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L'Equateur en transition

Décidé à passer les poules de la Copa América pour la première fois depuis quatorze ans, la Tricolor compte surtout emmagasiner de l'expérience en vue des éliminatoires pour la Coupe du monde 2014.

Seule sélection sud-américaine, en compagnie du Chili et du Venezuela, à n'avoir jamais remporté la Copa América, l'Equateur se présente en Argentine avec une équipe en transition, dont le potentiel reste difficile à juger. Si elle n'a pas été capable de franchir le premier tour depuis 1997 et qu'elle n'a pris aucun point lors de trois des quatre dernières éditions (une seule victoire sur ses douze derniers matches de poule), rien ne garantit que la Tricolor puisse faire mieux cette année, en dépit de l'absence de réelle pression. L'entraîneur colombien de l'Equateur, Reinaldo Rueda, ancien sélectionneur de son pays et du Honduras, qu'il a conduit à son second Mondial en 2010, est là pour remettre sur pied une sélection qui brilla davantage à l'échelle mondiale (deux Coupes du Monde consécutives en 2002 et 2006) que continentale durant la dernière décennie.

Une décennie sans victoire

Le technicien, qui a testé une quarantaine de joueurs depuis sa nomination en août dernier, demande de la patience et évoque «  un processus de rénovation » , tout en déplorant ne pas avoir sous la main « de joueurs spécialistes du but » . Autour de la star Antonio Valencia, premier équatorien à disputer une finale de Ligue des Champions cette saison avec Manchester United, il s'appuie sur une formation composée majoritairement de joueurs évoluant à la maison ou au Mexique, voire au Canada (l'attaquant Joao Plata) : en dehors de son diable d'ailier, seul le milieu du Rubin Kazan, Cristian Noboa, l'avant-centre de Genk, Edson Montaño (dont la sélection a été très critiquée en Equateur, l'agent du joueur étant le fils du président de la Fédération équatorienne...) et Felipe Caicedo, le buteur de Levante (quatorze pions cette saison en Liga), jouent sur le Vieux Continent. S'appuyant sur un axe défensif albiceleste (le portier Marcelo Elizaga, doyen du tournoi avec ses trente-neuf printemps, et le central « Beto » Araujo, sont nés en Argentine) et de nombreux joueurs issus des deux grands clubs du pays - Liga et Deportivo Quito -, Rueda décrit sa sélection comme «  un mix entre des hommes d'expérience (Ndlr : Marcelo Elizaga, les latéraux Walter Ayoví et Néicer Reasco, les centraux Norberto Araujo et Jorge Guagua, l'historique ancien milieu du PSV Eindhoven Edison Méndez) et beaucoup de jeunes au futur prometteur » .

La Tri meilleure...troisième ?

Depuis sa prise de fonction, son bilan est plutôt médiocre : treize rencontres disputées, pour deux victoires (dont la dernière remonte au 17 novembre contre le Venezuela : 4-1), six nuls et quatre défaites. Lors de ses six derniers matches, l'autre « Tri » a tour à tour buté sur le Pérou (0-0), l'Argentine (2-2), le Mexique (1-1), le Canada (2-2), la Grèce (1-1) et samedi, avant de s'envoler pour Buenos Aires, elle a chuté face à la sélection mexicaine des moins de 22 ans, qui disputera elle aussi cette Copa América. L'idée de Rueda, au-delà de la qualification pour le deuxième tour, est que ses jeunes pousses accumulent de « l'expérience avant les éliminatoires (Ndlr : pour le Mondial 2014) » , en s'attachant à «  améliorer (leur) potentiel offensif » . Son match le plus indécis sera celui de son entrée dans la compétition, face au Paraguay. Car on voit mal l'Equateur (quatrième en 1959 et 1993, ses meilleures performances) s'incliner contre le Venezuela et surtout taper le Brésil lors de la dernière journée... Ils font donc de parfaits candidats au rang de meilleur troisième, synonyme de qualification pour les quarts de finale.




L'équipe type : Marcelo Elizaga - Néicer Reasco, Norberto Araujo, Fricson Erazo (ou Jorge Guagua), Walter Ayoví - Cristian Noboa, Edison Méndez, Antonio Valencia, Michael Arroyo - Felipe Caicedo, Cristian Benítez.

Premier tour :

Equateur-Paraguay : 3 juillet à 23h30 (heure française)


Equateur-Venezuela : 9 juillet à 23h30


Equateur-Brésil : 14 juillet à 2h45


Florent Torchut

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