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Simon Feindouno et Cyrille Carrière, frères de…

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Simon Feindouno et Cyrille Carrière, frères de…

D'un côté, Simon Feindonou, 23 ans, 1m74, 65 kg, Istres. De l'autre, Cyrille Carrière, 36 ans, 1m81, 75 kg, retraité désormais entraîneur à Muret. Pas des poids lourds dans la galaxie «frère de». Plutôt des joueurs honnêtes qui n'ont jamais boxé dans la même catégorie que leurs frangins. Ils sortent des cordes comme d'autres sortent de l'ombre grâce à ses deux, petits, portraits.

Simon Feindouno

Chez les Feindouno, le football est une affaire de famille. A tel point que Pascal a fondé le FC Feindouno, club de deuxième division basé à Conakry. Simon y occupe le poste vague d’ « intermédiaire » . Le reste du temps, il cherche à se démarquer de l’ombre imposante d’un frère adulé au pays : « C’est le Zidane guinéen, presque un demi-dieu là-bas » . A côté, Simon fait presque figure d’anonyme. Physiquement, les deux milieux offensifs se ressemblent. « Je pourrai me faire passer pour lui à l’entraînement mais seulement la nuit » . Techniquement, leur point commun est inattendu, « les contrôles orientés » .

Lorsque Simon débarque en France, son aîné lui dégote un essai à Metz. Une destination qui l’emballe peu : « On était au mois de novembre, il faisait trop froid » . Lui se voyait plutôt en Gironde, dans les pas de son frère. Pascal, le grand frère, lui oppose un véto. « Il connaissait les lourdes responsabilités qui m’attendaient si j’allais à Bordeaux. Il a préféré que j’aille à Nice pour être loin de lui et que je devienne plus responsable. Je suis donc allé m’isoler à Nice » se souvient-il.

La destination lui convient. L’hiver est moins rude sur la Côte d’Azur. Puis cap au Nord pour parfaire sa formation à Lens. Un « choix sportif » plus que météorologique. Le guinéen profite de ses vacances parisiennes pour s’habituer au climat. Il déplore que pour certains, son nom soit un gage de qualité : « Les gens veulent que je fasse plus que Pascal. Ils me mettent la pression. Ils attendent plus de moi » . Un poids dont il cherche à se défaire en prouvant sa valeur sur le terrain, comme en dehors : « Je me bats dans la vie de tous les jours pour me faire un prénom. Il faut que je fasse mon trou » . Lassé de fréquenter la réserve lensoise, il décide de se relancer à Istres. Loin des considérations statistiques habituelles, son objectif personnel est simple pour sa seconde saison en National : « qu’on arrête de m’appeler « le frère à Pascal » .Je préfère qu’on m’appelle Simon » .

Cyrille Carrière

Cyrille Carrière doit à son père, inspecteur du cadastre, plusieurs capes internationales en équipe de France Finance. Oui, ça existe. Malheureusement, ses performances en sélection ne lui permirent pas d’être repéré. Pire, à Muret, l’entraîneur ne lui fait pas confiance. L’attaquant part à l’AS Auch pour s’endurcir contre « des équipes du Gers qui envoient un peu » . Sur des terres de rugby, Cyrille Carrière besogne.

Pour survivre, il est professeur de gym auxiliaire. A cette époque, son seul contact avec le monde professionnel resteront longtemps les soigneurs mis à sa disposition par Eric. Puis, il s’engage à l’US Albigeoise où il connaît la CFA et le chômage pendant un an. La saison suivante il enchaîne les buts, notamment un triplé contre la Roche-sur-Yon, « une grosse équipe » , ce qui lui permet d’être remarqué par Grenoble, alors en National. A 29 ans, Cyrille signe son premier contrat pro : « comparé à Eric, ça fait petit. Une arrivée dans l’Isère qui coïncide avec l’un des moments forts de sa carrière : « Je suis passé de 200 à 15000 spectateurs lors d’un 32e de finale de Coupe de France contre Saint-Etienne » . Malheureusement, une blessure l’empêchera de disputer la rencontre.

Par la suite, il goûtera à la D2 avant de retourner en National, à Cherbourg. Mais le physique et le mental ne suivent plus : « il y a pas mal de pression, il faut savoir gérer » . Au moment de faire le point sur sa carrière, Cyrille ne voit que du positif : « J’ai vécu des choses exceptionnelles : des thalassothérapies, une semaine en Tunisie. J’aurais jamais pensé pouvoir vivre des choses pareilles » . Une fois retraité, fort « d’une grosse expérience et d’un sacré vécu » , il passe ses diplômes d’entraîneur dans la même promotion que Laurent Blanc.

Désormais responsable technique de l’AS Muret à temps partiel, un club où Eric occupe le poste de président délégué, Cyrille pense tenir avec sa reconversion une revanche sur son destin sportif : « Maintenant que je suis entraîneur, c’est moi qui lui sert de modèle » .

Par Adrien Ares

*Retrouvez Joel Drogba, François Ribéry, David Eto’o et Lesly Marguerite Malouda dans le dernier SoFoot, numéro 61

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