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Wasilewski, tête brûlée d’Anderlecht

Par Adrien de Marneffe
4' 4 minutes
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Wasilewski, tête brûlée d’Anderlecht

Bon an, mal an, le joueur d’Anderlecht Marcin Wasilewski distribue les coups de coude, les tacles à hauteur de nuque et les coups d’épaule de catcheur. Interrompu plus d’une année suite à sa "youtubesque" fracture ouverte, il est enfin revenu sur les terrains, au mental. Un joueur rare, un arrière à l’ancienne, loin des défenseurs propres à la Nesta, Piqué, Komany… Bref, le championnat belge a trouvé son Pepe.

« Shala la la la la… Wasyyyyylll… Wasyyyyyllll… » . Ces chants résonnent souvent dans les travées du stade Constant Vanden Stock, sous le rythme de samba de la chanson « Brasil » . « Wasyl » , bien que sevré de qualités footballistiques, dispose de quelques solides atouts à faire valoir. Un jeu de tête d’un haut niveau, une hargne hallucinante et une trogne de criminel de guerre à filer des sueurs froides aux attaquants de Jupiler League comme aux adversaires de la Pologne. Une sorte de Brastislav Ivanovic mal dégrossi. Sur le terrain, il est pareil à un taureau lancé dans l’arène, qui charge tête baissée dès qu’il aperçoit la couleur rouge, comme celle de l’ennemi liégeois.

A Anderlecht, traditionnellement, on a toujours eu un faible pour les techniciens raffinés, les gentlemen en crampons, propres sur eux. Autant dire qu’en arrivant en janvier 2007 du Lech Poznan, Marcin Wasilewski, arrière droit rustre, n’avait pas grand-chose en rayon pour plaire au difficile public anderlechtois. Pourtant, le polonais au mental de viet-cong relègue rapidement le fantasque Anthony Vanden Borre sur le banc. C’est simple, quand il n’est pas blessé, le Polonais est indéboulonnable du onze bruxellois comme de celui de la Pologne. Les raisons de cet amour du public mauve ? Une date phare explique ce succès. Le 30 août 2009, date du « classico » Anderlecht-Standard. En ce jour funeste, Axel Witsel déclenche l’un des plus gros contentieux de l’histoire des rivaux, pourtant riche en la matière, en découpant la jambe de Wasilewski d’une vilaine semelle. Bilan ? Une double fracture ouverte de 8 centimètres du tibia et du péroné. Des images qui font frissonner.

Wasyl le martyr

Du jour au lendemain, Wasylewski devient un martyr. Une icône à brandir dans cette gueguerre stupide qui oppose Liégeois et Bruxellois depuis Matuzalem. A chaque 27e minute de match, comme le numéro de Wasyl, le public applaudit. Des photos volantes de la bouille peu amène du Polonais ornent même les sièges du Stade Constant Vanden Stock. Ne jamais oublier les soldats morts au combat… On croit sa carrière terminée. Wasilewski se rétablit pourtant en un temps record. Huit mois après l’accident, il fait une timide apparition face à Saint-Trond. Le temps de se faire opérer à nouveau. Il ne reviendra dans l’équipe que six mois plus tard. Quelques hauts, beaucoup de bas, le soldat Wasyl retrouve péniblement son meilleur niveau. Mais chassez le naturel, il revient au galop. Le public belge constate rapidement que Marcin n’a rien perdu de ses légendaires coups de coude et de son agressivité à l’extrême limite de la brutalité. Et malgré ses carences techniques ou son relatif manque de vitesse, Wasilewski marque régulièrement sur phases arrêtées (22 buts en 141 matchs). Un ouvre-boîte de premier choix qui sauve souvent son équipe dans les moments chauds.

Il envoie Delorge à l’hôpital

Alors que tout semble aller pour le mieux, l’arrière droit pète les plombs, une nouvelle fois. Le 19 mars dernier, il décalque Peter Delorge, d’un coup de coude rempli de frustration, l’envoie à l’hôpital avec un nez fracturé et une commotion cérébrale. Avec Wasyl, il n’y a guère de demi-mesure. L’affaire Wasilewski bis est lancée. Le martyr retrouve une place qui lui convient mieux, celle d’ennemi public numéro un. Une sorte d’idéal du footballeur brutal. Supporters, dirigeants et entraineurs réclament sa tête. Le Polonais récolte tout de même six matchs de suspension… effectifs à la fin de saison. Pas de quoi faire baisser sa cote auprès du public bruxellois, auprès duquel il reste un emblème. Sans doute en mal de distraction, Wasilewski se barre en Allemagne assister au match Cologne-Werder.

Après la rencontre, il accompagne son pote de sélection Slawomir Peszko pour faire la bringue. La soirée se termine au commissariat, après avoir tabassé un chauffeur de taxi. « Je ne fermerai pas les yeux là-dessus. Je ne les prendrai pas pour l’Euro. Il n’y a aucune chance qu’ils figurent dans les vingt-trois » lâche Franciszek Szmuda, sélectionneur polonais. Une nouvelle déferlante s’abat sur ses épaules. Pourtant, il semblerait, comme le Bild l’a précisé, qu’il n’était pas en état d’ébriété, facturant « seulement » un taux de 0,4 gramme d’alcool dans les veines. De quoi faire pouffer Sidney Govou. Mieux, il a réglé la note de taxi en « faisant toujours preuve de correction » . La police l’a d’ailleurs laissé partir très rapidement. Depuis cet épisode, Szmuda a adouci sa position. Et si finalement, Wasilewski n’était pas un type bien, mais simplement un gars avec tempérament trop bouillant, trop volcanique ? Caïd sur les prés, gentleman en dehors. Un rugbyman, en somme…

Notre maison brûle et on nous parle de races

Par Adrien de Marneffe

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