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L’UEFA ouvre une enquête après la célébration polémique de Merih Demiral

JR
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L’UEFA ouvre une enquête après la célébration polémique de Merih Demiral

Il y a définitivement un loup.

En marquant les deux buts turcs, Demiral a réussi une performance XXL contre l’Autriche, devenant le premier défenseur à inscrire un doublé dans un match à élimination directe d’une grande compétition depuis Lilian Thuram en 1998. Mais derrière les scènes d’euphorie collective que cette qualification turque a provoquées, un geste a rapidement fait polémique. Après avoir marqué son deuxième but sur corner, Merih Demiral a choisi de célébrer en levant les deux mains et en mimant la tête d’un loup. Visiblement fier de son geste, le défenseur d’Al Ahli l’a même posté sur ses réseaux sociaux, avec la légende : « Heureux d’être turc ! »

Ce geste est loin d’être anodin. Ce « salut du loup » est utilisé par Les Loups gris (Bozkurtlar en turc), une organisation ultranationaliste fondée dans les années 1960, néo-fasciste, anti-kurde, anti-arménienne, et anti beaucoup d’autres choses. À l’origine, Les Loups gris sont la branche paramilitaire du MHP, un parti ultranationaliste turc qui est aujourd’hui l’allié du président Recep Tayyip Erdoğan. Connus pour des actions violentes dans les années 1970, notamment contre des mouvements communistes ou d’extrême gauche, les Loups gris sont aujourd’hui une organisation légale en Turquie, et continuent de militer pour le MHP. Mais leur présence en Europe pose problème, à cause de la radicalité de leurs idées et de la violence de leurs actions. En France, où un noyau dur existe dans la région de Lyon, les Loups gris ont été dissous en 2020, en raison d’incitations à la haine. Ce mouvement est également très implanté en Allemagne et en Autriche, qu’affrontait la Turquie mardi soir. C’est là que le geste de Demiral prend une autre ampleur : en 2019, l’Autriche a interdit le signe Bozkurt (le mime du loup) dans le cadre de la lutte contre l’extrémisme et l’Islam politique, ce qui avait provoqué de vives tensions avec la Turquie.

Interrogé sur son geste, Demiral a nié toute implication politique : « La façon dont j’ai célébré le match est liée à mon identité turque. J’ai vu des gens dans le stade qui ont également fait ce geste. Je voulais juste montrer à quel point j’étais heureux et fier. » Ce n’est pas la première fois qu’un joueur turc fait ce geste : en 2021, alors à Everton, l’attaquant Cenk Tosun avait également fait ce signe, avant de démentir toute affiliation politique. Quoi que Demiral en dise, l’UEFA a ouvert une enquête, pour « comportement inapproprié potentiel ». Côté allemand, la ministre de l’Intérieur Nancy Faeser a déclaré sur X que « le symbole des extrémistes de droite turcs n’a rien à faire dans nos stades ».

Décidément, c’est un Euro sous tension.

Du lourd dans la liste de la Turquie pour la Coupe du monde

JR

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