses éducateurs, très ouvert, très attentif. Et il savait pertinemment où il voulait arriver. C'était quelqu'un sur qui je misais énormément. Il ne pouvait que y arriver, même s'il était, et ce n'est pas méchant quand je dis ça, un peu moins talentueux que Mexès. Il est quand même un peu plus dans la puissance » termine Daniel Bréard.

Le soutien indéfectible à Garra Dembélé

Durant sa formation auxerroise, Younès Kaboul faisait partie d'un groupe qui, humainement, a très bien fonctionné. En témoigne l'épisode douloureux autour de Garra Dembélé, accusé à tort de viol sur une Américaine en Italie. « Garra a eu le bénéfice d'être tombé sur une équipe d'amis. Il peut leur dire merci d'ailleurs au sortir de cette triste histoire » confesse Daniel Bréard. « Quand son ami Dembélé a été accusé injustement par la justice italienne, c'est Younès qui a pris la tête de sa défense, qui s'est occupé de lui trouver des avocats. Ça, il ne faudra jamais l'oublier » se souvient Guy Roux, lui-aussi au chevet du jeune Garra dans cette sale histoire. Considéré par son second père Bréard comme un « leader miroir, pas un leader oral, mais un leader dans l'attitude, toujours à montrer l'exemple, très professionnel » , Younès Kaboul n'a apparemment aucune casserole à traîner derrière lui. Ou alors une toute petite, et encore : « Il a eu deux phases. Jusqu'à l'adolescence, il était très discipliné. Et à un moment, il s'est émancipé, mais comme tous les jeunes footballeurs qui comprennent qu'une carrière pro se dessinait devant lui. Il était un peu moins facile à diriger, mais vraiment rien de méchant » concède du bout des lèvres Guy Roux. Chopé par maître Guy à la sortie d'une boîte peut-être ? « Non, même pas, ou peut-être que je n'ai pas dû veiller assez tard » .

Rami-Kaboul, une charnière made in Bréard

Aujourd'hui, après une éclosion tardive en Angleterre, et boosté par Harry Redknapp à Portsmouth puis à Tottenham, Younès Kaboul a l'occasion d'effacer les rendez-vous manqués avec l'équipe de France A. Effacée la non-sélection pour le Mondial, Domenech préférant le tout juste convalescent Squillaci plutôt que Kaboul, auteur d'une fin de saison canon, comme l'ensemble des Spurs, avec en point d'orgue un centre d'arrière droit parfait sur la tête de Crouch au City of Manchester Stadium, le 5 mai 2010, match qui qualifia Tottenham en C1 aux dépens des Citizens (0-1). Effacée aussi la blessure malvenue du mois de janvier. Alors qu'il commençait à faire son trou en défense centrale cette saison, aux côtés du rescapé Gallas, Kaboul succombe au syndrome “Spursien” du défenseur blessé (opération au ménisque début février, ndlr), accompagnant à l'infirmerie la crème de la discipline Ledley King, Woodgate et Dawson. « Cette blessure, je l'ai un peu en travers de la gorge, ruminait l'intéressé dans les colonnes de L'Equipe en avril. En plus, juste après, je me fais une contracture à une cuisse. Ça arrivait au plus mauvais moment, parce qu'avec les Bleus, je voulais continuer sur le Brésil, le Luxembourg et la Croatie » .

Heureusement pour lui, la blessure de Philippe Mexès est venue redistribuer des cartes qui semblaient définitivement battues en défense centrale française. Même si Sakho, de l'aveu même du sélectionneur Laurent Blanc, « part avec un avantage sur Younès » dans la hiérarchie, Kaboul peut logiquement espérer faire ses débuts en Bleus, lors des matches amicaux en Ukraine et Pologne. Et, qui sait, pourrait rendre fier comme un paon, et on le comprend, Daniel Bréard : « J'avais lancé Adil Rami à Fréjus, avant qu'il ne parte à Lille. Alors, croyez-moi, si la charnière de l'équipe de France s'appelle un jour Rami-Kaboul, je serai très très fier » .

Par Ronan BOSCHER

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N'empêche y a Sakho, et lui il devrait être considéré comme intouchable.
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