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La vraie vie de Roberto Larcos

C’est le (faux) joueur le plus célèbre de l'histoire (des jeux vidéo) : avec ses grosses cuisses et sa tête carrée, Roberto Larcos a marqué toute une génération de fans de foot. Voici sa véritable histoire.

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Ne serait-ce que pour le bonheur rassurant qu’il propose aux oreilles humaines, le terme « traîne-savates  » ne devrait être aussi péjoratif. Ici, au Brésil, ce son est plus dû à l’agréable rythme avec lequel on a décidé d’appréhender la vie qu’à une quelconque forme d’oisiveté. D’ailleurs, quand Maria Eduarda da Silva Rocha débarque dans le salon, en laissant le bout usé de ses Havaïanas bleu Klein et jaune or frotter sur le sol, c’est pour servir un apéritif réconfortant, comme si sa charcuterie était saupoudrée d’un soupçon d’instinct maternel. Et d’un peu de gras. Les puristes disent qu’ils donnent le goût.


Ici, à Garça, dans la municipalité de São Paulo, on affirme surtout que ces morceaux de cochonnaille ont donné à l’enfant du pays une puissance que même les producteurs de Marvel auraient du mal à canaliser. « Ici, au Brésil, les médias ont beaucoup parlé de Givanildo, celui que vous appelez Hulk, vous, les Européens. J’ai lu des articles qui parlaient de l’époque où il soulevait de la barbac’ à mains nues. Mon fils était bien plus costaud, mais je n’ai pas besoin de vous le préciser. Demandez aux gamins du quartier » , lance Maria Eduarda, qui traîne moins au moment de descendre sa cannette de Brahma. Comme toute légende qui se respecte, son aîné se fait attendre. L’occasion d’aller faire un tour dans la favela pour vérifier les dires de la maman. Et pas n’importe laquelle : celle d’un certain Roberto Larcos.

«  Une fois, il a renvoyé le ballon, ça a créé un séisme »


Postés sur des vélos dont la roue avant ne sert apparemment qu’à décorer, une bande de quatre gamins assure le comité d’accueil quelques mètres plus loin. « Vous venez voir Roberto ? Vous savez qu’une fois, il nous a juste renvoyé le ballon, et il y a eu un séisme ? » dégaine le plus bavard d’entre eux, pour qui l’échelle de Richter ne sert visiblement qu’à grimper aux murs. Vêtu d’un maillot floqué « Minanda 10 » qui laisse penser que la légende locale est généreuse, un autre môme brise la glace : « Roberto Larcos, nous, on ne l’a jamais vu jouer chez les professionnels. Mais quand il raconte ses histoires, c’est le seul moyen de faire taire un quartier comme celui-ci. Plus tard, on voudrait bien être comme...  » Le gosse se tait, soudainement, sentant le soleil qui lui tapait dans le dos céder sa place à une ombre mystique.



Avec le sourire aux lèvres de ceux qui savent, les amis pointent du doigt un homme sans même se retourner. Cette ombre, c’est celle créée par les cuisses les plus célèbres du football mondial. Roberto Larcos est là. Crâne luisant, débardeur blanc, short de foot bleu et poigne ferme. « Bienvenue chez moi, et donc chez vous » , balance-t-il, comme pour nous confirmer qu’ici, l’hospitalité est une affaire de famille. « Je passe faire un bisou à ma mère, puis on va dîner en ville. Cela fait longtemps que je dois parler. » Sympathique, l’homme est taiseux. Légende vivante du football, Larcos fait partie de ceux que l’on a plus vus qu’entendus. Déçu par l’évolution actuelle du monde du foot, lui qui essuyait autrefois d’un revers de main toutes les demandes d’interviews s’installe au volant de son imposant 4x4 comme un patient sur le divan de son psychologue. Sourire aux lèvres, yeux brillants, langue bien pendue, il donne l’impression qu’il pourrait rouler pour l’éternité.

« On m’a souvent confondu avec Roberto Carlos »


Serein comme tout au moment de garer le tank devant son estaminet préféré, Roberto Larcos manque de s’évanouir lorsque Guilherme, le patron de l’établissement, lui signifie que sa table n’est pas disponible. Un malheur ne venant jamais seul, il apprend que le dégarni ayant osé poser son énorme derrière sur sa chaise n’est autre qu’un certain Roberto Carlos, footballeur brésilien avec qui Larcos entretient une relation floue, qui n’a jamais été réellement éclaircie. Lorsqu’il décide enfin de s’asseoir, après avoir menacé de quitter le restaurant, la caïpirinha maracuja fait son job, et Larcos explique la situation. « La vérité, c’est qu’on m’a souvent confondu avec Roberto Carlos et que ça me fait chier. Pourquoi ? Parce qu’on a des physiques semblables et des caractéristiques de jeu similaires. C’est à la base une méprise de la presse, notamment européenne, qui, à l’époque, ne connaissait que peu le football brésilien » , enrage-t-il.


Pour leur défense, les journalistes sportifs de l’époque, qui ne disposaient pas des mêmes moyens technologiques qu’aujourd’hui, peuvent accuser un hasard malheureux. Larcos toujours : « Il se trouve qu’en 1997, il plante un coup franc au gardien français chauve là, qui a fait la pub pour les Big Mac, lors d’un tournoi qui s’appelait le Tournoi de France. Moi, quasiment au même moment, je marque un coup franc de l’extérieur du pied, de 40 mètres, petit filet, en Coupe Konami, une sacrée compétition. » À l’époque, pas de YouTube, d’Instagram ou de Twitter. Juste quelques mémoires pour confondre deux instants historiques. Une confusion qui aurait pu coûter cher à Roberto Larcos.

Poste de formation et vieux démons


Originaire de Rio, où il a été élevé par un grand-père champion du monde de château de sable, Castolo, légende du PES United, commande un verre et s’attable. « Ça sera une eau gazeuse pour moi, j’essaye d’arrêter les conneries  » , pose-t-il. « La vérité, c’est que Roberto Larcos, c’est un battant. Quand Roberto Carlos enchaîne l’Inter et le Real après Palmeiras, Larcos est au fond du trou. » Comme souvent dans ces situations, c’est un coach et une expérience qui changent tout. Taulier du PES United, Castolo convainc Roberto Larcos de venir jouer dans une petite équipe. L’intéressé en rigole encore : « Faut se dire qu’à cette époque, moi, je passe de Radolno, Ravoldi ou Naldorinho à Espimas et Burchet. Bon, encore, Burchet, il cavalait, le con. » Conscient de l’incroyable pépite qu’il a dans les mains à cette époque, le coach du PES United tente le tout pour le tout.


Si ce dernier n’a pas souhaité répondre à nos questions, Castolo, lui, se rappelle bien ce qu’il s’est passé : « À un moment, c’est simple. Tu as beau avoir un Roberto Larcos formé au poste de latéral gauche, quand tu as un joueur de ce talent, tu le mets devant.  » Un temps hésitant, le coach n’aligne Larcos en ailier gauche qu’en fin de match, lorsque l’équipe est en difficulté. Puis une mi-temps. Puis un match entier. Puis toute la saison. « J’en ai mis, des buts. Mais pas mal de passes dé, aussi. La ligne de touche, j’en ai mangé autant que ce bout de viande » , rigole-t-il, la fourchette à moitié dans la bouche. Ce qui aurait pu être une descente aux enfers devient une histoire formidable. Si les caméras de Bruno Sevaistre n’étaient pas occupées à filmer Hatem Ben Arfa, Garra Dembélé et Abou Diaby de 1999 à 2002, elles auraient sans doute pu filmer les aventures du PES United, vainqueur d’un paquet de Ligue des Masters à la même époque. « Ah putain, si ça avait pu continuer...  » , soupire Larcos, les yeux dans le vide, comme pour dire que pour lui, nostalgie n’est pas juste une station de radio. « C’était une vraie aventure humaine  » , reprend Castolo. « Puis quand on a commencé à vraiment gagner, l’autre est arrivé...  » .

C’est la phrase de trop. D’abord joyeux luron, Larcos se fermait petit à petit depuis de longues minutes. Après tout, un taiseux ne devient pas bavard en un clin d’œil et trois caïpirinhas. Avec une politesse appréciable que Maria Eduarda n'aurait pas reniée, la légende locale fait comprendre que l’interview est terminée, mais qu’il s’occupe de la note. Une poignée de main et un sourire gêné plus tard, il remercie et glisse simplement qu’il ne souhaite pas lire son portrait, que cela fait rejaillir ses vieux démons. Le mythe dit que quelques minutes après, une altercation a éclaté entre lui et Roberto Carlos. La vérité, c’est sa mère qui nous l’écrira, quelques semaines plus tard. Ce soir-là, alors que le dessert n’est pas encore arrivé, un homme s’est pointé chez les Larcos. Un homme qui n’a plus parlé à Roberto depuis plus de 15 ans et qui souhaitait mettre les choses au clair après une embrouille dont la presse n’a jamais eu vent. Cet homme, c’est Tijjani Babangida.

Par Swann Borsellino
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