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Tactique : que retenir de la première de Domenech ?

De retour sur un banc pour la première fois depuis plus de dix ans, Raymond Domenech a commencé son aventure nantaise par un nul solide, mais sans lumière face à Rennes (0-0). Retour tactique sur ce come-back.

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Le premier jour, il a provoqué la colère d’un ancien champion de France, Nicolas Savinaud, qui, invité sur RMC, a sorti la carabine : « C’est tellement surréaliste qu’on aimerait en rire, mais ce n’est pas drôle, car c’est la réalité du FC Nantes depuis quelques années. On est triste, car on ne parle plus de ce qui se passe sur le terrain. Depuis le départ de Suaudeau et Denoueix, ce club a complètement changé. (...) Aujourd’hui, on parlera plus de Domenech que de Kita, même s’il est allé le chercher. Ça, c’est du Waldemar Kita. » Le septième jour, il a dirigé son premier entraînement avec « La Piste aux étoiles » pour musique d’ambiance et un paquet de supporters présents pour lui hurler dans les oreilles. Le huitième jour, il s’est présenté à la presse, habillé en survêtement pour la première fois depuis plus de dix ans et sans aucun membre de la direction. Seul contre tous, il a alors lâché aux journalistes : « Je suis heureux de vous retrouver. Ça fait bizarre, mais c’est un vrai plaisir. J’ai été, depuis quelques années, de l’autre côté. Peut-être que je comprends mieux vos problématiques. Je vais tout faire pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. (...) Égoïstement, je suis venu ici pour me faire plaisir. » Puis, le neuvième jour, il est de nouveau apparu face à son groupe, a balancé ses vœux et a basculé vers son premier virage, fixé cinq jours plus tard : un match face à Rennes, particulièrement attendu, qui a vu Raymond Domenech revenir pour la première fois depuis juin 1993 sur un banc de première division. Objectif annoncé ? « C’est ce match qui situera réellement l’état du groupe, soufflait l’ancien sélectionneur mardi. Ils ont bien travaillé depuis une semaine. Qu’est-ce que ça va donner ? Je ne sais pas encore. (...) Sur ce que j’ai vu, j’ai pu constater que l’équipe faisait souvent des efforts réactifs et non actifs. On travaille pour qu’elle avance ensemble, toujours. (...) Subir, moi, ça m’insupporte, et Nantes, c’est une identité de jeu. Il faut refaire fleurir un peu ce projet. On ne lutte pas contre la culture d’un club. J’ai envie de retrouver une qualité de jeu. Mon identité, c’est de voir les joueurs tenter des choses et ne pas subir. » Dans le même temps, une drôle d’impression a parcouru les présents : et si Domenech avait réussi à se mettre ce groupe dans la poche en quelques jours à peine ?

Rennes sans dynamisme et enfin un semblant de bloc nantais


En écoutant Nicolas Pallois raconter que ses potes canaris avaient « adhéré au discours du coach » , c’était l’idée. Et sur le gazon, alors ? Domenech est revenu aux affaires avec son système chéri - un 4-2-4, le même qu’il avait présenté aux lectrices de Femme actuelle avant le Mondial 2010 - et une approche assez simpliste des choses. Mercredi soir, le FC Nantes a rapidement décidé de laisser le Stade rennais se goinfrer de ballons (71% du temps) et se péter les dents (aucun tir cadré pour les joueurs de Julien Stéphan). Sans ballon, les Canaris ont défendu via un bloc médian classique, posé en 4-4-2, dont le rôle était avant tout de fermer l’expression des relayeurs rennais (Grenier et Bourigeaud) dans les intervalles et d’interdire tout jeu intérieur.


Sans ballon, Nantes s’est avancé sans surprise avec un 4-4-2 classique fermant à double tour le jeu intérieur des Rennais.



Sur ces phases de jeu, il existait pourtant deux portes d’entrée pour les hommes de Stéphan. La première : puisqu'ils ont sorti le ballon à trois éléments et que Steven Nzonzi a été ciblé par les Nantais (et donc souvent cadré par Coulibaly ou Kolo Muani), un central rennais se retrouvait souvent avec de l'espace pour conduire le ballon et ainsi casser une ligne. C’est ce qu’a notamment fait à plusieurs reprises Damien Da Silva en première période.


Exemple sur cette situation où le 3v2 à la relance des Rennais permet à Da Silva de trouver Hunou, qui a décroché, entre les deux lignes défensives nantaises.

Problème de cette porte : elle a souvent été claquée à la tronche des Rennais grâce à la bonne gestion d’Hunou, menotté par la paire Pallois-Girotto, et à des lignes défensives nantaises qui se sont bien resserrées en mouvement, ce qui n’a pas toujours été le cas lors des dernières semaines, notamment à Marseille, où les Canaris avaient été plumés entre les lignes (3-1). Deuxième porte : celle menant à Nzonzi qui, lorsqu'il a décidé de laisser Da Silva et Aguerd relancer à deux contre deux en se plaçant derrière (et surtout entre) Kolo Muani et Coulibaly, est devenu une solution de relance avancée et a surtout offert la possibilité au Stade rennais de prendre un avantage numérique dans le cœur du jeu.


Sur cette séquence, on voit que Nzonzi a grimpé d’un cran en phase de construction, attirant Abdoulaye Touré sur ses talons. Pendant ce temps, Abeid contrôle Bourigeaud et Grenier est seul à droite du rond central. La progression du ballon peut passer par là.


Autre avantage : ici, Da Silva trouve Grenier entre Louza et Abeid, alors que l’entrejeu nantais est battu numériquement (4v2 avec le décrochage d’Hunou). Sur cette séquence, Pallois va encore bien sortir et couper la circulation rennaise.

Autre aspect du jeu sans ballon nantais, mercredi soir, et autre élément de la solidité du bloc jaune : sur quelques séquences, le FC Nantes a cherché à empêcher le Stade rennais de jouer ses six mètres proprement. Il n’y est d’abord pas arrivé, avant de corriger un peu le tir.


On voit ici que le bloc nantais se déforme pour s’adapter à la relance rennaise : Touré est monté sur Nzonzi alors que Coulibaly et Kolo Muani s’occupent de Da Silva et Aguerd. Problème : cela va laisser le deuxième rideau en infériorité numérique...


... Résultat, Da Silva va facilement pouvoir trouver Grenier via un jeu long.


Autre séquence : cette fois, le placement de Nzonzi - plus haut - permet au bloc nantais de ne pas se mettre en danger. Bloqué, Salin va relancer long.

Le point positif de la soirée, pour Domenech, est là : son Nantes a été plutôt intelligent dans la gestion des espaces et n’a quasiment rien concédé au Stade rennais (qui n’a, en plus, pas profité des espaces disponibles), à l’exception de trois petites micro-occasions filées à Bourigeaud dans le premier quart d’heure de la seconde période, où les Canaris ont un peu lâché sans glisser face à une circulation bretonne enfin un poil dynamique. Pour le reste, Pallois et ses adjudants ont regardé un paquet de centres mal ajustés passer au-dessus d’une surface bien gardée et Doku jouer avec ses pinceaux sans rien en faire.


Seule vraie frayeur défensive de la rencontre pour le FC Nantes : cette bonne passe trouvée par Grenier vers Bourigeaud, suivie d’une frappe au-dessus.

« Une belle séance d'entraînement »


Cette stérilité a forcément agacé Julien Stéphan : « Sur l’ensemble du match, on doit être en capacité de se créer plus d’occasions. Je regrette le manque de présence dans la surface en première période. (...) On a manqué de justesse et on est tombé sur un adversaire qui ne voulait pas du ballon, qui jouait bas, qui voulait contrer... On a rapidement compris que ce 4-4-2, ce serait pour du jeu direct. » En effet, quasiment rien de plus, et la titularisation du lampadaire Kalifa Coulibaly, qui a aussi été utile défensivement, allait dans ce sens. « Quand on a Coulibaly devant, il vaut mieux jouer sur ses points forts que sur ses points faibles, a justifié Domenech après la rencontre. Il nous offre un point de fixation. Quand on a un joueur comme ça, c’est une arme. » Mais une arme qui peut avoir une tendance perverse : offensivement, la présence de Coulibaly, qui a disputé 20 duels aériens offensifs, a souvent limité l’expression nantaise à un lancer de javelots et à une baston pour gratter des seconds ballons. Cela a quand même filé les meilleures occasions de la soirée aux Canaris.


Après une relance lointaine de Lafont, Coulibaly gagne son duel avec Da Silva...


... Traoré est malgré tout à la retombée et cherche à trouver Nzonzi dans l’axe, qui va être mordu par Abeid...


... Derrière, combinaison rapide des Nantais entre les lignes et frappe contrée de Blas.


Six minutes plus tard, alors que le pressing rennais est mal coordonné et que la défense nantaise décide de sortir court pour l'une des premières fois de la soirée, Touré est trouvé plein axe par Girotto...


Avec du champ, Touré peut déclencher long vers Coulibaly et Kolo Muani...


Da Silva gagne son duel avec Coulibaly, mais glisse, second ballon à exploiter pour Louza...


... Joli une-deux avec Kolo Muani et bel arrêt de Salin derrière !


Enfin, dans la foulée, nouveau long ballon, nouvelle déviation de Coulibaly et derrière, frappe trop molle de Kolo Muani, mais encore une occasion.

Ce plan de jeu, ultra direct, est fortement restrictif et ne colle pas tellement avec le rêve de Domenech de faire fleurir de nouveau le jeu à la nantaise. Réponse de Raymond : « Oui, j’aurais aimé qu’on puisse construire de derrière plus souvent, mais ce soir, on n’a pas réussi à le faire. Si on avait pu garder le ballon 90% du temps, on l'aurait fait, mais contre cette équipe, c'était compliqué. J’ai trouvé une équipe qui avait envie, qui a joué ensemble, qui a défendu quand il fallait. On a eu peur de jouer au départ, on a commencé ensuite à se dire que c’était possible et qu’on pouvait montrer quelque chose. (...) J’ai eu l’impression que c’était une séance d’entraînement, mais une belle séance d’entraînement. » Une séance qui ne laisse qu’une satisfaction : celle de ne pas avoir subi de rafales et d’avoir relevé la tête dans les attitudes. Celle, aussi, quand même, pour Domenech, d’avoir vu apparaître dans l’animation le 4-2-2-2 qu’il cherche à installer offensivement (il a même plutôt parlé d'un 2-4-2-2 après la rencontre).


Le fameux 4-2-2-2 souhaité par Domenech offensivement avec deux latéraux très haut, un carré offensif avec deux créateurs (Louza et Blas derrière deux attaquants), deux milieux - ici pas assez excentrés pour apporter des solutions et ouvrir des lignes de passes - et deux centraux pour assurer la première relance.


Un 4-2-2-2 qui s’est trop souvent heurté à ce type de situations mercredi soir... Preuve qu’il y a encore du boulot dans la coordination des appels...


... Mais qui a aussi vu ce bel enchaînement entre les lignes en fin de match, avec une belle déviation en première intention de Louza et un bon décalage de Bamba.

Domenech : « Sur le plan comptable, ça ne fait qu’un point, mais (...) quand ça se passe bien, ça doit être ça. On veut qu’à chaque match, l’adversaire nous dise : "Oh, qu’est-ce que vous êtes chiants à jouer..." » L’important, demain, sera de ne pas être chiant à regarder et que le FC Nantes se remette, aussi, à gagner alors que le club est aujourd’hui posé sur une série de neuf matchs sans victoire. Une victoire que Coulibaly aurait pu arracher sur un coup de tête en fin de match, ce qui aurait été un petit braquage, malgré tout. Et si l’important était juste derrière le résultat ? Vingt-quatre heures après Pallois et après un 0-0 solide, Sébastien Corchia est venu alimenter à son tour la thèse d’un Domenech parfaitement en phase avec son nouveau groupe : « On a retrouvé de la solidité défensive, ça fait du bien. Le coach nous donne de la confiance, et chaque joueur sait ce qu’il a à faire offensivement comme défensivement. Tout est très clair et ça nous aide. Avant, je pense qu’on faisait les efforts, mais les uns après les autres, ce qui nous a beaucoup fait défaut. Sur ce match, on a été plus en bloc. Le style Domenech, c’est de nous donner de la confiance, de la sérénité et d’attaquer sans se poser de questions. » La première pierre est posée. Le premier bus, aussi. Par Maxime Brigand