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Philippe Piat : « Le mec devient un enfoiré parce qu'il respecte son contrat »

76 ans et toujours fringant. Philippe Piat est président de la FIFPro, le syndicat international des footballeurs, coprésident de l'UNFP, sa version française, et n'a pas peur de nager à contre-courant. Entretien idéologique avec un homme qui, chaque matin, se lève « avec le couteau entre les dents » .

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Le 15 décembre, c'est un jour qui vous parle ?
Bien sûr ! C'est l'anniversaire de la création de la FIFPro, le 15 décembre 1965. Et c'est aussi l'arrêt Bosman en 1995.

Vous êtes là depuis les débuts (Philippe Piat est président de l'UNFP depuis 1969, N.D.L.R.). Le modèle social du football progresse, ou c'était mieux avant ?
Je dirais qu'il y a un retour en arrière. C'est-à-dire que les clubs essaient de revenir sur des choses acquises par les joueurs, au prétexte que la compétitivité entre les clubs est déterminée par l'argent. Maintenant, on peut dire que le plus gros budget est premier au classement, le suivant est deuxième et ainsi de suite. Déjà dans les années 1990, Bernard Tapie me disait : « M. Piat, quelqu'un qui a 20 millions de budget, jamais il ne participe à la Ligue des champions. Celui qui a 40, il est éliminé au premier tour. Celui qui a 60, il la joue régulièrement, mais il ne peut pas la gagner. 80 millions, il a des chances. Et celui qui a 100 millions, il la joue tout le temps et il a de bonnes chances d'en gagner plusieurs. » Je suis obligé de reconnaître qu'il ne racontait pas de conneries.


Rien de nouveau, en somme. De quand date la bascule selon vous ?
« Ceux qui ne gagnent pas sont vilipendés, alors qu'il faut admettre que la victoire de l'un soit la défaite de l'autre. »
Depuis que les droits télé augmentent de manière exponentielle. Moi, je suis plutôt d'une tendance libérale, je ne suis pas contre une certaine liberté d'action, de développement, pouvoir gagner de l'argent. Mais le pendant négatif, c'est que ça devient trop du business et ça dénature les choses. Une équipe perd trois matchs, l'entraîneur est viré. Celui qui fait ça nie qu'il y a un premier et un dernier ! Parfois, tu peux mouiller le maillot et être dernier ! Si on fait une compétition fermée aujourd'hui, à la fin tu auras toujours l'Ajax Amsterdam 20e, Fulham ou je-ne-sais-qui 19e... Ceux qui ne gagnent pas sont vilipendés, alors qu'il faut admettre que la victoire de l'un soit la défaite de l'autre. On entend rarement « j'ai perdu parce que l'autre était plus fort » .



Mais parce qu'il était plus riche, oui.
Et pourquoi ? Moi, je suis pour une squad size limit, une limitation des effectifs. Et je suis étonné que des clubs qui sont à la remorque ne reprennent pas ça pour eux, parce qu'ils vont rester à vie derrière si on ne change pas certaines règles, notamment celle-ci. Des clubs ont 80, 100 joueurs, dont 40 ou 50 internationaux, dont une quinzaine qui ne va jouer que de manière épisodique. Mais ils seront toujours en mesure d'aligner une équipe compétitive, on le voit avec le PSG, même avec les remplaçants ils gagnent 5 à 0. Alors que ceux qui ont moins d'argent, s'il y a deux cartons rouges, trois malades et la grippe asiatique, ils ont une équipe décimée. Donc une limite, c'est une manière de retrouver certains équilibres.


Mais on a l'impression, notamment en France, que l'intérêt des clubs moyens devient de plus en plus de vendre leurs joueurs aux meilleurs prix. Si on limite les effectifs, on limite aussi les possibilités de gros transferts vers les plus grands clubs.
« Si un joueur part, soit c'est une rupture unilatérale sans juste cause de sa part et alors il est condamné à payer le salaire restant dû, soit c'est le club et c'est à lui de payer. »
Écoutez, la Commission européenne, dans un rapport auquel j'ai participé en 2000, a défini un truc qui devrait être la règle, à savoir qu'il ne devrait plus y avoir de transferts comme on les connaît. Si un joueur part, soit c'est une rupture unilatérale sans juste cause de sa part et alors il est condamné à payer le salaire restant dû, soit c'est le club et c'est à lui de payer. Ou il y a un accord entre les deux parties et il ne doit pas y avoir d'indemnités. Les services juridiques de la FIFA ont transmis un document allant dans ce sens à la chambre des litiges, en 2005. Mais les grands clubs sont intervenus et le comité exécutif de la FIFA a déclaré nul ce document qui donnait suite aux injonctions de la Commission européenne.

Cela reviendrait à mettre à terre le système économique actuel du football. C'est une révolution qui ressemble un peu à une fiction...
Pas tant que ça, ça dépend à qui on s'adresse. La FIFPro n'est pas en train de défendre le système français par rapport au système roumain ou autre, on est maintenant à 65 pays, on s'évertue à obtenir des réglementations qui s'appliquent dans le monde entier. Donc les discussions se font au niveau de la FIFA, moi-même je rencontre Gianni Infantino en tête-à-tête très souvent, même si on ne le sait pas, ou Victor Montagliani qui est en charge de la réforme du système (Canadien, président de la CONCACAF, du conseil d'administration de FIFA Ticketing AG et vice-président de la FIFA, N.D.L.R.). On essaie d'obtenir des modifications du règlement, mais ce n'est pas facile, car il y a plusieurs intérêts, ceux des clubs, des ligues, des joueurs... La difficulté est de mettre en musique les intérêts de tout le monde.

Quelle avancée concrète avez-vous obtenu récemment ?
« Pour revenir sur le système de transferts, il y a aussi la question morale. À la FIFPro, on est aussi en charge de faire que le système ne soit pas pervers, qu'il n'y ait pas une bulle financière. Le but devrait être que les contrats soient respectés. »
En 2017, on a obtenu qu'un joueur non payé pendant deux mois puisse, après avoir mis en demeure son club, être libre de trouver un autre club sans indemnités de transfert. C'est super pour les joueurs ! Un jour, j'étais juge dans un arbitrage à ce propos. Les représentants des clubs avaient des explications vaseuses pour dire que ce n'était pas la fin du monde. Je me suis retourné vers les traducteurs, je leur ai dit : « Vous seriez d'accord de ne pas être payé pendant trois mois ? » Ça a été un éclat de rire général ! Il n'y avait que dans le foot que vous pouvez ne pas être payé pendant trois mois, et c'est normal. Pour en revenir au système de transferts, il y a aussi la question morale. À la FIFPro, on est aussi en charge de faire que le système ne soit pas pervers, qu'il n'y ait pas une bulle financière. Le but devrait être que les contrats soient respectés.

Ce qui est très loin d'être le cas.
Bien sûr. Prenons Rabiot. On lui dit, « si tu ne prolonges pas, on ne va pas te faire jouer » , alors que c'est une pièce maîtresse. Même chez les supporters, le mec devient un enfoiré parce qu'il respecte son contrat et ne fait pas gagner d'argent à son club. C'est le monde à l'envers !

On imagine que vous ne portez pas un amour démesuré au mercato hivernal...
Évidemment. En décembre, des joueurs vont faire de la musique pour être transférés. Première chose, tout le monde se plaint que les agents s'engraissent, mais les joueurs y contribuent. Deuxième chose, est-il normal qu'un club 20e puisse acheter quatre, cinq joueurs, et tout à coup termine 15e ? Troisièmement, s'il n'y avait pas de porte de sortie, le joueur passerait plus de temps à se battre pour avoir du temps de jeu qu'à se plaindre pour se barrer. Tout ça, c'est la morale du système.



Êtes-vous suivi dans vos désirs de changement ?
« Des organisations n'ont pas envie que ça change, des agents menacent de donner les noms de ceux à qui ils ont donné des rétrocommissions... Il y en a plein qui font pression, et la FIFA devient un peu moins courageuse, je le sens. »
Les thèses que je défends, il n'y a pas beaucoup d'arguments contre. Le seul argument, c'est « c'est comme ça, c'est le système » . J'en avais parlé avec le secrétaire d'État Thierry Braillard, il y a quelques années. Il m'avait dit « oui, mais on ne peut pas être celui qui dégaine le premier. Si on fait ça, on va être désavantagés par rapport aux autres » . Oui, effectivement. Mais votre responsabilité, c'est quoi ? C'est d'aller voir vos homologues pour dire « ça suffit, il faut qu'on fasse les choses normalement, que le sport soit au premier plan, qu'a priori, au départ d'un championnat, tout le monde puisse avoir une chance » . C'est la responsabilité des pouvoirs publics et sportifs, mais le foot reste un no man's land juridique. Après, il y a une task force à la FIFA, on essaie d'être sur la bonne voie. La question à laquelle on va arriver, c'est : est-ce que la FIFA en a vraiment envie ? On devait terminer les discussions au 30 juin 2019, mais on vient de repousser d'un an, car ça rue dans les brancards. Des organisations n'ont pas envie que ça change, des agents menacent de donner les noms de ceux à qui ils ont donné des rétrocommissions... Il y en a plein qui font pression, et la FIFA devient un peu moins courageuse, je le sens.



Vous êtes arrivé à la tête de l'UNFP alors que vous étiez encore professionnel, vous êtes président de la FIFPro à 76 ans... La lutte, ça conserve ?
Moi, je ne donne pas un coup de fil à un électeur, ni une poignée de main particulière. Ce n'est pas dans mes gênes de vouloir être à ce poste. Mais tout le monde sait que je suis le défenseur des intérêts des joueurs, je suis un syndicaliste pour le bien des joueurs, c'est ça qui compte. J'ai d'ailleurs été réélu à la FIFPro avec 51 voix pour, quatre contre et... une abstention, un truc comme ça. Le tout dans un vote secret et sans avoir fait campagne. Si demain matin, vous estimez qu'il y a quelqu'un de mieux placé, faut vite le prendre et je n'en voudrai à personne ! On doit se dire, « mais putain, il s'accroche ! » Mais non. J'ai juste le couteau entre les dents tous les matins, je suis toujours sur le pont.

Au fait, y a-t-il un portrait-robot du joueur syndiqué ?
C'est vraiment très disparate en fonction des pays. Il y en a dans lesquels les droits de l'homme sont moins développés, il y a des pays où souscrire à une organisation syndicale ou associative est banni, combattu, donc il y a beaucoup de pays où faire des avancées, c'est compliqué.


On imagine qu'en Chine, le nouvel eldorado du football globalisé, le travail reste important.
« Le syndicat français n'est pas le plus riche, ce sont les Anglais, mais c'est le plus organisé, c'est reconnu. »
Non, mais en Chine, il n'y a pas de syndicat. Mais tu n'as pas besoin d'aller en Chine pour voir que les droits des joueurs sont bafoués. Tu peux rester en Grèce, à Chypre, en Bulgarie, dans les pays d'Europe de l'Est... c'est l'horreur ! Donc il y a des différences. En France, on a 50 salariés, un immeuble de plusieurs étages, des juristes... Le syndicat français n'est pas le plus riche, ce sont les Anglais, mais c'est le plus organisé, c'est reconnu. Mais en face de ça, on a des paumés qui sont rejetés partout. Pour ce type d'adhérents, la FIFPro a un réel intérêt. La FIFPro étant reconnue par la FIFA, faisant partie de commissions, ayant des plaintes juridiques en cours, avec une représentativité reconnue, ça nous permet d'intervenir sur des réglementations ayant la vocation de s'appliquer au monde entier. On a des actions qui permettent de produire des améliorations par le haut.

Il vous paraît loin le temps où, en 1972, les joueurs se mettaient en grève pour obtenir une convention collective digne de ce nom ?
Des fois, ça me traverse l'esprit de me dire « comment on a fait pour faire monter 300 joueurs à Versailles, qui ont payé leur déplacement, comment on a fait ? » Aujourd'hui, on a 94 % d'adhérents en France. La question est de savoir si le jour où il y a un coup de grisou, est-ce qu'ils se lèveront comme un seul homme pour faire la guerre... Bon, il ne faut pas se faire d'illusion. Mais passé ce scepticisme, je me dis aussi qu'on est bien organisé, et on le voit avec les gilets jaunes, s'il n'y a que 10 % de joueurs qui sont motivés, le championnat s'arrête.



Propos recueillis par Eric Carpentier
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